Sécurité

L'armée irakienne sécurise l'autoroute internationale menant en Arabie saoudite

Khalid al-Taie

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Des responsables militaires du commandement des opérations du Moyen-Euphrate inspectent un poste de contrôle sur la route menant au poste-frontière d'Arar avec l'Arabie saoudite, en juin 2019. [Photo fournie par le ministère irakien de la Défense]

L'armée irakienne a annoncé le 28 avril qu'elle mettait en œuvre un plan visant à empêcher les militants de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) de menacer la sécurité de l'autoroute internationale reliant l'Irak à l'Arabie saoudite.

Cette route est le seul point d'accès terrestre pour les convois de pèlerins se rendant à la Mecque et constitue un lien commercial intra-régional entre les deux pays.

Ce plan prévoit d'ériger un mur de terre et de creuser une tranchée sur les 120 kilomètres de cette bande frontalière qui commence dans le désert occidental de Karbala et court vers la frontière administrative avec l'Anbar et le district administratif d'al-Nakhib, a expliqué le directeur des médias du commandement des opérations du Moyen-Euphrate, le général de brigade Fahim Kareem.

L'armée a déjà construit dix kilomètres de ce mur, a-t-il ajouté, soulignant que ce plan prévoit de « mettre en place des postes de contrôle, de monter des embuscades et de déployer des patrouilles de sécurité en collaboration avec d'autres unités de la police, les gardes-frontières et les membres des Forces de la mobilisation populaire (FMP) ».

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Un convoi de pèlerins irakiens se rend en Arabie saoudite pour le hadj en août 2017. [Photo fournie par l'Autorité irakienne du Hadj et de l'Oumrah]

Ces mesures prévoient des opérations intensives et périodiques pour ratisser le désert occidental qui s'étend sur les provinces de Karbala et de l'Anbar, avec la participation de l'aviation.

Ces opérations visent à détecter les repaires de l'EIIS et à faire échouer ses plans de menacer à l'autoroute internationale, a précisé Kareem.

Le but de ce plan est également de renforcer la sécurité dans Karbala et dans les zones avoisinantes, a-t-il poursuivi, ajoutant que le désert de Karbala n'a pas connu un seul incident terroriste depuis l'enlèvement et l'assassinat de plusieurs ramasseurs de truffes l'année dernière.

« Après cet incident, nous avions lancé plusieurs opérations de sécurité pour nettoyer le désert [des résidus de l'EIIS] et avions renforcé notre contrôle sur la région », a-t-il précisé. « Désormais, ces opérations sont hebdomadaires. »

Des caméras de vision nocturne surveillent le désert 24 heures sur 24 et nous disposons de suffisamment de points de contrôle et de patrouilles pour garder la périphérie de Karbala, en particulier le désert occidental, a-t-il poursuivi.

Réouverture du poste-frontière d'Arar

La sécurisation de cette voie terrestre fait partie du plan du gouvernement de rouvrir le poste-frontière d'Arar après que l'Irak et l'Arabie saoudite eurent tous deux annoncé en octobre dernier qu'ils comptaient le rouvrir pour faciliter les échanges, près de trente ans après sa fermeture.

Les frappes successives contre l'EIIS dans le désert occidental de l'Irak ont affaibli le groupe, malgré la présence de quelques-uns de ses résidus qui montent des attaques de faible envergure qui visent essentiellement des lieux faiblement gardés dans le désert, a expliqué le spécialiste de la sécurité Safaa al-Aasam.

Sécuriser cette autoroute fait partie des opérations en cours pour affaiblir ces éléments et les priver de l'occasion de profiter de l'impasse politique et de la pandémie du nouveau coronavirus (COVID-19), a-t-il expliqué à Diyaruna.

L'EIIS tente à tout prix de motiver ses éléments, aujourd'hui sur la défensive, et d'activer ses cellules dormantes pour lancer des attaques, a-t-il poursuivi.

Cela signifie qu'un plan de sécurité doit impérativement comporter des mesures de reconnaissance et de renseignement facilitées par des capacités préalables de surveillance, a-t-il ajouté.

Un sentiment partagé par le spécialiste de la sécurité Mohammed al-Rubaie, pour qui le fait d'ériger des murs et de creuser des tranchées n'est pas suffisant pour éliminer totalement la menace de l'EIIS.

Le plan de lutte contre l'EIIS dans le désert occidental et la sécurisation de la route d'Arar, connue sous le nom de « Voie du hadj », exige plus de caméras de surveillance, de drones et de sorties des appareils de reconnaissance, en plus d'une plus grande communication avec les habitants locaux, a-t-il estimé.

L'EIIS cherche la moindre opportunité de montrer qu'il existe encore, a conclu al-Rubaie, « nous devons donc continuer à les affronter et à leur tirer le tapis de sous les pieds ».

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