Sécurité

Les forces irakiennes ferment les bureaux d'une milice pro-iranienne à Bassorah

Faris al-Omran

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Cinq membres du parti islamique Thar Allah pro-iranien ont été arrêtés le 11 avril pour avoir tiré sur des manifestants à Bassorah. [Photo diffusée sur les médias sociaux]

Les forces de sécurité irakiennes ont arrêté lundi 11 mai des membres du parti islamique Thar Allah à Bassorah, dans le sud du pays, une mesure que d'aucuns considèrent comme le signe prometteur que le nouveau gouvernement envisage sérieusement de lutter contre l'influence des milices pro-iraniennes.

Ces arrestations sont intervenues après que des membres armés de la milice ont ouvert le feu dimanche sur des manifestants qui tentaient de pénétrer dans le siège du parti islamique Thar Allah à Bassorah, tuant un manifestant et en blessant cinq autres.

Une unité de la sécurité a pris d'assaut le bâtiment d'où étaient partis les coups de feu à balle réelle contre des manifestants, ont indiqué les services de presse du Premier ministre Moustafa Kadhemi dans un communiqué.

« Toutes les personnes qui se trouvaient à l'intérieur du bâtiment ont été arrêtées, les armes et les munitions en leur possession ont été saisies et les suspects traduits en justice pour y être condamnés à des peines justes », a-t-il ajouté.

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Des manifestants irakiens organisent une manifestation dans le centre de Bassorah le 19 juin 2019. [Photo extraite de la page Facebook de Basra Central Demonstrations]

Des articles de presse ont rapporté les propos du chef de la police de Bassorah, le major général Rashid Fleih, précisant que « cinq membres du parti islamique Thar Allah ont été arrêtés lors de cette opération ».

Les forces de sécurité chargées d'exécuter les mandats d'arrêt « ont fermé les bureaux du groupe » proches du lieu des manifestations, dans le quartier d'al-Maqal, dans le centre de Bassorah.

Un signe prometteur

Pour les observateurs, cette opération est le premier signe que le nouveau gouvernement dirigé par Kadhemi s'est engagé à lutter contre l'influence des groupes armés accusés de violence contre des manifestants.

Cette opération « est un geste qui mérite d'être soutenu », a déclaré Thaer al-Bayati, secrétaire général du Conseil des tribus arabes de Salaheddine.

C'est une étape sur la voie de « la préservation de l'État de droit [...] et la consolidation de la stabilité », a-t-il déclaré à Diyaruna.

Cette opération montre que le gouvernement actuel respecte les engagements pris devant le peuple, « notamment de protéger les manifestants, de lutter contre les armes [illicites] entre les mains de milices et de gangs hors-la-loi, et de lutter contre leurs crimes », a-t-il ajouté.

C'est aussi un signal d'espoir adressé au peuple irakien que le gouvernement s'efforcera « d'affaiblir l'influence du régime iranien et son soutien aux milices qui sèment le chaos », a poursuivi al-Bayati.

Les manifestants accusent le parti islamique Thar Allah d'être derrière le meurtre de manifestants et la répression violente contre des rassemblements protestataires, a-t-il continué.

Les miliciens sont également accusés de se livrer à des opérations de contrebande de pétrole à grande échelle, de contrôler les ports irakiens et de spolier les biens de l'État, a-t-il indiqué.

Dirigé par Youssouf Sannawi, Thar Allah avait été impliqué dans des actes de violence armée à Bassorah au plus fort des violences sectaires dans le pays, entre 2006 et 2008.

Lutter contre ces milices qui ont un lien direct avec le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien « est une tâche difficile parsemée de nombreuses difficultés et de moult défis », a poursuivi al-Bayati.

Son succès repose sur « le soutien de l'opinion et des responsables politiques pour tous les efforts visant à contrecarrer l'influence de l'Iran en Irak et lutter contre ses ingérences néfastes dans ses affaires intérieures », a-t-il conclu.

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