https://diyaruna.com/fr/articles/cnmi_di/features/2020/01/16/feature-03

×
×
Droits de l'Homme |

Des dizaines de personnes tuées alors que Damas poursuit l'offensive d'Idlib

AFP

image

Un garçon syrien pleure alors qu'il est évacué à la suite d'une frappe aérienne du régime sur Ariha dans le dernier grand bastion de l'opposition syrienne d'Idlib, le 15 janvier. [Omar Haj Kadour / AFP]

Des dizaines de combattants et de civils ont été tués dans la province syrienne d'Idlib alors que le gouvernement menait une offensive meurtrière jeudi 16 janvier contre une ville clé du dernier bastion d'opposition du pays.

Les dernières violences, qui ont fait suite à des frappes aériennes qui ont tué 18 civils mercredi, ont enterré un accord de cessez-le-feu annoncé par la Russie et le l'opposition soutenue par la Turquiequi n'a jamais vraiment pris racine.

"Des affrontements ont éclaté mercredi vers minuit au sud de la ville de Maaret al-Numan, ainsi que de lourds bombardements malgré la trêve russo-turque", a indiqué Rami Abdel Rahman, chef de l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Au moins 22 combattants anti-gouvernementaux ont été tués, la plupart d'entre eux membres de l'alliance extrémiste Tahrir al-Sham.

Dix-sept troupes gouvernementales et milices alliées ont également été tuées lors des combats, a déclaré l'Observatoire.

Abdel Rahman a ajouté que les forces gouvernementales n'étaient plus qu'à sept kilomètres de Maaret al-Numan, une ville qui était l'un des bastions du soulèvement contre le gouvernement du président Bashar al-Assad.

Près de neuf ans après le début du conflit, des manifestations contre le gouvernement se tiennent toujours dans certaines villes de la province.

Mercredi, dans la ville d'Idlib, 18 civils ont été tués et plusieurs autres blessés lors de frappes aériennes russes et syriennes, a noté l'Observatoire.

Les frappes ont fait exploser plusieurs bâtiments dans une zone industrielle en morceaux et englouti plusieurs véhicules, laissant des cadavres incendiés d'automobilistes coincés à l'intérieur.

'Nulle part où aller'

Mustafa, qui dirige un atelier de réparation dans la région, a eu la chance de s'en sortir vivant. Il venait de quitter le magasin pour aller chercher des pièces détachées.

Il a annoncé à l'AFP qu'il était revenu pour trouver le magasin détruit et ses quatre employés coincés sous les décombres. Il n'était pas immédiatement clair s'ils avaient survécu.

"Ce n'est pas le quartier que j'ai quitté il y a deux minutes!", a déclaré Mustafa, des larmes coulant sur son visage.

Le cessez-le-feu annoncé dimanche par l'armée russe rejoint une longue liste d'initiatives de courte durée ou mort-nées pour lutter contre la violence en Syrie.

"Nous vivons ici sans savoir s'il y a vraiment une trêve ou si c'est juste dans les médias. Sur le terrain, il n'y a pas de trêve. Les gens ont peur, les marchés sont vides", a déclaré Sari Bitar, un ingénieur de 32 ans vivant dans la ville d'Idlib.

"Comme tout le monde, je ne peux pas rester dans une zone où le régime, les forces russes et les milices iraniennes avanceront", a-t-il dit.

"Le seul problème est qu'il n'y a nulle part où aller", a déclaré Bitar. "La Syrie est désormais limitée à cette zone géographique qui se réduit de jour en jour ".

La province d'Idlib est une impasse pour les personnes déplacées d'autres parties du pays autrefois tenues par l'opposition que les forces gouvernementales ont repris.

Idlib a subi un bombardement croissant ces dernières semaines, déplaçant des dizaines de milliers de personnes dans la province du nord-ouest, qui en abrite environ trois millions.

L'agence de coordination humanitaire des Nations Unies, OCHA, a déclaré que depuis le 1er décembre seulement, près de 350 000 personnes avaient fui leurs maisons, se dirigeant principalement vers le nord depuis le sud d'Idlib, qui a subi le plus gros des frappes aériennes.

Aimez-vous cet article?
0
NON
0 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire