Terrorisme

L'homme de main de l'Iran en Irak fomente l'instabilité

Faris al-Omran

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Le 10 avril, les États-Unis ont annoncé une récompense de dix millions de dollars pour « toute information sur les activités, les réseaux et les associés » de l'agent du Hezbollah Mouhammad Kawtharani. [Photo fournie par le Département d'État américain]

L'homme d'influence du Hezbollah Mouhammad Kawtharani, un homme recherché qui est en grande partie chargé de la supervision des actions des milices soutenues par l'Iran en Irak, a repris de nombreuses responsabilités laissées vacantes par la mort du général iranien Qassem Soleimani.

Après la mort du commandant de la Force al-Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique (FQ-CGRI) en janvier, Kawtharani est apparu comme un acteur majeur, tentant de prendre sa place et de maintenir la cohésion des milices pro-iraniennes en Irak, ont indiqué les spécialistes.

Kawtharani, qui a la double nationalité libanaise et irakienne, était chargé du transport des miliciens irakiens pour combattre en soutien au régime syrien, et de la contrebande d'armes qui leur étaient destinées, ont-ils rapporté à Diyaruna.

Depuis plusieurs années, il planifie et coordonne des attaques contre les forces de la coalition internationale en Irak, dont une attaque en janvier 2007 contre un centre de coordination conjoint dans la province de Kerbala qui avait causé la mort de cinq soldats américains.

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L'agent du Hezbollah Mouhammad Kawtharani lors d'un service commémoratif pour Qassem Soleimani, commandant de la Force al-Qods du CGRI, dans la ville iranienne de Kirman. [Photo diffusée sur Internet]

« Figure essentielle »

Kawtharani opère un retour en force depuis l'élimination de Soleimani et faire en sorte que l'Iran ne perde pas le contrôle des milices irakiennes qui lui sont fidèles, a expliqué à Diyaruna le politologue syrien Ziyad al-Munjid.

Des indications ont d'abord fait penser qu'il avait été tué aux côtés de Soleimani, mais ce n'était pas le cas, a-t-il fait savoir, « et il est depuis apparu comme une figure essentielle sur laquelle l'Iran compte pour défendre ses intérêts ».

Kawtharani est désormais « une figure majeure dans le projet d'hégémonie iranienne en Irak » en raison de son rôle de facilitateur, coordonnant les communications entre les différentes milices fidèles au CGRI, a expliqué al-Munjid.

Il a également été impliqué dans la répression des manifestations irakiennes contre l'influence iranienne, ainsi que dans des opérations de blanchiment d'argent et des activités économiques illégales pour financer le Hezbollah et d'autres agents iraniens, a-t-il précisé.

En août 2013, le Trésor américain a imposé des sanctions à Kawtharani pour avoir fourni un soutien financier et logistique aux milices pro-iraniennes.

Et le 10 avril dernier, les États-Unis ont offert une récompense de dix millions de dollars en espèces pour « toute information sur les déplacements, les réseaux et les partenaires de Kawtharani ».

Kawtharani « influence grandement la façon dont les milices irakiennes soutenues par l'Iran mettent en œuvre l'idéologie du Guide suprême iranien Ali Khamenei », a déclaré à Diyaruna le journaliste et analyste politique irakien Ziad al-Sinjari.

Bien que son influence ne soit pas comparable à celle de Soleimani, « Kawtharani joue tout de même un rôle important dans le maintien du contrôle sur ces groupes armés », a-t-il poursuivi.

Ces groupes comprennent la Kataeb Hezbollah, Asaib Ahl al-Haq, al-Nujaba et l'Organisation Badr, a-t-il fait savoir, et le rôle de Kawtharani consiste notamment à « leur ordonner de lancer des attaques de missiles contre les missions militaires et diplomatiques étrangères en Irak ».

Détournement du processus politique

Quant au processus politique irakien, Kawtharani y exerce également une influence, a indiqué al-Sinjari, en « interférant dans la formation de gouvernements et la sélection de candidats aux postes ministériels ».

Selon le politologue Ghanim al-Abed, Kawtharani est pour l'Iran l'un des « outils les plus importants utilisés pour s'immiscer dans les affaires intérieures de l'Irak ».

Le danger que représente Kawtharani réside dans ses « efforts acharnés pour détourner le processus politique [en Irak] dans un sens qui satisfasse l'Iran », a-t-il affirmé à Diyaruna.

Avant la mort de Soleimani, ont indiqué les médias irakiens, Kawtharani avait été impliqué dans les négociations avec les forces politiques en Irak concernant le remplacement du Premier ministre Adel Abdoul Mahdi.

D'autres articles parus dans la presse montrent que Kawtharani a poursuivi cet effort, même après l'élimination de Soleimani, et que son rôle « s'est élargi pour devenir celui d'un coordinateur entre les composantes politiques sunnites, chiites et kurdes ».

Il a également été accusé d'entraîner des factions armées en Irak et dans la région et de leur fournir de l'argent et des armes pour semer le chaos et propager le conflit pour le compte de l'Iran.

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