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L'Iran doit s'abstenir de représailles militaires contre les États-Unis, déclarent des experts

Faris al-Omran et l'AFP

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Des missiles iraniens à Téhéran le 26 novembre 2018. [Photo publiée par des agences de presse iraniennes]

Toute riposte militaire du régime iranien suite à la mort d'un haut commandant dans une attaque de drone américain risquerait d'entraîner une forte escalade des tensions entre les deux nations qui coûterait cher à l'Iran, ont affirmé des experts irakiens à Diyaruna.

Le régime n'a pas d'autre choix que de s'abstenir de lancer des représailles, ont-ils déclaré, d'arrêter de soutenir des intermédiaires régionaux et de négocier avec les États-Unis et la communauté internationale.

Dimanche 5 janvier, le général de brigade Hossein Dehghan, conseiller militaire du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a déclaré à CNN que la réponse à la frappe américaine qui a tué le commandant de la Force Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique (FQ-CGRI), Qassem Soleimani, serait militaire.

« La réponse sera certainement militaire et contre des sites militaires », a fait savoir Dehghan à CNN.

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Des membres du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien lors d'un défilé militaire le 9 avril. [Photo diffusée par des agences de presse iraniennes]

Khamenei lui-même a juré qu'il y aurait une « sévère vengeance » après la frappe du drone américain vendredi.

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a dit qu'il était probable que l'Iran tente d'attaquer des troupes américaines.

« Nous pensons qu'il y a une réelle probabilité que l'Iran fasse une erreur et décide de s'en prendre à certaines de nos forces, les forces militaires en Irak ou les soldats dans le nord-est de la Syrie », a-t-il déclaré à Fox News dans des propos diffusés dimanche. « Ce serait une grosse erreur pour l'Iran de s'en prendre à eux. »

Les États-Unis possèdent environ 60 000 soldats dans la région, dont environ 5 200 en Irak. Washington a ordonné l'envoi de milliers de soldats supplémentaires au Moyen-Orient vendredi après la mort de Soleimani.

« Nous nous préparons à toutes sortes de réactions diverses », y compris des attaques informatiques, a indiqué Pompeo.

Le président américain Donald Trump a averti samedi que les États-Unis visent 52 sites en Iran et les frapperont « très vite et très fort » si l'Iran attaque le personnel ou les intérêts américains.

Trump a déclaré que les États-Unis ont tué Soleimani parce qu'il planifiait une attaque « imminente » contre du personnel américain à Bagdad, et qu'il aurait dû être tué « il y a de nombreuses années ».

« Il complotait activement dans la région pour lancer une grande action, comme il le décrivait, qui aurait mis en danger des dizaines, sinon des centaines de vies américaines », a déclaré vendredi le secrétaire d'État américain Mike Pompeo.

« Nous savons que c'était imminent », a affirmé Pompeo en parlant des plans de Soleimani. « Il s'agissait d'une évaluation fondée sur le renseignement qui a orienté notre processus décisionnel. »

La rhétorique de l'Iran occulte la réalité

L'Iran a conspiré pour lancer des attaques contre des sites américains en Irak tout en essayant de vendre à la communauté internationale un plan de paix pour « sauver la région du bord de la ruine », selon le ministre des Affaires étrangères Javad Zarif.

Le président iranien Hassan Rohani a annoncé ce plan, baptisé l'Hormuz Peace Endeavour (HOPE), à l'Assemblée générale des Nations unies en septembre, appelant les pays du Golfe, dont l'Arabie saoudite, à s'y joindre.

Dans un article publié le 10 octobre dans le quotidien koweïtien Al Rai, Zarif a déclaré que le plan HOPE offrait la possibilité d'une « sécurité expansive » et d'une coopération entre l'Iran, l'Arabie Saoudite, l'Irak, Oman, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Qatar et Bahreïn.

Cette coopération pourrait inclure des domaines tels qu'un pacte régional de non-agression, la lutte contre le terrorisme, la cybersécurité, l'énergie et la liberté de navigation, a expliqué Zarif.

« Pour sauver la région du bord de la ruine, nous ressentons plus que jamais la nécessité de nous tourner vers un nouveau discours », a écrit Zarif dans l'article.

Cependant, malgré son appel public à la paix et à la stabilité dans la région, l'Iran a armé les milices irakiennes et d'autres intermédiaires régionaux avec des armes légères et des missiles balistiques à courte portée, a déclaré l'ancien député irakien Mithal al-Alousi.

L'Iran prévoyait de « donner l'ordre à ces agents de lancer des attaques de missiles contre les forces américaines et internationales opérant en Irak à la demande du gouvernement irakien », a-t-il indiqué à Diyaruna.

Les miliciens irakiens fidèles au régime iranien pour des gains financiers « doivent savoir que ce régime les conduit dans l'abîme et veut utiliser l'Irak comme théâtre d'une guerre ouverte qui ne fera que des ravages pour les Irakiens seuls », a-t-il ajouté.

Un régime affaibli par les sanctions et une économie en berne

L'économie de l'Iran se détériore suite aux sanctions, et le régime ressent la pression qui en découle, a déclaré à Diyaruna l'expert en stratégie Alaa al-Nashou.

Les Iraniens paient un lourd tribut, a-t-il indiqué, le taux de chômage élevé et la pauvreté rampante. Par conséquent, le régime lui-même est menacé par la colère dans les rues au sujet des politiques qui infligent des souffrances quotidiennes aux citoyens.

Le régime, en raison de sa crainte d'une « chute inévitable », ne se risquera pas à entrer en guerre directe avec les États-Unis et la communauté internationale, car il est beaucoup trop faible pour cela, a déclaré al-Nashou.

Le régime iranien est « bien conscient de l'étendue de la supériorité de l'armée américaine », a-t-il poursuivi, et dans le contexte de la mort de Soleimani, la réponse à toute agression « sera très sévère et coûtera très cher au régime ».

L'Iran doit se soumettre aux appels à la désescalade et se mettre à la table des négociations, a-t-il affirmé, ainsi que faire preuve de bonne foi en « mettant fin à ses interventions et son soutien aux milices qui menacent la sécurité des pays voisins et de la navigation dans les eaux régionales ».

Les forces américaines améliorent la sécurité en Irak

« L'Iran est un État voyou, et s'il choisit l'escalade, il le fera certainement uniquement à travers ses intermédiaires extérieurs », a expliqué al-Alousi, car le régime ne mettrait pas en danger les forces ou les ressources iraniennes dans un tel combat.

La communauté internationale doit punir le régime iranien pour tout comportement agressif, qu'il soit direct ou indirect, a-t-il affirmé.

« Tout comme les États-Unis ont été capables de tuer Soleimani et de déjouer ses plans terroristes en Irak, nous serons heureux de voir toute action prise par le gouvernement américain avec les pays du monde pour freiner l'hégémonie et l'influence du régime iranien », a-t-il fait savoir.

Les forces américaines sont présentes en Irak pour renforcer les capacités de lutte contre le terrorisme des forces de sécurité irakiennes, a déclaré al-Alousi.

Le partenariat entre l'Irak et les États-Unis se fait dans le cadre d'un accord régissant cette relation et la présence des forces américaines, a-t-il déclaré.

« [Les forces américaines] sont les bienvenues, car le peuple irakien a besoin de leur aide pour affronter le terrorisme et maintenir la souveraineté et l'indépendance de leur pays contre toute ingérence extérieure », a-t-il ajouté.

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Chaque session a une discussion différente. La fin de l'Amérique sera dans le Golfe. Malheur à vous, O, serviteurs d'Amérique!

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