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Des milices affiliées à l'Iran font le commerce d'armes abandonnées par l'EIIS

Hassan al-Obeidi à Bagdad

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Un hélicoptère survole la zone tandis que les forces irakiennes mettent à jour une cache d'armes dans le district de Hatra, au sud de Mossoul, en octobre 2019. [Photo fournie par le commandement des opérations dans Ninive]

L'armée irakienne a récemment démantelé un réseau criminel dans l'Anbar qui achetait des armes et des explosifs volés et les revendait sur le marché noir, a indiqué un haut responsable militaire irakien.

L'armée a arrêté neuf membres de ce réseau dans la région d'al-Qaim, le 30 janvier, a précisé un haut commandant des opérations dans al-Jazeera et al-Badiya à Diyaruna, demandant à conserver l'anonymat.

Les membres de ce réseau ont reconnu avoir acheté ces armes auprès de milices pro-iraniennes qui avaient pillé des caches d'armes abandonnées par « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) dans les villes libérées par les forces irakiennes, a poursuivi cet officier militaire.

« Une grande quantité d'armes légères et de moyen calibre de fabrication russe, ainsi que des bombes, des explosifs et des mortiers, ont été retrouvés en possession de ce réseau dans la région d'al-Qaim, dans l'ouest de l'Anbar », a-t-il continué.

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Les forces irakiennes fouillent le district de Hatra, au sud de Mossoul, en octobre 2019 à la recherche d'armes abandonnées par l'EIIS. [Photo fournie par le commandement des opérations dans Ninive]

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Les forces irakiennes présentent le contenu d'une cache d'armes abandonnée par l'EIIS et mise à jour dans le désert de Hatra en octobre 2019. [Photo fournie par le commandement des opérations dans Ninive]

Les membres de ce réseau ont affirmé que leur rôle se limitait à vendre ces armes après les avoir achetées auprès de groupes liés aux milices appuyées par l'Iran, comme le Kataib Hezbollah, Harakat al-Nujaba, Asaib Ahl al-Haq et Sayed al-Shuhada, a-t-il précisé.

Une enquête est en cours pour découvrir qui vendait ces armes au réseau, afin de pouvoir procéder aux arrestations et traduire les auteurs en justice, a poursuivi cet officier.

« Les membres de ces milices ne veulent pas de la stabilité, parce que la stabilité en Irak signifierait qu'ils n'auraient plus d'excuse pour porter des armes ou opérer au sein des milices pour servir les intérêts d'autres pays », a-t-il souligné.

Le commerce des armes pillées dans les zones libérées de l'EIIS a augmenté après que les États-Unis eurent imposé des sanctions à l'Iran, a-t-il poursuivi, car ces sanctions ont entraîné une forte baisse du soutien iranien aux milices opérant en Irak.

Cela les a contraints à se livrer à de sinistres activités pour se financer, a-t-il ajouté.

Destruction des caches d'armes

Ces trois dernières semaines, l'armée iranienne a saisi des armes et des explosifs abandonnés par l'EIIS près de Mossoul, de Tal Afar, d'al-Baaj et dans d'autres secteurs des Plaines de Ninive, a expliqué le major général Numan Abdoul al-Zubai, commandant des opérations dans Ninive.

« Nous avons récupéré plus de 1 500 kilos de divers types d'explosifs et de munitions, ainsi que des dizaines de lanceurs de grenades (RPG) », a-t-il expliqué à Diyaruna.

L'armée a également mis la main sur des centaines d'armes légères et de petit calibre, ainsi que sur deux plateformes de lancement de missiles, a-t-il indiqué.

Si ces armes étaient restées cachées, les membres opérationnels de l'EIIS ou d'autres groupes terroristes engagés dans le commerce des armes auraient pu les subtiliser et s'en servir pour menacer la stabilité du pays, a ajouté al-Zubai.

Les forces irakiennes « poursuivent leurs opérations pour mettre à jour ces caches d'armes, les détruire sur place ou les transférer ailleurs pour les éliminer en toute sécurité et s'assurer qu'elles ne constituent plus une menace », a-t-il continué.

Plusieurs milices pro-iraniennes sont impliquées dans la fourniture sur le marché noir d'armes qu'elles ont retiré de caches souterraines abandonnées par l'EIIS, a expliqué le politologue Ahmed al-Hamdani.

Les acheteurs sont en général des gangs criminels impliqués dans les assassinats ou le vol à main armée, ou des tribus vivant dans des zones reculées prises dans des conflits avec d'autres tribus, a-t-il précisé.

Certaines armes obtenues illégalement entrent clandestinement en Syrie grâce à des milices liées à la Force al-Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique (FQ-CGRI) et sont vendues à divers groupes armés, a-t-il ajouté.

« En Irak, nous ne devons pas exclure la possibilité que des éléments de l'EIIS pourraient [à nouveau] les acheter », a-t-il indiqué, soulignant toutefois en conclusion que les forces irakiennes réalisent de bonnes avancées dans l'élimination des réseaux engagés dans le commerce illégal des armes.

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