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L'Irak bloque des comptes de réseaux sociaux liés à l'EIIS

Khalid al-Taie

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Un responsable irakien présente un exposé à un groupe de soldats sur la lutte contre la guerre psychologique de l'EIIS et ses efforts de propagande, le 15 février. [Photo fournie par le ministère irakien de la Défense]

Depuis qu'il a battu « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) sur le terrain, l'Irak a engagé des efforts constants pour empêcher le groupe de chercher de nouvelles recrues et de diffuser son idéologie toxique et sa propagande en ligne.

Ces efforts ont notamment permis à plusieurs reprises de bloquer avec succès l'accès du groupe à diverses plateformes de réseaux sociaux, sur lesquelles il tentait de publier des messages repris et amplifiés ensuite par les partisans de la ligne dure.

Le 20 avril, le Centre des médias numériques a ainsi annoncé que son équipe de sécurité numérique, qui opère dans le cadre des Services irakiens de lutte antiterroriste, avait fermé près de 6 500 comptes liés à l'EIIS sur Twitter, après une enquête de trois mois.

Parmi eux se trouvaient 682 comptes qui permettaient au groupe et à ses partisans de naviguer entre différentes plateformes de réseaux sociaux, par exemple pour extraire la propagande de l'EIIS de Telegram et la partager sur Twitter.

L'EIIS compte fortement sur ces plateformes de réseaux sociaux, qui lui permettent de « surmonter les barrières géographiques et de toucher un public plus large », a expliqué Abdoul Salam al-Samer, professeur d'étude des médias à l'université de Bagdad.

Les comptes de réseaux sociaux sont devenus le principal outil de promotion des extrémistes, « en dépit des efforts acharnés et efficaces déployés au niveau local et international pour les suivre et les traquer », a-t-il précisé à Diyaruna.

« Nous sommes toutefois face à un groupe parfaitement au fait de l'utilisation d'Internet pour assurer sa promotion, et qui est en mesure d'échapper à toute détection et à toute surveillance », a-t-il précisé.

Exploiter la pandémie de coronavirus

Dans un communiqué daté du 16 avril, le Centre des médias numériques a indiqué avoir observé « une hausse du nombre de comptes sur les réseaux sociaux appartenant à des membres de l'EIIS et à leurs partisans, en particulier sur Facebook ».

Bien que le géant des réseaux sociaux « ait fermé des milliers de pages de l'EIIS ces deux dernières années », les extrémistes ont pu profiter de la baisse de la surveillance des comptes en ligne pendant la crise du coronavirus, a indiqué al-Samer.

Le groupe et ses partisans ont créé de nouveaux comptes sur les réseaux sociaux et en ont réactivé d'anciens pour promouvoir leur idéologie extrémiste violente, a-t-il ajouté.

L'EIIS « a renforcé sa présence en ligne en ouvrant plus de comptes numériques et de pages Internet alors que le monde se préoccupe actuellement de la crise du coronavirus », a expliqué Issam al-Fayli, professeur de science politique à l'Université al-Mustansiriyah.

Le groupe extrémiste a exploité cette pandémie, même au travers des contenus diffusés, pour tenter de propager son idéologie et d'attirer de nouvelles recrues, a-t-il indiqué à Diyaruna.

Le Global Fatwa Index, qui fait partie de l'Observatoire égyptien Dar al-Iftaa Fatwa, a analysé les contenus de l'EIIS pendant la pandémie de coronavirus en suivant sa publication en ligne, al-Naba, et les sujets traités par ses partisans dans les salles de tchat en ligne.

Dans un rapport daté du 21 avril, l'observatoire a montré qu'au début de la pandémie du Coronavirus, la rhétorique de l'EIIS était fragmentée et consistait pour l'essentiel à « se réjouir » à propos des pays affectés par le virus.

Par la suite, sa rhétorique est devenue « plus stable et centrée sur les meilleures façons de tirer parti du virus », a indiqué ce rapport.

Des mesures plus strictes sont nécessaires

La propagande en ligne de l'EIIS est une affaire dangereuse qui requiert « des mesures plus strictes » pour la priver d'un espace de liberté où partager ses contenus, a poursuivi al-Fayli.

Al-Samer a continué en indiquant que le danger lié à la circulation de messages mensongers et incendiaires est que certaines personnes les considèrent comme des « messages religieux » et se laissent facilement endoctriner par ce type d'idéologie déviante.

« Les jeunes, naturellement attirés par des causes idéologiques, sont le segment de la population le plus susceptible d'être influencé par de tels messages », a indiqué le journaliste Hadi Jalou Merhi.

L'EIIS « ne ménage aucun effort pour trouver les moyens les plus efficaces de parvenir à ses fins », a-t-il ajouté pour Diyaruna, notamment les moyens de diffuser son idéologie extrémiste en ligne.

Il a souligné en conclusion la nécessité constante de désorganiser les activités du groupe sur Internet et d'affaiblir sa machine de propagande.

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