Sécurité

Malaise à Deir Ezzor après l'exécution de civils

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Les habitants de Deir Ezzor tiennent une banderole dénonçant la présence iranienne et la collaboration locale avec les Iraniens. [Photo fournie par Deirezzor 24]

Un sentiment de malaise s'est répandu parmi les habitants de la campagne de Deir Ezzor, dans les régions à l'ouest de l'Euphrate, suite à une récente vague d'enlèvements et de meurtres et un climat croissant d'anarchie.

Cette région principalement agraire contrôlée par le régime syrien et ses alliés est dominée par des milices fidèles au Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien, a fait savoir à Diyaruna le militant de Deir Ezzor Jamil al-Abed.

La violence et l'instabilité récentes dans la région ont eu des répercussions négatives sur les moyens de subsistance des cultivateurs et des personnes travaillant avec le bétail, dont les éleveurs et les bergers, a-t-il ajouté.

Les agriculteurs des zones contrôlées par les milices Fatemiyoun et Harakat al-Nujaba fidèles au CGRI n'ont pas planté de céréales d'hiver, a-t-il indiqué.

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Un camp de la brigade Fatemiyoun, affiliée au CGRI, dans la campagne de Deir Ezzor. [Photo fournie par Syria Al-Hadath]

De même, ceux qui s'occupent de bétail se sont tenus à l'écart des zones de pâturage traditionnelles par crainte d'être kidnappés ou tués, a rapporté al-Abed.

La tension règne dans les zones contrôlées par les milices affiliées au CGRI avec l'état d'anarchie qui a conduit récemment à l'enlèvement et au meurtre d'un grand nombre de civils, a-t-il poursuivi.

Civils exécutés dans les zones rurales

L'Observatoire syrien des droits de l'homme a rapporté mardi 14 janvier que sept civils avaient été exécutés alors qu'ils faisaient paître leur bétail dans le désert près d'Ayyash, à l'ouest de la ville de Deir Ezzor.

Bien que l'identité des coupables ne soit pas encore connue, les habitants locaux accusent les milices, a rapporté al-Abed, car elles contrôlent la région et s'y déplacent librement.

Cela semble indiquer que les miliciens « ont procédé aux exécutions ou ont permis qu'elles aient lieu », a-t-il expliqué.

La semaine dernière, 21 bergers ont été enchaînés et tués par balles près de la ville de Maadan, dans la province de Raqqa, à la frontière de la province de Deir Ezzor.

On ne sait pas encore si des miliciens ou des éléments de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) sont responsables de ce crime, a précisé l'observatoire.

Trois autres bergers sont toujours portés disparus, et leur sort n'est pas connu.

Depuis la mise à mort de Qassem Soleimani, commandant de la Force Qods du CGRI, les milices des pays fidèles à l'Iran de la région sont devenues plus agressives envers les civils, a indiqué al-Abed.

Il y a eu des troubles dans les rangs de ces milices, a-t-il déclaré, des informations indiquant que des résidents locaux qui avaient été recrutés dans les milices refusaient d'aller dans des postes militaires dans le désert.

Certains des dissidents ont été arrêtés pour avoir refusé d'obéir aux ordres, a-t-il fait savoir.

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