Réfugiés

L'offensive sur Idlib déclenche un déplacement massif

Waleed Abou al-Khair au Caire et AFP

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Ce minibus civil a été atteint par un tir de l'artillerie du régime syrien qui a tué neuf passagers. [Photo fournie par la Défense civile syrienne]

Une offensive du régime syrien épaulé par la Russie centrée sur la province nord-est d'Idlib a provoqué l'une des plus importantes vagues de déplacement du conflit.

Des semaines d'intenses frappes aériennes et une offensive terrestre retentissante ont vidé des localités entières d'Idlib et envoyé de grands nombres de personnes sur les routes, fuyant vers le nord en direction de la frontière turque.

« Depuis le 1er décembre, quelque 520 000 personnes ont été déplacées de chez elles, dans leur grande majorité, 80 %, des femmes et des enfants », a rapporté mardi 4 février David Swanson, porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) des Nations unies.

Cet exode coïncide avec un hiver particulièrement froid.

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Des civils tentent d'éteindre un incendie provoqué par une frappe aérienne. [Photo fournie par le Centre de presse d'Idlib]

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Deux membres de Tahrir al-Sham posent pour un selfie avec un char T90 de fabrication russe appartenant au régime syrien capturé lors des combats dans la campagne d'Alep. [Photo fournie par l'association Syrian Reporter]

« Ce récent déplacement vient aggraver une situation humanitaire déjà difficile sur le terrain, après que plus de 400 000 personnes ont été déplacées entre fin avril et fin août, dont certaines plusieurs fois », a ajouté Swanson.

Il a poursuivi en indiquant que les Nations unies s'inquiétaient du sort de plus de trois millions de personnes, dont la moitié étant des déplacés, qui vivent dans la province d'Idlib et dans les régions environnantes.

Ces dernières semaines, le régime syrien et ses alliés ont repris des dizaines de villages et quelques localités importantes, notamment Maaret al-Numan, dans la région, qui est en grande partie contrôlée par l'alliance extrémiste Tahrir al-Sham, et ils avancent vers le nord.

La Turquie, qui accueille déjà des millions de réfugiés syriens, souhaite empêcher un nouvel afflux de masse.

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a exhorté samedi l'ensemble des belligérants à mettre un terme à la violence et à laisser le nécessaire effort humanitaire se mettre en place.

Lundi, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait part de son inquiétude de voir la situation dans la région être propice à l'apparition de maladies.

« Le manque d'accès et de médicaments, des conditions d'hygiène insuffisantes, le chaos et les déplacements de masse représentent un risque important d'apparition de maladies telles que la rougeole, la diarrhée et d'autres infections », a expliqué le directeur de l'urgence régionale de l'OMS Rick Brennan.

Pertes civiles

Des dizaines de civils ont été tués ou blessés alors qu'ils fuyaient la campagne d'Alep et d'Idlib sous d'intenses frappes aériennes et de lourds bombardements, a expliqué un activiste local à Diyaruna.

Lundi, les forces du régime ont dirigé leur feu d'artillerie contre un minibus dans la région de Jamiyat al-Rahal, dans la campagne d'Alep, tuant les neuf membres d'une même famille, trois femmes, quatre enfants et deux hommes, a indiqué l'activiste Haisam al-Idlibi.

Ce même jour à l'aube, des appareils russes ont visé un groupe de maisons civiles près de la localité d'Arnaz, tuant un enfant, blessant plusieurs autres civils et incendiant des arbres et des tracteurs agricoles, a-t-il ajouté.

La localité d'Urm al-Kubra a également été visée par des frappes aériennes syriennes qui ont tué deux civils et en ont blessé au moins dix autres, a poursuivi al-Idlibi.

Les pertes civiles et la reprise de lourdes frappes aériennes interviennent dans un contexte de féroces combats à l'ouest de la ville d'Alep, dans la région de Jamiyat al-Zahraa, a-t-il précisé, entre les groupes armés présents dans la région et le régime syrien et ses alliés.

Les deux parties s'affrontent maintenant pour les régions d'al-Rashidin 5, al-Klariyah, al-Rashidin 4, Hursh al-Sahafiyin, al-Buhouth al-Ilmiyah (centre de recherches militaires), Shweihna et Buyut Muhanna, a indiqué al-Idlibi.

Un grand nombre de pertes a été enregistré des deux côtés, a-t-il indiqué à Diyaruna, avec au moins 50 tués et des dizaines de blessés.

Aggravant encore les tensions dans la région, les armées turque et syrienne ont connu lundi leurs affrontements les plus meurtriers depuis qu'Ankara a envoyé des troupes en Syrie en 2016.

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