Société

Réouverture de prisons élargies et modernisées en Irak

Khalid al-Taie

image

Des responsables irakiens supervisent les travaux de réhabilitation de la prison centrale de Bagdad, le 11 décembre. [Photo fournie par le ministère de la Justice]

Le gouvernement irakien apporte la dernière touche à un plan destiné à élargir et rénover plusieurs prisons d'État, et devrait rouvrir ces centres correctionnels dans un avenir proche, a indiqué un responsable gouvernemental.

Cette mesure devrait contribuer à résoudre la surpopulation qui s'est aggravée ces dernières années par suite de la fermeture de plusieurs grands établissements pénitentiaires et d'un fort afflux de détenus de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS).

Les travaux de reconstruction sont sur le point de s'achever à la prison centrale de Bagdad (anciennement appelée Abou Ghraib), et le centre devrait rouvrir prochainement, a indiqué à Diyaruna Thaer al-Jubury, porte-parole du ministère de la Justice.

Cette prison, construite dans les années 1950, avait été fermée il y a cinq ans pour rénovation, a-t-il précisé.

image

Des responsables irakiens visitent un atelier de couture où de jeunes détenus reçoivent une formation, le 19 septembre. [Photo fournie par le ministère de la Justice]

Les travaux d'extension de la prison al-Taji dans le nord de Bagdad et de la prison centrale de Babil ont été achevés, a poursuivi al-Jubury.

Leur réouverture aidera à « mettre fin à la surpopulation entre les détenus venus de plusieurs centres correctionnels », a-t-il ajouté.

Le ministère de la Justice est chargé d'administrer 29 prisons dans tout le pays, a-t-il précisé, soulignant que la fermeture de vastes prisons qui sont en cours de rénovation avait « accentué les pressions sur d'autres prisons ».

La prison de Badush, dans la région de Mossoul, est hors service depuis qu'elle a été détruite par l'EIIS lorsque le groupe s'était emparé de la ville à la mi-2014, a précisé al-Jubury.

Cette fermeture a contribué à surpeupler d'autres installations, a-t-il indiqué.

L'incursion de l'EIIS a également eu pour effet de surpeupler les prisons « après les multiples arrestations de terroristes qui ont par la suite été jugés, condamnés puis emprisonnés dans les centres administrés par le ministère de la Justice », a-t-il ajouté.

Objectif : la réhabilitation

« Nos prisons sont avant tout des installations correctionnelles dont le but est de réformer et de réinsérer les prisonniers », a indiqué al-Jubury. « Nous cherchons à donner à nos détenus un accès à leurs droits à l'éducation continue et à passer leurs examens depuis leur prison. »

« Nous avons également organisé des cours de réinsertion pour les détenus, notamment une formation professionnelle pour ceux qui souhaitent poursuivre une carrière après avoir purgé leur peine », a-t-il continué. « Nous pouvons ainsi les aider à reconstruire leur vie et devenir des membres productifs de la société. »

Un dispensaire installé dans chaque prison veille à ce que les détenus reçoivent les soins dont ils ont besoin, a-t-il précisé, et les détenus sont autorisés à recevoir des visites régulières de leurs familles.

Ces prisons sont prêtes à ouvrir leurs portes aux équipes d'inspecteurs du Comité international de la Croix rouge (CICR) et aux groupes des droits de l'homme pour qu'ils s'assurent qu'elles respectent bien les normes nationales et internationales, a-t-il ajouté.

Des équipes de la Haute Commission irakienne pour les droits de l'homme mènent des visites régulières dans les prisons, a expliqué le commissaire Anas al-Azzawi à Diyaruna.

« Le principal problème, c'est la surpopulation », a-t-il rappelé, précisant par exemple que la prison al-Hut d'al-Nasiriyah avait été conçue pour accueillir 250 prisonniers, mais qu'elle en héberge désormais beaucoup plus.

« Cette surpopulation finit pas affecter les services fournis aux détenus et leurs conditions de détention », a-t-il poursuivi.

Étendre les grandes installations

Le ministère de la Justice étend un certain nombre de prisons, notamment la prison centrale de Bagdad, qui pourra désormais accueillir près de 5000 détenus, et la prison de Chamchamal à Sulaimaniya, qui peut en accueillir plus de 3000.

La prison d'al-Hilla dans la province de Babil, au sud de Bagdad, peut héberger près de 2000 détenus, a indiqué al-Azzawi.

« Si toutes les prisons fermées sont rouvertes et celles qui sont en service sont modernisées, cela contribuera à réduire la surpopulation », a-t-il ajouté.

« Toutefois, il sera encore nécessaire de construire de nouveaux établissements, notamment du fait que les statistiques officielles font état de près de 37 000 individus incarcérés en Irak », a-t-il souligné.

L'avocat Tariq Harb a souligné l'importance qu'il y a à réhabiliter, améliorer et étendre les établissements de correction dans tout l'Irak pour suivre le rythme de l'accroissement de la population du pays.

En Irak, la plupart des prisons « ont été construites il y a des années », a-t-il précisé à Diyaruna, et se composaient d'installations basiques offrant des services rudimentaires aux détenus.

« Il est essentiel d'augmenter leur capacité et de les améliorer afin de créer un environnement propice à la réinsertion des détenus », a-t-il ajouté.

Le gouvernement s'engage à assurer que les droits des détenus sont respectés et à ce qu'ils reçoivent les soins dont ils ont besoin, conformément aux normes internationales, a-t-il conclu.

Aimez-vous cet article?
3
2 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire * INDIQUE CHAMP NÉCESSAIRE 1500 caractères restants (1500 MAX)

Les pays sont fiers de fournir des services et de développer la science tandis que nous sommes fiers de développer les prisons.

Répondre

Que Dieu donne la victoire contre les injustes! Oh mon Dieu! Il n'y a de force ou de pouvoir qu'en Dieu! Je prie pour la victoire de la résistance islamique, par le droit à la religion et au Coran!

Répondre