Politique

Pour le gouverneur de l'Anbar, sécurité et reconstruction sont prioritaires

Hassan al-Obeidi à Bagdad

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Le gouverneur de l'Anbar Ali Farhan al-Dulaimi, ici dans son bureau, a récemment accordé un entretien exclusif à Diyaruna. [Photo fournie par les services de presse du gouverneur de l'Anbar 

Les principales priorités de la province irakienne la plus occidentale sont en 2020 la poursuite de la reconstruction et de l'amélioration de la sécurité, a expliqué le gouverneur de l'Anbar Ali Farhan al-Dulaimi lors d'un entretien exclusif accordé à Diyaruna.

Les autorités locales de l'Anbar considèrent que la poursuite des derniers éléments de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) et la restauration intégrale de la sécurité de la province sont des sujets de « la plus haute importance », a-t-il indiqué.

Al-Dulaimi a souligné l'importance du travail effectué par les forces de la coalition internationale et les organisations internationales telles que les Nations unies pour aider les habitants de l'Anbar.

Il a également clairement précisé que les jours de l'EIIS dans la province sont révolus, soulignant que la population locale rejette le groupe et qu'il lui sera impossible de faire son retour.

Diyaruna : Est-il possible d'évaluer l'étendue des dégâts résultant de l'occupation de la province par l'EIIS et des travaux de reconstruction et de remise en état qui ont été accomplis à ce jour ?

Ali Farhan al-Dulaimi : Ce n'est un secret pour personne que l'Anbar a été l'une des provinces irakiennes les plus durement frappées et dévastées par le terrorisme en termes de destructions infligées durant son occupation par l'EIIS et durant les opérations militaires menées pour la libérer. Quelque 80 % des infrastructures de la province et des biens de ses habitants ont été endommagés.

Quant aux pertes de vies humaines, elles ont malheureusement été très importantes. L'EIIS a tué de très nombreuses personnes.

Les projets de reconstruction sont en permanence entrepris par les autorités irakiennes et par la communauté internationale, représentée par des organisations comme les Nations unies, en plus des équipes de reconstruction de la coalition internationale dirigée par les États-Unis. Bien qu'elle ne dispose que d'un budget modeste, la province lance également plusieurs projets de reconstruction.

Plusieurs d'entre eux sont aujourd'hui en cours, comme la remise en état de routes et de ponts, dont plusieurs sont terminés. Nous avons également des projets de remise en état d'écoles, d'hôpitaux et de dispensaires médicaux. Grâce à ces initiatives, nous nous efforçons de tourner pour de bon la page de l'EIIS.

Diyaruna : Certains déplacés internes (DI) ne sont pas encore rentrés chez eux. Quelle en est la raison ?

Al-Dulaimi : Le nombre de DI revenus dans la province en 2019 a été très élevé par rapport à d'autres provinces, mais des problèmes en empêché plusieurs d'entre eux de revenir, notamment les destructions de maisons, le manque de services et la présence d'engins explosifs improvisés (EEI) abandonnés par l'EIIS, qui représentent une menace autant pour les habitants qui reviennent que pour les forces de sécurité.

La coalition internationale a fait beaucoup à cet égard en procédant au déminage, en aidant à débarrasser les villes des EEI et en formant les forces irakiennes et les membres de la défense civile, pour développer leurs compétences dans ce domaine spécifique.

Diyaruna : Qu'en est-il de la situation sécuritaire dans l'Anbar en général ?

Al-Dulaimi : Nous lèverons prochainement le couvre-feu à Falloujah et à Ramadi, et supprimerons le système des cartes de sécurité, la « fiche de sécurité », qui était nécessaire pour entrer dans les villes. D'excellentes opérations liées à la sécurité sont effectuées. Mieux encore, les citoyens se portent volontaires pour aider les forces de sécurité et l'armée à signaler les activités suspectes et tout ce qui est lié au terrorisme. C'est probablement le plus important progrès à avoir eu lieu dans l'Anbar.

Quant aux opérations sur le terrain, la police et l'armée forment ensemble une excellente équipe et coopèrent pleinement pour traquer et arrêter les résidus de l'EIIS dans les zones urbaines et rurales et pour trouver et détruire leurs caches d'armes et d'explosifs.

Diyaruna : Certains se plaignent des délais d'indemnisation des habitants qui ont souffert de dégâts causés par l'EIIS ou lors de combats pour chasser le groupe.

Al-Dulaimi : Oui, cela est absolument vrai, mais le nombre de personnes couvertes en vertu de la loi sur les indemnisations est très important, en raison de la criminalité de l'EIIS et des dommages infligés à la province. Cette indemnisation était basée sur la Loi irakienne numéro 20 de 2009, qui n'était pas adaptée à un tel niveau de destruction. Le mois dernier, le parlement a adopté un amendement de cette loi et nous attendons sa mise en œuvre sur le terrain, moment auquel le mécanisme d'indemnisation sera plus rapide et plus adapté pour verser aux citoyens les montants de leur indemnisation adaptés à ce qu'ils ont perdu durant l'occupation de l'EIIS et les opérations de libération.

Diyaruna : Souhaitez-vous ajouter autre chose ?

Al-Dulaimi : L'Anbar regorge aujourd'hui de projets de reconstruction et de remise en état, et les villes de la province s'embellissent chaque année. Nous apprécions les efforts de chacun de ceux qui nous aident, notamment les Nations unies, les organisations et la coalition internationales, à la fois pour la victoire sur l'EIIS et les travaux de remise en état et de reconstruction qui sont aujourd'hui en cours dans l'Anbar.

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