Sécurité

Début de la reconstruction du Stade olympique de l’Anbar

Khalid al-Taie

image

En 2015, l’EIIS avait fait exploser le Stade olympique de l’Anbar à Ramadi, vu ici le 22 février, provoquant des dégâts importants. [Photo fournie par le ministère irakien de la Jeunesse et des Sports]

Des éléments de « l’État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) avaient fait exploser le Stade olympique de l’Anbar à Ramadi en juillet 2015, provoquant l’effondrement de cet imposant édifice et ne laissant qu’un champ de ruines là où il se dressait.

Maintenant que l’EIIS a été chassé de l’Anbar et que les infrastructures de base qu’il avait détruites ont été reconstruites, un plan de reconstruction de ce stade et d’autres installations sportives de la province a été mis en œuvre, ont expliqué des responsables.

Ce stade n’avait pas encore été totalement achevé lorsque l’EIIS avait fait main basse sur la province durant l’été 2014, entraînant un arrêt de la construction. Le groupe l’avait ensuite détruit.

« Le stade était un important projet, que nous avions presque mené à son terme, mais l’EIIS l’avait fait exploser en 2015 », a expliqué à Diyaruna le maire de Ramadi, Ibrahim al-Janabi.

image

Deux équipes locales participent à un match de football dans l’Anbar le 15 mars 2019. Le sport fait son retour dans la province après sa libération de l’EIIS. [Photo fournie par le ministère irakien de la Jeunesse et des Sports]

« Après que nous avons repris le contrôle de la ville, nous nous sommes concentrés sur un ensemble d'infrastructures de base pour assurer les premières nécessités, afin que les familles déplacées puissent revenir dans leurs maisons et mener une vie normale », a-t-il ajouté.

Maintenant, a-t-il poursuivi, « au vu de la reprise enregistrée par notre province et de l’amélioration de la sécurité, il était devenu nécessaire pour nous de redémarrer les projets de construction interrompus, qui sont essentiels pour mener une vie normale ».

La ville travaille avec le ministère irakien de la Jeunesse et des Sports pour reconstruire le Stade olympique de l’Anbar, a-t-il ajouté, soulignant que ses équipes avaient commencé à retirer les gravats en préparation au début des travaux de reconstruction.

Développement du secteur sportif

« Ce stade est considéré comme un village sportif intégré, avec un hôtel, deux terrains d'entraînement secondaires, un espace d'athlétisme et d'autres installations de service », a poursuivi al-Janabi.

« Une fois achevé, il constituera un important élément du paysage urbain et sera un ensemble adapté pour des championnats de football locaux et des rencontres internationales », a-t-il continué.

Ce stade, situé dans la zone Kilo-7 de l'ouest de Ramadi, pourra accueillir jusqu’à 30 000 spectateurs, a indiqué à Diyaruna Imad al-Mashadani, responsable à la Direction de la jeunesse et des sports de l’Anbar.

La construction devrait durer deux ans et demi, pour un coût estimé de 112 milliards de dinars irakiens (94 millions USD), a-t-il précisé.

La reconstruction de ce stade illustre « les efforts du ministère de la Jeunesse et des Sports, du gouvernement de l’Anbar et d'autres autorités locales visant à développer le secteur sportif après des années de négligence et d'absence d’événements sportifs en raison du terrorisme », a-t-il expliqué.

« Nous avons consenti les efforts nécessaires pour relancer tous les projets de construction qui avaient été retardés et pour mettre en œuvre des programmes ambitieux pour développer le secteur sportif et nous attacher aux jeunes et à leurs aspirations », a-t-il ajouté.

À cette fin, « nous souhaitons construire dix grands stades pouvant accueillir un grand nombre de disciplines, autres que le football, et nous envisageons de les construire dans plusieurs districts de la province », a ajouté al-Mashadani.

La Direction de la jeunesse et des sports de l'Anbar a posé le 9 mars la première pierre d'un stade de football dans le district d'al-Karma, dans l'est de la province, qui sera le premier de son genre et devrait pouvoir accueillir 5000 spectateurs.

« Avec un sentiment de liberté et sans peur »

L’Anbar peut pointer plusieurs réalisations en termes de réhabilitation et de reconstruction des infrastructures endommagées par l’EIIS et par les combats pour chasser le groupe, a expliqué à Diyaruna Eïd Ammash, ancien membre du conseil provincial.

« Nous avons lancé des projets dans les secteurs de la santé, de l'éducation, des municipalités et des services publics ; il est maintenant temps de nous tourner vers le sport et de soutenir nos jeunes talents », a-t-il indiqué.

« L’EIIS a tenté d'attirer les jeunes, de les duper et de les tromper avec des idées extrémistes, et leur a notamment interdit toute pratique sportive, en prétextant que cela était interdit par la religion », a poursuivi Ammash.

« Après que le groupe a été chassé et que la vie est revenue à la normale dans nos villes, nos jeunes ont commencé à reprendre leurs activités favorites, avec un sentiment de liberté et sans peur », a-t-il ajouté.

« Nous devons aujourd’hui soutenir ces activités et contribuer à répondre aux besoins et aux intérêts de la jeunesse, afin qu’elle ne dévie pas de son chemin et ne tombe pas sous l’influence des terroristes », a-t-il poursuivi.

Luay Mahmoud, un habitant de Ramadi, a expliqué à Diyaruna qu'il passait désormais le plus clair de son temps libre à regarder des matchs du football, un loisir qui lui était interdit sous le règne de l’EIIS.

La reconstruction du stade de Ramadi est une étape positive, a-t-il déclaré, ajoutant en conclusion qu'il serait heureux de voir des matchs du championnat irakien et des compétitions internationales se jouer dans sa ville.

Aimez-vous cet article?
0
0 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire * INDIQUE CHAMP NÉCESSAIRE 1500 caractères restants (1500 MAX)