Terrorisme

Exécution d'un jeune par Tahrir al-Sham, malgré des appels à la libération des détenus

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Un activiste syrien accroupi devant une fresque qu'il a peinte à Idlib symbolisant les détenus de la prison d'al-Iqab de Tahrir al-Sham. [Photo fournie par la campagne intitulée « Forcibly Absent in Tahrir al-Sham's Prisons »]

Lundi 20 avril, Tahrir al-Sham a exécuté un jeune Syrien que l'alliance détenait dans la province d'Idlib, dans le nord du pays, et avait accusé de blasphème et de loyauté envers le régime syrien, entre autres allégations, a indiqué un activiste local.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme a indiqué que plusieurs sources avaient confirmé qu'il n'était en rien lié au régime et n'était pas l'un de ses partisans, mais a précisé que des insultes envers le chef de Tahrir al-Sham Abou Mohammed al-Joulani avaient été retrouvées dans son téléphone.

Cet acte de brutalité commis par Tahrir al-Sham intervient dans un contexte de demandes de plus en plus fortes formulées par des activistes et des civils pour que l'alliance libère ses prisonniers et fasse connaître le sort des personnes disparues, a expliqué l'activiste d'Idlib Haisam al-Idlibi à Diyaruna.

La plupart de ces prisonniers sont des opposants à l'alliance extrémiste, a-t-il souligné.

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Le jeune Mohammed Aqib Hammam Tanno, âgé de seulement 19 ans, a été exécuté par Tahrir al-Sham. [Photo fournie par Watan FM]

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Une affiche sur un mur de la ville d'Idlib demande la libération des détenus emprisonnés par Tahrir al-Sham. [Photo fournie par la campagne intitulée « Forcibly Absent in Tahrir al-Sham's Prisons »]

Tahrir al-Sham a exécuté Mohammed Aqeb Hammam Tanno, âgé de 19 ans, après l'avoir détenu pendant six mois sur des accusations de blasphème.

Ces accusations avaient été prononcées à son encontre après que les extrémistes eurent fouillé son téléphone et retrouvé des messages exprimant son opposition à Tahrir al-Sham et à al-Joulani.

Tahrir al-Sham avait préalablement demandé au président du conseil local de Sarmin de venir récupérer le corps d'un autre jeune, Hassan Saleh Abbas, apparemment torturé à mort, a précisé al-Idlibi.

Cette information avait déclenché une vague de colère dans la région, où des activistes locaux et des civils avaient lancé une campagne, appelant Tahrir al-Sham à libérer ses prisonniers et à dévoiler le sort des personnes disparues.

« La plupart des prisonniers de Tahrir al-Sham sont des activistes humanitaires et dans les médias, ou sont affiliés à des factions de l'Armée syrienne libre opposée au groupe », a précisé al-Idlibi.

La campagne « Forcibly Absent in Tahrir al-Sham's Prisons » a suscité une formidable réponse dans les médias sociaux, a-t-il poursuivi, soulignant que les activistes distribuent également des tracts et peignent des fresques dans les zones contrôlées par Tahrir al-Sham.

Al-Idlibi a précisé que Tahrir al-Sham détient actuellement au moins 6 000 prisonniers essentiellement dans quatre prisons : al-Iqab, Shaheen, Harem et la Prison 500, tandis que le sort de quelque 2000 autres reste inconnu.

Outre cette récente exécution, a-t-il conclu, Tahrir al-Sham aurait exécuté un autre jeune, Fawzi Nihad Hajouz, en mars.

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