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Selon un économiste, le régime est responsable de l'effondrement de la livre syrienne

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Des Syriens sur un marché alimentaire. Les acheteurs doivent maintenant faire face à des prix plus élevés en raison de la dévaluation de la livre syrienne. [Photo fournie par Syrian News Agency]

Selon un économiste syrien, le régime de Damas est directement responsable de l'effondrement de la livre face aux devises étrangères, et de la hausse du prix des biens de consommation qui s'en est suivie.

Le prix des denrées alimentaires a grimpé en flèche avec la dévaluation de la livre, laissant de nombreuses familles affamées, a déclaré l'économiste Mahmoud Moustafa à Diyaruna.

L'effondrement du taux de change a été le résultat direct des « mauvaises décisions politiques et économiques » du régime, a-t-il déclaré, notant que « aucune mesure n'a été prise pour éviter la catastrophe ».

« Le peuple syrien paie maintenant le prix de sa négligence, en étant confronté à des prix qui ont atteint des niveaux records et qui ont mis de nombreux articles de base hors de sa portée », a poursuivi Moustafa.

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Certains économistes reprochent à la Banque centrale de Syrie son rôle dans le déclenchement de la crise monétaire. [Photo fournie par Syrian News Agency]

De nombreuses raisons expliquent la crise économique, a-t-il déclaré, y compris le fait que la guerre a vidé les caisses syriennes, et que la plupart des secteurs de production sont contrôlés par des parents du président Bashar el-Assad et des personnes qui lui sont proches.

La plus grande erreur du régime a été d'imprimer une grande quantité de monnaie syrienne et de la mettre en circulation sur les marchés, a-t-il indiqué, ce qui a entraîné une inflation accrue et l'effondrement de la livre, parce que la plupart des secteurs de production sont au point mort.

Mesures inefficaces du régime

La crise a été causée par la Banque centrale de Syrie, qui a fixé le prix du dollar américain à 435 livres syriennes, tout en annonçant un prix préférentiel de 700 livres, a déclaré Moustafa.

Cela a été perçu comme un aveu de l'effondrement de la livre et a poussé les Syriens à se tourner vers le marché noir, a-t-il déclaré.

La plupart des gens évitent de transférer de l'argent par les moyens officiels, car le dollar s'est rapproché du seuil des 1200 livres sur le marché noir, a-t-il rapporté.

Moustafa a indiqué que les mesures prises par le régime syrien pour faire face à la crise monétaire ne réduiront pas le taux de change et n'atténueront pas la hausse des prix.

Un récent décret présidentiel a augmenté la pénalité pour les transactions en devises étrangères, et le gouvernement a fermé quatorze sociétés de change pour quatre mois au motif qu'elles ne soutenaient pas la livre, a-t-il déclaré.

De plus, a-t-il ajouté, de nouvelles lois ont été adoptées pour imposer des amendes et des peines de prison à quiconque fait la promotion des prix du marché noir.

Moustafa a noté que la politique du régime est la raison principale de l'effondrement de la livre et de la flambée des prix, tout comme elle a été la cause première de l'imposition des sanctions.

Les subventions sont insuffisantes

Alors que la valeur de la livre s'effondrait, le régime syrien a commencé en février à rationner les aliments subventionnés, comme le riz et le sucre, avec des cartes à puce, a rapporté l'AFP.

Des milliers de familles syriennes ont reçu des cartes pour suivre et limiter leurs achats de nourriture subventionnée, a fait savoir le ministère du Commerce intérieur et de la Protection des consommateurs.

Avec ce nouveau système, même les familles les plus nombreuses ne peuvent pas bénéficier plus de trois kilos de riz, quatre kilos de sucre et un kilo de thé par mois. Les familles plus petites ont droit à encore moins en fonction de leur taille.

Les subventions sont essentielles pour les Syriens vivant dans les zones contrôlées par le régime.

Mais Ibrahim Saad, âgé de 51 ans, s'est demandé comment il devait nourrir sa famille avec le dernier rationnement.

« Le riz ne suffit pas pour une famille de cinq ou six personnes », a déclaré ce père de trois enfants, qui gagne un maigre salaire en travaillant dans une épicerie. « Avant la guerre, on pouvait tout acheter. »

Mais maintenant, lui et sa femme doivent contrôler tous les mois la nourriture et le carburant subventionnés qu'ils sont autorisés à acheter afin de les faire durer.

L'année dernière, le régime avait imposé des limites à l'essence subventionnée pour les voitures et les motos, ainsi qu'au mazout et au gaz de cuisine, paralysant ainsi de nombreux secteurs de l'économie et déclenchant une crise du carburant.

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