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Sécurité |

Nouvelle attaque à la roquette contre la base aérienne de Taji en Irak

AFP

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Les forces de la coalition internationale et des soldats irakiens mettent en place un pont flottant sur la base aérienne de Taji lors d'un entraînement avant l'installation de ponts de remplacement à Mossoul, le 6 mars 2017. [Sabah Arar/AFP]

Une nouvelle vague de roquettes a visé samedi 14 mars une base irakienne située au nord de Bagdad où sont stationnées des troupes internationales, lors d'une rare attaque en plein jour, ont indiqué des sources de sécurité irakiennes et américaines.

Il s'agit de la 23e attaque de ce type depuis octobre contre des installations en Irak où sont stationnées des troupes américaines et des diplomates.

Aucune de ces attaques n'a été revendiquée, mais les États-Unis les ont imputées aux milices pro-iraniennes qui opèrent sous les auspices des Forces de la mobilisation populaire (FMP).

Au moins 33 roquettes ont frappé les unités de la défense aérienne irakienne sur la base aérienne de Taji dans la journée de samedi.

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Un appareil F/A-18F Super Hornet décolle du porte-avions américain USS Dwight D. Eisenhower en mer Méditerranée, sur cette photo d'archive du juillet 2016. [Alberto Pizzoli/AFP]

« Le bilan initial fait état de deux blessés parmi les personnels de la défense aérienne irakienne, qui sont dans un état très critique », a déclaré Tahseen al-Khafaji, porte-parole du commandement des opérations conjointes.

La coalition internationale a indiqué que trois de ses membres avaient également été blessés.

Les forces irakiennes ont expliqué avoir retrouvé 24 missiles sur un site de lancement proche et avoir arrêté le propriétaire du lopin de terre ainsi que les forces de sécurité d'un poste de contrôle voisin pour les interroger.

Cette attaque de samedi intervient trois jours après qu'une attaque similaire contre cette même base a tué deux militaires américains et une soldate britannique.

Les États-Unis ont répondu à l'attaque de vendredi en lançant des frappes aériennes contre cinq dépôts d'armes autour de Bagdad, dont ils expliquent qu'ils étaient utilisés par la milice pro-iranienne de la Kataib Hezbollah.

Quelque 5200 soldats américains sont basés en Irak dans le cadre de la coalition internationale pour aider les troupes locales à éradiquer les derniers éléments de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS).

Les groupes d'attaque des porte-avions restent dans la région

Vendredi, le Pentagone a indiqué qu'il maintiendrait deux groupes d'attaque de porte-avions dans la région du Golfe après qu'ils eurent mené des frappes en représailles contre des dépôts de la Kataib Hezbollah.

Le général Kenneth McKenzie, commandant de l'US Central Command, a précisé que des groupes navals resteraient sur zone pour une durée prolongée après une série d'attaques contre des positions américaines en Irak par des groupes appuyés par l'Iran, qui ont ravivé les tensions avec Téhéran.

Avec le déploiement de l'USS Dwight D. Eisenhower et de l'USS Harry S. Truman, c'est la première fois depuis 2012 que le Pentagone autorise la présence de porte-avions dans le Golfe.

« Nous avons la flexibilité, la capacité et la volonté de répondre à une quelconque menace », a déclaré McKenzie vendredi.

« Il n'y a aucun problème d'accès, de base et de survol associé à un porte-avions. C'est une composante flottante de la souveraineté des États-Unis », a-t-il ajouté.

McKenzie a déclaré que Téhéran n'avait pas ralenti ses opérations militaires dans la région depuis que les États-Unis avaient tué en janvier le commandant de la Force al-Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique Qassem Soleimani.

Il a toutefois ajouté que sa capacité à diriger des groupes comme la Kataib Hezbollah avait été affaiblie par la perte de Soleimani et l'impact de la pandémie du coronavirus sur la direction iranienne.

« Il leur est plus difficile de prendre des décisions efficaces... Quelqu'un l'a remplacé. Je ne pense pas que quiconque puisse être aussi bon que lui sur le court terme. Nous verrons comment cela fonctionnera sur le long terme », a poursuivi McKenzie.

Les États-Unis ne pensent pas que l'Iran souhaite un conflit direct, préférant agir par le biais de ses intermédiaires pour harceler les forces américaines et promouvoir sa propre idéologie dans la région.

« Nous estimons avoir mis en place une dissuasion d'État à État, dans le cadre de laquelle l'Iran ne cherche pas un échange militaire de grande envergure avec les États-Unis », a continué McKenzie.

Mais il a conclu en indiquant : « Aucun de ses objectifs fondamentaux n'a changé. »

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