Santé

L'Irak lutte contre la propagation du COVID-19 dans les camps de DI

Alaa Hussain à Bagdad

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Une équipe de la branche de Dohouk du ministère des Migrations et des Déplacements distribue des paniers sanitaires dans un camp de déplacés. [Photo fournie par le ministère des Migrations et des Déplacements]

Le gouvernement irakien met en œuvre une série de mesures sanitaires urgentes dans les camps de déplacés dans le pays, qui visent à empêcher une éruption du nouveau coronavirus (COVID-19).

Des « paniers sanitaires » et des masques médicaux ont été distribués et les camps ont été aspergés de désinfectants, a indiqué le ministère des Migrations et des Déplacements.

Le ministère s'efforce également d'apprendre aux habitants des camps à se protéger contre le virus, alors que cette pandémie mondiale continue de se propager.

Les premières mesures de soutien sanitaire sont mises en place dans la province de Dohouk, qui accueille la majorité des personnes déplacées internes (DI) venues de la province voisine de Ninive, a expliqué le ministère.

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Des paniers sanitaires et des masques médicaux ont été distribués dans un camp de déplacés à Dohouk. [Photo fournie par le ministère des Migrations et des Déplacements]

Trois « paniers sanitaires » ont été distribués à chaque famille dans les 16 camps de la province, qui accueillent au total plus de 30 000 familles, a expliqué Iskandar Mohammed, directeur du service des migrations et des déplacements du ministère à Dohouk.

Ce plan de soutien sanitaire prévoit des dispositions visant la distribution de masques médicaux en fonction des besoins de chaque camp, et la dispersion de désinfectant, a-t-il expliqué à Diyaruna.

Ces mesures sont prises pour protéger la santé publique et assurer la sécurité des populations déplacées, a-t-il poursuivi, dans un contexte croissant de propagation du virus.

Cas signalés dans tout l'Irak

L'Irak avait signalé son premier cas de coronavirus, un étudiant iranien en Irak, le 22 février, suivi de quatre cas de membres d'une même famille revenant d'un voyage en Iran, selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Le signalement des cas s'était ensuite accéléré, pour englober pratiquement l'ensemble des provinces irakiennes, a expliqué l'OMS dimanche 15 mars, avec 83 cas confirmés le 12 mars et huit décès.

« Les autorités sanitaires locales s'inquiètent de plus en plus de la possibilité d'une transmission intérieure de la maladie, qui présenterait un grave défi pour le système sanitaire déjà vulnérable du pays contraint par des années de guerre et de crises internes », a déclaré l'OMS.

« Les autorités sanitaires ont déjà interdit les grandes manifestations publiques, suspendu les écoles et fermé les centres commerciaux et les lieux de rassemblement jusqu'au 21 mars. »

Le gouvernement irakien a également annoncé l'interdiction des voyages de non-Irakiens originaires d'une dizaine de pays confrontés à la maladie, a rapporté l'AFP le 14 mars.

L'Irak s'inquiète particulièrement d'une propagation du virus depuis l'Iran voisin, l'un des pays les plus durement frappés.

Alors que le nombre de cas continue de s'accroître, le ministère des Migrations et des Déplacements envisage d'organiser des campagnes de sensibilisation pour les habitants des camps sur les différentes manières de se protéger du virus et de l'empêcher de se diffuser à l'intérieur des camps.

Le ministère travaille avec celui de la Santé pour constituer des équipes médicales mobiles, selon Ali Abbas, directeur général du service des affaires de branche du ministre.

Ces équipes se rendront dans tous les camps de déplacés en Irak et y présenteront des matériels d'éducation à la prévention du COVID-19, a-t-il expliqué à Diyaruna.

Il a poursuivi en indiquant que ces équipes pulvériseront également des désinfectants et stériliseront toutes les installations pour protéger la santé du public.

Les camps ont un besoin urgent de soutien

La population déplacée a un besoin urgent de soutien sanitaire pour empêcher la propagation du virus et des maladies, a expliqué Souleiman Eido, maire du camp Khanki à Dohouk Souleiman.

Les tentes manquent des conditions sanitaires les plus basiques, a-t-il précisé à Diyaruna, soulignant que les populations déplacées sont bien plus vulnérables que les habitants des communautés plus stables.

Il a mis en garde sur le fait qu'une seule infection dans ces camps signifierait que le virus pourrait infecter des centaines, voire des milliers de DI en raison de la promiscuité entre eux et de l'utilisation d'installations communes.

Eido a appelé les autorités à mettre en place des centres sanitaires fixes à l'intérieur des camps, qui permettront de répondre aux urgences sanitaires et d'isoler les habitants qui seraient infectés.

Outre ces mesures sanitaires, a-t-il continué, les autorités doivent veiller à ce que des contrôles de sécurité soient effectués pour s'assurer que les DI qui se déplacent à l'extérieur des camps ou du pays, en particulier en Iran, en informent les autorités compétentes à leur retour.

Eido a salué le sens de responsabilité des DI et leur respect des instructions médicales qui leur sont données pour combattre cette menace sanitaire.

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