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Terrorisme |

Sans Soleimani, les milices soutenues par le CGRI en Syrie s'essoufflent

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Qassem Soleimani, le commandant de la Force Qods du CGRI qui a été tué dans un raid aérien américain à Bagdad le 3 janvier, pris en photo en 2017 près de la ville syrienne d'Albou Kamal. [Photo fournie par la page Facebook de Syria Call]

Les milices soutenues par l'Iran qui opèrent en Syrie ont reçu un sévère revers psychologique avec la perte du général Qassem Soleimani, commandant de la Force Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique (FQ-CGRI), font savoir des experts en affaires iraniennes.

En tant que chef de la Force Qods, qui supervise les opérations extérieures du CGRI, Soleimani était directement responsable de ces milices, ont-ils expliqué à Diyaruna, et sans sa supervision leur influence et leur efficacité vont sans acun doute décliner.

Le facteur psychologique fait partie de cette équation, car Soleimani a longtemps été vanté dans les médias iraniens pour ses prouesses politiques et militaires, et pourtant il a été éliminé très facilement, ont-ils déclaré.

Sa mort aura un impact important sur les opérations des milices soutenues par l'Iran en Syrie.

Les efforts de la machine médiatique iranienne pour encenser Soleimani et le dépeindre comme un héros se sont retournés contre elle, a affirmé le chercheur en affaires iraniennes Fathi al-Sayed.

Sa mort a considérablement touché le moral des miliciens iraniens en Syrie, a-t-il déclaré, « car si l'homme à la tête de leurs organisations a été tué, quel sort les attend ? »

Impact psychologique

Soleimani était extrêmement investi dans son image médiatique, a noté al-Sayed.

« Après être resté caché pendant une longue période, il a multiplié ses apparitions dans les médias dans les zones de combat en Syrie et a fait prendre de nombreuses photos et vidéos de lui avec des éléments de la milice soutenue par le CGRI dans ce pays», a-t-il rapporté.

A sa mort, « l'immense aura dont il s'entourait a éclaté », a-t-il déclaré, soulignant que cela se répercutera négativement sur l'image forte que ces milices ont cherché à projeter et nuira à leur efficacité en Syrie.

Même si Esmail Qaani a été rapidement nommé comme nouveau commandant de la FQ-CGRI, les milices soutenues par l'Iran en Syrie seront gravement affaiblies, car Soleimani les supervisaient directement, a déclaré le spécialiste des groupes terroristes Yahya Mohammed Ali.

Suleimani supervisait personnellement les milices syriennes, irakiennes, pakistanaises et afghanes en Syrie, a-t-il expliqué à Diyaruna, notant que son élimination « sèmera la peur dans le cœur des membres de ces milices ».

« Cela leur fait prendre conscience qu'ils peuvent être pris pour cible et tués à tout moment », a déclaré Ali.

Bien que Soleimani était subordonné aux responsables de Téhéran, « en dehors de l'Iran il agissait avec une autorité absolue », a indiqué le chercheur en affaires iraniennes Sheyar Turko à Diyaruna.

Sa mort réduira le prestige des milices soutenues par l'Iran opérant en Syrie et les affaiblira, a-t-il affirmé, ajoutant que cela aura aussi un impact sur leurs efforts de recrutement et de rétention.

Les Syriens expriment leur soulagement

« Nous remercions Dieu pour son assassinat », a déclaré Ismail al-Asali à l'AFP le 10 janvier.

Al-Asali a survécu à une violente attaque en novembre contre le camp de déplacés de Qah, dans le nord de la Syrie, menée par des forces soutenues par l'Iran et stationnées à Jabal Azzan, dans la campagne d'Alep.

Cette frappe a tué la femme, le frère et le neveu d'al-Asali, a-t-il rapporté, et son fils d'un an y a perdu une jambe. Al-Asali a lui-même été blessé.

« Pas un seul massacre n'a eu lieu en Syrie sans que [Soleimani] ne s'associe au régime et à la Russie pour tuer le peuple syrien », a affirmé al-Asali.

L'opposition syrienne et les habitants déplacés d'Alep accusent l'ancien commandant de la FQ-CGRI d'avoir orchestré une opération brutale ayant entraîné la mort de centaines de personnes et déplacé des milliers d'habitants de la ville d'Alep.

« Soleimani a été l'élément le plus influent de cette campagne », a déclaré Abou Ahmed, natif d'Alep déplacé. « Avant son arrivée, nous avions réussi à maintenir nos défenses pendant cinq ans ».

« Je suis heureux de l'assassinat de ce criminel qui était à l'origine du déplacement de milliers de personnes », a-t-il ajouté.

Alors que la bataille pour Alep touchait à sa fin en 2016, des photos de Soleimani marchant dans les rues de la ville ont été diffusées sur les réseaux sociaux, un geste qui selon Abou Ahmed était encore plus insultant.

« Il ne lui suffisait pas de tuer des gens, il devait aussi marcher sur notre sang et nos blessures », a-t-il déclaré à l'AFP.

« La mort de Soleimani est une victoire sur l'injustice », a-t-il affirmé. « Chaque tyran devrait subir le même sort. »

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