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Les civils d'Idlib méfiants à l'égard du cessez-le-feu

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Le centre ville d'Idlib suite à une attaque aérienne menée un jour avant l'entrée en vigueur d'une nouvelle trêve dans la région. [Photo fournie par la protection civile syrienne]

Les civils de la province syrienne d'Idlib ne pensent pas qu'une nouvelle trêve négociée par la Russie et la Turquie, qui est entrée en vigueur tôt dimanche 12 janvier, perdurera, a déclaré un militant local.

Ils ont indiqué que le régime syrien avait utilisé les cessez-le-feu précédents pour préparer de nouvelles opérations militaires qui ont fait de nouvelles victimes et entraîné des déplacements, a précisé le militant Haissam al-Idlibi à Diyaruna.

La trêve prévoit la suspension des opérations militaires terrestres et des frappes aériennes dans la région d'Idlib et ses environs, a fait savoir al-Idlibi.

« Mais les civils ne croient pas à la trêve, à cause de ce qu'ils ont déjà vécu, a-t-il déclaré, ce qui leur a appris que le régime syrien utilise ces accalmies dans la bataille pour regrouper et mobiliser ses forces, et organiser ses rangs pour lancer de nouvelles offensives ».

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Des enfants syriens observent la destruction du marché de Binnish après un raid aérien. [Photo fournie par le centre médiatique d'Idlib]

Le régime a rompu la trêve tôt dimanche, bombardant les villes de Maaret al-Numan et Maar Shamshah, Hantounin, Talmenes, Babilah, Maasaran et Maar Shureen, a rapporté al-Idlibi.

Samedi, la veille de l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, des frappes aériennes du régime ont tué 18 civils à Idlib, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

Six enfants faisaient partie des morts, a indiqué l'observatoire.

Des frappes aériennes ont tué sept civils dans la ville d'Idlib, a-t-il ajouté, et d'autres raids sur deux villes proches de la capitale provinciale en ont tué onze autres.

Dans la ville d'Idlib, le bombardement s'est fait près d'un centre culturel, a indiqué l'observatoire.

Des dizaines d'élèves, beaucoup d'entre eux pleurant, ont quitté les lieux de l'impact en courant dans la panique, a rapporté l'AFP.

A moins de dix kilomètres de là, des frappes aériennes du régime ont touché un marché dans la ville de Binnish, tuant sept personnes, selon l'observatoire.

Le marché a été en grande partie réduit en ruines, a rapporté l'AFP.

Au sud de la ville d'Idlib, des raids ont frappé la région d'al-Nerab, tuant quatre personnes.

Des dizaines d'autres personnes ont été blessées lors des frappes de samedi, a fait savoir al-Idlibi à Diyaruna.

Les habitants restent sur place

Selon les conditions de la trêve, a noté al-Idlibi, des couloirs humanitaires doivent être ouverts pour permettre aux civils de la région de partir vers les zones contrôlées par le régime.

Mais les habitants de la région n'ont pas répondu à l'appel à l'évacuation, en raison de leur manque de confiance dans le régime et ses alliés, a-t-il rapporté, notant que « pas une seule famille n'est partie par l'un des points de passage ouverts à cette fin ».

Ces passages comprenaient celui de la ville d'al-Hobait, dans la campagne sud d'Idlib, celui d'Abou al-Dhuhour, dans la campagne est d'Idlib, et un autre près de la ville d'al-Hadher, dans la campagne sud d'Idlib.

Selon al-Idlibi, les civils choisissent de se rendre dans des camps de déplacés, de camper à l'air libre ou même de rester chez eux au risque de se retrouver sous le feu, plutôt que de partir dans des zones contrôlées par le régime.

C'est parce qu'ils pensent que s'ils le font, ils seront victimes de harcèlement ou d'arrestation en représailles à leur position contre le régime, a-t-il fait savoir.

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