Sécurité

Un an après la bataille d'al-Baghouz, les habitants célèbrent la fin du « cauchemar » de l'EIIS

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Des membres des Forces démocratiques syriennes posent à côté du drapeau déployé des FDS pendant qu'ils montent la garde dans le village d'al-Baghouz, dans la province syrienne orientale de Deir Ezzor, le 24 mars 2019, un jour après que l'EIIS a été déclaré vaincu par les FDS kurdes épaulées par les États-Unis. [Giuseppe Cacace/AFP]

Un an après la bataille d'al-Baghouz, les Syriens célèbrent leur libération de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) et remercient les Forces démocratiques syriennes (FDS) et la coalition internationale d'avoir mis un terme au cauchemar qu'ils enduraient sous le joug du groupe terroriste.

Des combattants des FDS brandissent leur drapeau jaune à al-Baghouz, le village reculé sur les berges du fleuve où des extrémistes venus de plusieurs pays leur avaient opposé une résistance désespérée, le 23 mars 2019.

Cette victoire des FDS avait mis fin à une opération meurtrière de six mois contre l'EIIS, au cours de laquelle la brutalité des terroristes les avait poussés à utiliser des civils comme boucliers humains.

Éradiquer les résidus de l'EIIS

« Les combats pour la libération d'al-Baghouz dans Deir Ezzor étaient une bataille symbolique qui aura marqué la fin de l'extension géographique de l'EIIS en Syrie », a expliqué l'officier des FDS Farhad Khoja à Diyaruna.

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Un agriculteur avec sa bêche dans un champ près du village d'al-Baghouz, dans l'est de la Syrie, le 13 mars 2020, un an après la chute de l'EIIS. [Delil Souleiman/AFP]

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Une vue des destructions dans la localité d'al-Baghouz, où l'EIIS utilisait des civils comme bouclier humain lors de sa dernière résistance contre les FDS et la coalition internationale. [Photo fournie par l'Euphrates Post]

« Cette victoire a reposé sur plusieurs piliers, notamment les forces de la coalition conduite par les États-Unis, les FDS, la population de Deir Ezzor qui a soutenu les opérations militaires, et naturellement les tribus qui ont joué un rôle déterminant dans cette bataille », a-t-il précisé.

Celle-ci se poursuit pour éradiquer les cellules dormantes de l'EIIS, qui tentent encore de lancer des attaques, et pour effacer totalement l'idéologie de l'EIIS, a ajouté Khoja.

« Les opérations se poursuivent pour éradiquer le groupe une fois pour toutes », a-t-il poursuivi.

« Le Conseil militaire de Deir Ezzor mène encore les missions qui lui sont assignées, et des volontaires viennent en grands nombres pour rejoindre ses rangs, en particulier des hommes des tribus », a continué Khoja.

Les efforts du conseil recoupent ceux des forces Asayish, qui sont chargées de maintenir la sécurité et la paix sociale, en plus de surveiller une quelconque activité suspecte par les résidus de l'EIIS et leurs sympathisants, a-t-il déclaré.

Les opérations sont menées avec succès, a-t-il précisé, soulignant que le nombre d'arrestations était en baisse, indiquant que « il reste très peu de cellules dormantes et qu'elles n'ont que peu ou pas d'impact ».

Dans le même temps, la vie revient à la normale à al-Baghouz alors que les horreurs des combats s'estompent en même temps que l'idéologie extrémiste qui prévalait sous le joug de l'EIIS, a poursuivi Khoja.

Le cauchemar de l'EIIS est terminé

« L'EIIS était un cauchemar qui a disparu », a déclaré Khaled al-Hamada, un spécialiste des engrais natif d'al-Baghouz.

« Chacun dans la région a foi dans les FDS et les forces de la coalition, et dans la victoire obtenue sur [l'EIIS] qui a mis fin à sa présence et à son contrôle sur le territoire et ses habitants », a-t-il déclaré à Diyaruna.

« La vie après l'EIIS est très différente », a-t-il indiqué. Sous l'administration autonome et les administrations locales qui lui sont affiliées, « chaque individu porte une responsabilité, non seulement à l'égard de lui-même, mais [aussi] de la communauté dans son ensemble ».

« Les tentatives faites par les résidus de l'EIIS dans la région de dénaturer la vérité sont contrées et réfutées par les faits », a expliqué al-Hamada, les qualifiant de « tentatives désespérées » de créer une fracture entre les gens.

« Les habitants de la région soutiennent cette transformation et participent à toutes les institutions civiles et militaires parce qu'elles ont en fin de compte pour but de protéger et de développer une région qui a été privée des exigences minimales [de la vie] pendant des décennies », a-t-il poursuivi.

Un moment de réflexion

Le premier anniversaire de la libération d'al-Baghouz « appelle à une longue pause pour réfléchir à ce qu'aurait été la situation dans la région si [l'EIIS] était encore présent, notamment à la lumière de la propagation de la pandémie de coronavirus », a expliqué Ammar Saleh, activiste dans la société civile locale.

« L'administration autonome a ordonné la fermeture de tous les [établissements et institutions], imposé un couvre-feu, commencé à désinfecter partout, et interdit les déplacements d'une zone à une autre pour protéger les civils », a-t-il précisé à Diyaruna.

« Si [l'EIIS] était présent, il aurait puni tous ceux qui ne se seraient pas rendus à la prière dans les mosquées, et ses éléments se seraient déplacés d'une région à une autre, propageant le virus parmi les civils », comme cela se produit dans les zones contrôlées par les milices affiliées au Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), a-t-il ajouté.

La vie est revenue à la normale « à un rythme accéléré », a expliqué Saleh.

« Chacun participe à la reconstruction et au retrait des résidus de la guerre, à la création d'emplois et au renforcement du secteur agricole, le principal secteur productif dans la région », a-t-il dit.

« Les tribus soutiennent également tous les efforts entrepris par l'administration autonome et aident là où elles le peuvent », a conclu Saleh.

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