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Terrorisme |

Les femmes de l'EIIS tentent de manipuler les enfants d'al-Hol

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Les conditions sont difficiles pour les enfants du camp syrien d'al-Hol, où certains ont été exploités par les femmes de l'EIIS. [Photo fournie par North Press Agency]

Les femmes de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) détenues dans le camp d'al-Hol, dans la province syrienne d'al-Hasakeh et administré par les kurdes, ont incité les enfants du camp à attaquer les travailleurs humanitaires, a fait savoir un militant local.

Des femmes de l'EIIS ont été prises en train d'ordonner à des enfants de semer le trouble et d'exécuter d'autres ordres, leur donnant également des tâches de surveillance et de courrier, a déclaré à Diyaruna le militant social Ammar Saleh.

Après que les forces de sécurité intérieure kurdes (Asayesh) ont imposé un cordon de sécurité autour des fauteurs de troubles qui avaient commis des actes de violence à l'intérieur du camp, les femmes ont commencé à ordonner aux enfants de semer le trouble, a-t-il rapporté.

Elles ont incité les enfants à jeter des pierres sur les voitures des travailleurs humanitaires qui se rendent dans le camp pour apporter des services médicaux et autres aux habitants du camp, et sur les travailleurs humanitaires eux-mêmes, a-t-il indiqué.

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Un groupe de filles traverse une zone du camp de déplacés d'al-Hol où résident des dizaines de femmes et d'enfants de l'EIIS. [Photo fournie par North Press Agency]

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Les restes carbonisés de la tente d'une Ouzbèke dans le camp d'al-Hol. La tente de cette femme aurait été incendiée parce qu'elle refusait d'obéir aux ordres de l'unité de la hesba formée par des femmes de l'EIIS. [Photo fournie par le Furat Post]

Les Asayesh surveillaient de près les femmes de l'EIIS soupçonnés d'avoir commis des violences dans ce camp surpeuplé du désert, et ont confirmé qu'elles essayaient d'exploiter les enfants du camp, a déclaré Saleh.

« Ces femmes ont fait l'objet d'une enquête en rapport avec la perpétuation de l'idéologie de l'EIIS et leur implication dans des passages à tabac, des meurtres et des incendies de tentes, après qu'elles eurent mis en place une unité de la hesba ('police religieuse') dans le camp », a-t-il rapporté.

En plus de tenter d'inciter les enfants à commettre des méfaits, a-t-il poursuivi, les femmes leur demandent également d'envoyer des messages entre elles pour éviter d'être détectées, et leur donnent des tâches comme la surveillance et la diffusion de nouvelles sur les activités du camp.

Séparation et rapatriement des enfants

Au début du mois, l'administration autonome du camp a remis 35 orphelins russes liés à l'EIIS à une délégation à Qamishli pour qu'il soient rapatriés, a rapporté l'AFP.

Fin janvier, les autorités kurdes ont déclaré avoir transféré 21 orphelins d'al-Hol vers la colonie kurde de Roj, également située dans le nord-est de la Syrie, dont deux enfants français qui devaient être rapatriés.

Ces enfants, dont certains venaient de France, d'Égypte et du Daghestan, ne représentaient qu'une petite partie des 224 orphelins vivant dans le camp d'al-Hol.

Jaber Moustafa, un responsable d'al-Hol, n'a pas dit pourquoi seuls 21 orphelins étaient transférés, mais a fait valoir que Roj est mieux équipé pour accueillir des orphelins.

« Les centres de garde d'enfants à al-Hol manquent de nombreux services de base », notamment de spécialistes et d'éducateurs formés, a-t-il expliqué.

En janvier, les enquêteurs de l'ONU ont demandé qu'au moins les enfants soient rapatriés, car leur absence de papiers les met dans une situation « particulièrement précaire ».

Le même mois, Dalal Ismail, porte-parole du Croissant-Rouge kurde, a indiqué à l'AFP que 371 enfants faisaient partie des 517 personnes décédées à al-Hol en 2019.

La malnutrition, les mauvais soins de santé pour les nouveau-nés et l'hypothermie figurent parmi les principales causes de décès chez les enfants, a-t-il déclaré.

Saleh a déclaré à Diyaruna que l'administration autonome continuait à travailler pour renvoyer d'autres orphelins dans leur pays d'origine.

Des travaux sont également en cours pour séparer d'autres groupes d'enfants des habitants radicaux du camp afin de les protéger contre l'idéologie extrémiste que certaines femmes continuent d'essayer de leur inculquer, a-t-il ajouté.

Il a souligné que les enfants qui ont attaqué les travailleurs humanitaires dans le camp l'ont fait « après qu'on leur a fait croire qu'ils étaient des infidèles et des apostats et qu'ils devaient être combattus ».

« En réalité, bien sûr, ces travailleurs humanitaires essaient d'aider les habitants du camp dans un contexte de grave pénurie d'aide », a-t-il conclu.

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