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Terrorisme |

Des femmes de l'EIIS accusées d'incendie criminel d'Al-Hol et de meurtres

Par Waleed Abou al-Khair au Caire

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Les femmes portent le niqab à l'intérieur du camp d'al-Hol dans la province syrienne d'al-Hassakah. [Photo de l'Euphrate Post]

Des femmes extrémistes de "l'État islamique en Irak et en Syrie" (EIIS) détenues dans le camp d'Al-Hol dans la province d'Al-Hassakah en Syrie sont responsables d'une récente vague d'incendies criminels et de meurtres, a déclaré un militant local.

Des habitants du camp ont été agressés pour avoir refusé d'obéir aux ordres de la hesba ("police religieuse"), un groupe de vigiles autoproclamé qui tente d'imposer par la force les règles et l'idéologie de l'EIIS, a indiqué à Diyaruna le militant Ammar Saleh.

De nombreux résidents du camp rejettent cette idéologie, a-t-il dit, mais subissent néanmoins la pression des femmes de la hesbapour qu'elles respectent la dure doctrine du groupe.

Deux enfants sont morts et leur mère a été blessée mercredi 15 janvier lorsqu'un incendie qui aurait été provoqué par des femmes intransigeantes de leur famille a éclaté dans une tente du camp, a déclaré l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

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Cette femme a été brûlée lorsque des femmes de l'EIIS ont mis le feu à sa tente dans le camp d'Al-Hol. [Photo de l'Euphrate Post]

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Des enfants inspectent les restes de leur tente dans le camp d'al-Hol après qu'elle a été incendiée par des femmes de l'EIIS. [Photo de l'Euphrate Post]

Un jour plus tôt, le corps d'une femme tuée par des femmes extrémistes a été retrouvé dans le camp, a fait savoir l'Observatoire.

La victime aurait refusé d'adhérer à l'idéologie de l'EIIS.

Le 8 janvier, les forces d'Asayesh ont trouvé le corps d'une réfugiée irakienne tuée avec un marteau et un instrument tranchant par des femmes extrémistes, prétendument pour avoir rejeté l'idéologie du groupe, a déclaré l'Observatoire.

De tels incidents sont devenus monnaie courante, a-t-il ajouté.

La tension a mijoté à al-Hol après le dernier incendie criminel, qui a vu un groupe de femmes voilées brûler un certain nombre de tentes appartenant à des familles qui refusent de se conformer aux ordres de la hesba, a signalé Saleh.

Les incendies qu’elles ont provoqués ont détruit un certain nombre de tentes, a-t-il dit, et plusieurs femmes ont été brûlées, dont certaines gravement.

La femme retrouvée morte le 8 janvier "a été sévèrement battue, torturée et poignardée", a-t-il expliqué.

Elle aurait eu des altercations verbales avec les femmes de la hesba à plusieurs reprises, a-t-il dit.

Enquêtes sur les incidents

Les forces de sécurité affiliées à Asayesh dans le camp enquêtent sur ces incidents et ont commencé à interroger un grand nombre de résidents du camp pour déterminer qui était derrière eux, a déclaré Saleh.

Cela ne sera toutefois pas facile, car les femmes qui ont proféré les menaces et incendié les tentes portaient des niqabs et leur visage était caché, a-t-il dit.

L'enquête devrait prendre un certain temps, a-t-il ajouté.

Saleh a noté que la plupart des résidents du camp rejettent l'idéologie et les actions des femmes de l'EIIS, ce qui a à son tour déclenché une augmentation du nombre d'incidents dans le camp, en particulier ceux impliquant des attaques et des menaces.

L'administration autonome de la région a récemment libéré un grand nombre de familles originaires de la région en général - les provinces de Deir Ezzor et Raqqa - après s'être assuré qu'elles avaient abandonné l'idéologie du groupe, a-t-il déclaré.

Des garanties tribales ont été données pour que ces familles ne s'associent plus jamais avec des extrémistes ou ne leur fournissent aucune assistance.

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