Sécurité

ONU: Les combattants syriens intensifient les attaques contre les civils pendant la pandémie

AFP

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Des femmes récupèrent des articles des décombres d'une maison détruite dans le village syrien oriental d'Al-Baghouz le 13 mars, un an après la chute de l'EIIS. [Delil Souleiman / AFP]

L'ONU a accusé vendredi 8 mai "l'Etat islamique en Irak et en Syrie" (EIIS) et d'autres parties en Syrie d'exploiter la nouvelle pandémie de coronavirus (COVID-19) pour intensifier la violence contre les civils.

La chef du bureau des droits de l'homme des Nations Unies, Michelle Bachelet, a déploré une flambée de violence dans le pays déjà ravagée par près d'une décennie de conflit.

"Nous recevons chaque jour davantage de rapports sur des assassinats et des bombardements ciblés d'un bout à l'autre du pays, de nombreuses attaques de ce type ayant lieu dans des zones peuplées", a-t-elle déclaré.

Elle a souligné que la montée de la violence survient alors que le monde se concentre sur l'arrêt de la propagation du coronavirus, qui a tué près de 270 000 personnes dans le monde.

"Diverses parties au conflit en Syrie (...) semblent considérer la concentration mondiale sur la pandémie de COVID-19 comme une occasion de se regrouper et d'infliger des violences à la population", a-t-elle indiqué.

Bachelet s'est dit particulièrement préoccupé par une augmentation des attaques revendiquées par l'EIIS, affirmant que "la détérioration de la situation est une bombe à retardement qui ne doit pas être ignorée".

Le bureau des droits de l'homme des Nations Unies a déclaré qu'il avait documenté au moins 35 morts parmi les civils en avril en raison d'attaques impliquant des engins explosifs improvisés (EEI), contre sept un mois plus tôt.

Depuis le début du mois de mars, il a indiqué qu'il y avait eu 33 attaques à l'explosif, dont 26 dans des quartiers résidentiels, tandis que sept autres attaques ont frappé les marchés.

Attaque de l'EIIS dans le désert syrien

Une attaque de l'EIIS dans le désert syrien a tué jeudi 11 soldats du régime syrien et combattants alliés, a déclaré l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Les combattants sont morts dans une attaque contre leur véhicule entre al-Sokhna et al-Shula dans la région s'étendant entre les provinces de Homs et Deir Ezzor, a rapporté l'Observatoire.

Le chef de l'observatoire, Rami Abdel Rahman, n'a pas pu fournir immédiatement de plus amples détails, mais a averti que le bilan des victimes pourrait augmenter.

Il n'y a eu aucune revendication immédiate par l'EIIS.

Au moins 27 soldats du régime syrien et combattants alliés ont été tués lors d'une attaque du groupe extrémiste dans la même zone désertique il y a un mois.

L'EIIS a également mené des attaques meurtrières en Irak ces dernières semaines.

Les observateurs ont averti que la fermeture des frontières et la mobilisation des ressources de sécurité en raison de la pandémie de coronavirus pourraient provoquer une recrudescence des attaques de l'EIIS.

Le groupe extrémiste n'a plus de positions fixes, mais il a toujours des centaines de combattants accroupis dans des cachettes du désert.

Deux membres des Forces démocratiques syriennes ont également été tués dans une attaque présumée de l'EIIS à al-Baghouz, près de la frontière avec l'Irak, a déclaré l'Observatoire.

De telles attaques contre les FDS ont été fréquentes dans cette partie de la province de Deir Ezzor, où l'EIIS a tenu un dernier coup sanglant au début de 2019.

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