Sécurité

Usbat al-Thaereen, autre groupe iranien alimentant la violence en Irak

Faris al-Omran

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Une capture d'écran d'une vidéo postée en ligne le 17 mars dans laquelle Usbat al-Thaereen a revendiqué les attaques aux missiles visant des installations irakiennes et de la coalition internationale sur la base aérienne de Taji, au nord de Bagdad.

Usbat al-Thaereen (Ligue des révolutionnaires), qui a fait ses débuts en revendiquant les attaques du mois de mars contre des installations de la coalition internationale en Irak, n'est pas différente des autres milices qui collaborant avec le régime iranien, ont expliqué les analystes.

Cette milice inconnue jusqu'alors a revendiqué sa première attaque le 11 mars, lorsque 18 roquettes ont frappé la base aérienne de Taji, tuant deux soldats américains et une soldate britannique.

Trois jours plus tard, une volée de 33 missiles Katyusha s'est de nouveau abattue sur Taji, faisant plusieurs blessés, ont expliqué des responsables de la coalition internationale et du commandement des opérations conjointes.

Dans une vidéo postée en ligne le 17 mars, Usbat al-Thaereen a revendiqué les attaques de Taji. « Les choses n'en resteront pas là », a déclaré la milice dans une vidéo, renouvelant ses menaces contre les forces américaines en Irak.

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L'armée irakienne a retrouvé des lanceurs de roquettes Katyusha utilisés lors des attaques contre la base aérienne de Taji en mars à Abou Izam, au nord de Bagdad. [Photo fournie par la Cellule irakienne de sécurité des médias]

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Cette photo prise le 13 mars montre la destruction de l'aéroport de Kerbala, l'un des secteurs touchés par les frappes aériennes américaines qui visaient une milice irakienne pro-iranienne après la mort de deux ressortissants américains et d'une Britannique sur la base aérienne de Taji. [Mohammed Sawaf/AFP]

Le 26 mars, deux roquettes ont frappé une place vide près du quartier général de la sécurité irakienne dans la Zone verte de Bagdad, siège de plusieurs bâtiments gouvernementaux et des ambassades étrangères, ont indiqué les forces irakiennes dans un communiqué.

La cible visée semblait être l'ambassade des États-Unis, située à quelques centaines de mètres plus au sud, sur les berges du Tigre, a précisé une source proche de la sécurité irakienne à l'AFP.

Cette attaque n'a fait aucun blessé.

Bien qu'Usbat al-Thaereen n'ait pas revendiqué cette attaque dans la Zone verte, la milice a posté le 2 avril une vidéo menaçant le bâtiment de l'ambassade américaine.

Une nouvelle milice affiliée au CGRI

Usbat al-Thaereen est uniquement « un nouveau groupe d'agents liés au Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) qui sert les ambitions de l'Iran d'alimenter la violence et les tensions en Irak et dans d'autres pays », a déclaré l'expert militaire Hatem al-Falahi.

Selon certaines informations, cette milice comprendrait environ 2000 membres, a-t-il indiqué à Diyaruna.

Usbat al-Thaereen « a été formée par le commandant de la Force al-Qods du CGRI Esmail Qaani pour montrer qu'il marche dans les pas de son prédécesseur [Qassem Soleimani] et continue de servir l'agenda destructeur de Téhéran », a-t-il expliqué.

L'émergence de cette « nouvelle » milice et sa revendication des récentes attaques « donne l'illusion que les milices existantes ne sont pas responsables de ces attaques », a-t-il ajouté.

Le régime iranien a choisi de mener ses batailles sur le sol irakien, a souligné al-Falahi, précisant que le peuple irakien « est mécontent du comportement et des menaces constantes de l'Iran » envers sa sécurité et ses intérêts.

L'émergence de nouvelles milices indique que le régime iranien a peu de respect pour la souveraineté de l'Irak et pour la sécurité de son peuple, et méprise les principes de la coexistence entre voisins, a-t-il poursuivi.

Ce ressentiment populaire a atteint son apogée, a ajouté al-Falahi, après que des agents de l'Iran ont assassiné et supprimé des manifestants irakiens ces derniers mois.

« Le régime iranien tente d'entraîner l'Irak dans l'inconnu en créant de nouvelles milices et en suscitant des agitations qui ne servent que ses intérêts propres », a-t-il continué.

Les dirigeants iraniens « vacillent »

Le régime iranien a continué de mener des attaques contre les forces de la coalition internationale en Irak par l'intermédiaire de ses milices alliées. Mais il « ne veut pas que son influence soit mise en danger » lorsque ces mêmes forces répliquent, a expliqué à Diyaruna le politologue irakien Ahmed Shawqi.

Usbat al-Thaereen a été créée pour revendiquer ces attaques pour tenter de « protéger l'influence iranienne et créer un écran de fumée », a-t-il précisé à Diyaruna.

L'apparition soudaine d'une nouvelle milice pourrait également vouloir dire que « les dirigeants iraniens vacillent dans leur direction de ces milices, dont les chefs se livrent une concurrence féroce » après la mort de Soleimani, a-t-il poursuivi.

Le ciblage ininterrompu des bases irakiennes confirme que le régime iranien « ne renoncera pas à sa politique et à ses activités néfastes pour l'Irak et les pays voisins », a-t-il continué.

Au travers de telles attaques, l'Iran cherche à déstabiliser la région afin de promouvoir son agenda expansionniste et « échapper à ses problèmes internes encore exacerbés par la pandémie de coronavirus », a poursuivi Shawqi.

L'Iran menace la sécurité de l'Irak

« Au lieu de lutter contre la pandémie de coronavirus, qui menace le monde entier, les dirigeants iraniens s'intéressent seulement à leur agenda de chaos dans notre pays », a déclaré un habitant de Bassorah qui a demandé à rester anonyme.

« Ils continuent à menacer la sécurité de notre pays en créant de nouvelles milices sous différentes formes et différents noms au service de leurs méprisables intérêts », a-t-il précisé à Diyaruna.

L'Iran s'attache à créer de nouveaux agents en Irak « contre la volonté du peuple irakien, qui a appelé ces derniers mois à mettre un terme à l'influence et de la présence des milices lors de grandes manifestations », a indiqué un habitant de Bagdad.

« Le CGRI et ses agents n'ont d'autre intérêt que la destruction en Irak », a-t-il conclu, demandant à n'être appelé que sous le pseudonyme d'Abou Mohammed.

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