https://diyaruna.com/fr/articles/cnmi_di/features/2019/12/09/feature-01

×
×
Droits de l'Homme |

Situation difficile pour les déplacés d'Idlib à l'approche de l'hiver

Waleed Abou al-Khair au Caire

image

Un camp de déplacés dans le nord de la Syrie est inondé par les eaux de pluie. [Photo extraite de la page Facebook d'Idlib Plus]

Les conditions de vie continuent de se détériorer pour les familles déplacées de la région d'Idlib depuis que les organisations humanitaires et d'aide ont quitté la zone après que les conditions de sécurité les eurent empêchées d'opérer sur place, ont indiqué des militants locaux.

L'arrivée de l'hiver et le manque de matériel de chauffage n'ont fait qu'empirer les choses, ont-ils ajouté, soulignant qu'ils n'attendent aucune aide possible du soi-disant « gouvernement de salut » de Tahrir al-Sham.

La dernière offensive en date du régime syrien a poussé à l'exil des milliers de civils supplémentaires, qui ont abandonné les régions situées aux confins des zones soi-disant plus sûres, a expliqué à Diyaruna Haisam al-Idlibi, un militant d'Idlib.

Plus de 30 000 familles auraient ainsi quitté la zone lors de la dernière vague de déplacements, a-t-il précisé, indiquant que l'immense majorité des déplacés les plus récents n'ont aucun accès à des tentes ou à des abris.

image

Un camion transporte une famille fuyant les combats vers des régions plus sûres de la campagne d'Idlib. [Photo extraite de la page Facebook d'Idlib Plus]

Ils ont installé des camps improvisés sur des terres agricoles et dans des oliveraies en utilisant les matériaux qu'ils avaient pu emporter avec eux, a-t-il raconté.

Fortes pertes civiles

On a assisté à une escalade dans le ciblage direct des civils et à une hausse du nombre de victimes civiles, qui a contraint les habitants qui restaient à fuir la région pour échapper aux frappes aériennes et aux bombardements russes et syriens.

Il s'est notamment agi d'une frappe aérienne russe contre un complexe résidentiel à Haas le 16 août, qui a tué au moins 20 civils et en a blessé 52 autres, et du bombardement d'un camp de déplacés à al-Qah le 21 novembre, qui a causé la mort de seize civils.

Les habitants des zones recevant ces nouveaux déplacés leur fournissent l'aide dont ils peuvent disposer via des initiatives locales indépendantes, a expliqué Mahmoud Abdel Nour, un habitant de Saraqeb.

L'arrivée de l'hiver laisse présager « une catastrophe majeure pour la plupart des déplacés internes (DI) de la campagne d'Idlib », a-t-il prédit.

Manquant de moyens de chauffage et de combustible, les gens sont contraints de brûler tout ce qu'ils peuvent pour apporter un peu de chaleur à leurs enfants, a-t-il poursuivi, précisant qu'ils brûlent les ordures, de vieilles chaussures et le bois qu'ils ramassent eux-mêmes.

Certaines familles se rassemblent sous une seule tente pour se réchauffer en brûlant ce qu'ils peuvent, a-t-il ajouté, notant qu'avec les fortes pluies, les camps sont inondés et les tentes renversées.

Un climat hostile pour les groupes humanitaires

Le militant d'Idlib Moussab Assaf a expliqué à Diyaruna qu'il tient Tahrir al-Sham responsable d'avoir créé un climat d'instabilité dans lequel les organisations humanitaires sont incapables d'opérer.

Cela accentue les souffrances de cette population déplacée, a-t-il ajouté.

L'alliance extrémiste a également imposé des taxes sur les fournitures d'aide et de chauffage, alors même que la population d'Idlib sombre un peu plus dans la pauvreté.

Dans les grands camps, comme Atma, un effort de distribution de rations de charbon pour le chauffage a été suspendu lorsque Tahrir al-Sham a exigé 40 % de la quantité totale de charbon allouée à cet effort, a-t-il encore indiqué.

Aimez-vous cet article?
0
NON
0 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire
Captcha