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Les sanctions américaines contre le CGRI sont efficaces, affirment des experts

Faris al-Omran

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Des combattants de la milice pro-iranienne Kataib Jund al-Imam participent à un défilé à Bagdad, le 23 juin 2017. [Photo via le site web de la milice]

La sévère campagne de sanctions américaines enregistre un certain succès pour couper le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) d'Iran de son réseau financier étranger, qui finance ses activités qui menacent la sécurité internationale, ont expliqué des experts à Diyaruna.

L'effet de ces sanctions, qui visent les intérêts économiques du régime iranien et de ses agents, en particulier les milices pro-iraniennes en Irak et au Liban, devient de plus en plus évident, ont-ils indiqué.

Le Trésor américain a imposé des sanctions à une dizaine d'organisations et d'individus qui financent le CGRI, qui acheminent collectivement des millions de dollars par le biais d'opérations de blanchiment d'argent, d'activités commerciales illégales et de collectes de fonds.

Le lot de sanctions le plus récent, annoncé le 26 mars, a visé un vaste réseau de quinze individus et de cinq sociétés opérant en Irak et en Iran qui travaillaient en soutien à la Force al-Qods du CGRI (CGRI-FQ).

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Une photo d'archive datée du 10 octobre 2015 montre des navires-cargos dans le port irakien d'Umm Qasr, proche de la ville de Bassorah, dans le sud du pays. [Haidar Mohammed Ali/AFP]

Ce réseau était impliqué dans le transfert d'une aide meurtrière aux milices irakiennes financées par l'Iran, comme la Kataib Hezbollah et Asaib Ahl al-Haq, ainsi que dans des opérations de trafic par le port irakien d'Umm Qasr et de blanchiment d'argent par des sociétés écran irakiennes.

Il était également impliqué dans la vente de pétrole iranien au régime syrien et dans le trafic d'armes au Yémen, entre autres accusations, a poursuivi le Trésor.

Les sanctions les plus récentes « sont une pression de Washington pour tarir les sources de financement du régime iranien et des milices qui lui sont fidèles », a expliqué Ghazi Faisal Hussain, conseiller auprès du Centre irakien d'études stratégiques.

« Personne n'est autorisé à faire des affaires avec les entités sanctionnées ni à leur fournir une forme quelconque de facilitation », a-t-il précisé à Diyaruna.

« Ils doivent arrêter immédiatement toutes les transactions bancaires, l'achat et la vente, et toute activité économique et financière », a-t-il ajouté.

« Une importante source de danger »

Le CGRI et ses agents, notamment les individus et les sociétés désignés, « représentent un important danger pour la paix internationale par le biais de leurs opérations armées qui menacent les civils », a poursuivi Hussain.

Certains ont été impliqués dans des activités comme le trafic de drogue et d'armes, en plus du pillage de ressources naturelles, a-t-il indiqué, ajoutant que ces sanctions « ont réduit de manière importante le travail des agents de l'Iran ».

« Ces sanctions ont visé plusieurs réseaux bancaires, des opérations commerciales et de blanchiment d'argent servant les intérêts du Hezbollah libanais et ceux de l'Iran en Afrique et en Amérique latine », a-t-il souligné.

En conséquence, a-t-il ajouté, « le Hezbollah connaît aujourd'hui des difficultés économiques sans précédent, qui l'ont contraint à retirer certains de ses éléments de Syrie ».

« Cette situation s'applique également aux milices en Iran et en Irak dont les chefs ont été placés sur la liste des sanctions, causant ainsi du tort à leurs opérations de trafic d'argent et de pétrole et à leurs efforts pour saper l'économie irakienne », a-t-il poursuivi.

« Les financiers et les agents de l'Iran forment un vaste réseau organisé actif dans de nombreux domaines, dont l'extorsion, la taxation, la contrebande et le vol de biens publics », a expliqué l'ancien député irakien Mithal al-Alousi à Diyaruna.

Les sanctions américaines visent avant tout les agents et les liens au sein de ce réseau, dans le but de le démanteler dans la région et dans le monde entier, a-t-il poursuivi.

Ces sanctions sont « efficaces et ont un fort impact »

Par cette campagne de sanctions, a continué al-Alousi, les États-Unis ont pour objectif de désactiver les agents de l'Iran, qui sont responsables des torts causés à des milliers de personnes innocentes et d'avoir commis de multiples atteintes aux droits de l'homme.

Il a souligné que ces sanctions pourraient ouvrir la voie à des mesures plus strictes contre le régime iranien et ses alliés, appelant la communauté internationale à jouer un plus grand rôle dans le confinement de la menace iranienne.

Le journaliste et politologue bahreïnien Abdoullah al-Junaid a expliqué à Diyaruna qu'il estimait que les sanctions visant les réseaux de financement du CGRI sont « efficaces et ont un fort impact ».

Elles ont fait échouer l'agenda iranien qui cherche à « mettre le feu à la région » par le biais de guerres, de problèmes et de conflits, a-t-il ajouté.

Al-Junaid a indiqué que ces sanctions avaient fait tomber plusieurs individus, sociétés et organisations qui autrefois finançaient le régime iranien et l'aidaient à braver la communauté et le droit internationaux.

Elles ont empêché le régime iranien et le CGRI de poursuivre leurs activités malfaisantes en visant le financement de ses milices, a-t-il expliqué.

Dans un clip vidéo datant de mi-février, qui a circulé sur les réseaux sociaux début avril, un ancien ministre de la République islamique, Parviz Fattah, révélait que l'ancien commandant de la CGRI-FQ Qassem Soleimani lui avait une fois demandé d'aider à financer la brigade afghane Fatemiyoun.

Cette unité militaire avait été mise en place par la Force al-Qods en 2014 pour combattre en Syrie aux côtés des forces loyales à Bashar el-Assad.

Al-Junaid avait souligné l'importance de suivre la piste de l'argent menant aux groupes loyaux à l'Iran et d'enquêter sur les fonds provenant de dons et d'autres importantes transactions financières.

La politique étrangère hostile que le régime iranien a adoptée et qu'il s'obstine à poursuivre finira par lui coûter très cher, a conclu al-Junaid.

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