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Les chrétiens irakiens annulent les fêtes de Noël en signe de solidarité avec les manifestations

Par l'AFP

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Les chrétiens irakiens assistent à la messe de Noël le 24 décembre à la Grande Église Immaculée dans la ville de Qaraqosh, dans la province de Ninive. [Ahmad al-Rubaye / AFP]

Le responsable de l'Eglise catholique chaldéenne irakienne a annoncé mardi 3 décembre que la communauté n'organiserait pas de célébrations publiques de Noël par respect pour les personnes tuées et blessées lors des récentes manifestations.

Les rassemblements de masse qui ont secoué la capitale irakienne et le sud ont fait près de 430 morts et 20 000 blessés.

Les manifestations se sont concentrées dans les zones à majorité chiite, mais mardi, une grande partie de la communauté chrétienne irakienne a déclaré qu'elle participerait à un acte de solidarité.

"Il n'y aura pas d'arbres de Noël décorés dans les églises ni dans les rues, pas de célébrations et pas de réception au patriarcat", a annoncé le chef de la communauté catholique chaldéenne irakienne, le patriarche Louis Raphael Sako.

Sako a pris cette décision "par respect pour les morts et les blessés parmi les manifestants et les forces de sécurité, et par solidarité avec les souffrances de leurs familles".

Alors que les manifestations commencent leur troisième mois, d'autres communautés non-chiites d'Irak ont également exprimé leur solidarité.

La majorité sunnite de Mossoul a organisé des marches funèbres pour les blessés plus au sud et la province de Salaheddine a annoncé trois jours de deuil pour les morts.

Des centaines d'étudiants ont également défilé dans la ville multiethnique de Kirkouk.

L'ONU met en garde contre la violence

Une envoyée des Nations unies a averti mardi que le recours continu à la violence contre les civils en Irak était "intolérable" et a appelé les dirigeants irakiens à répondre de toute urgence aux aspirations du peuple irakien à un changement.

"Les dirigeants politiques n'ont pas le luxe du temps et doivent se montrer attentifs", a déclaré Jeanine Hennis-Plasschaert, émissaire de l'ONU en Irak, dans une vidéo présentée au Conseil de sécurité des Nations Unies.

L’envoyée a indiqué que plus de 400 personnes avaient été tuées et plus de 19 000 blessées en deux mois de troubles en Irak.

La semaine dernière, le Premier ministre Adel Abdoul Mahdi a démissionné face à une nouvelle vague de manifestations. Les dirigeants irakiens se sont réunis mardi à Bagdad pour chercher un moyen de sortir de la crise.

Hennis-Plasschaert a averti que tenter de gagner du temps avec "des solutions temporaires et des mesures coercitives (…) ne fera qu'alimenter la colère et la méfiance du public".

"La grande majorité des protestataires sont manifestement pacifiques", a déclaré Hennis-Plasschaert. "Toutes les formes de violence sont intolérables et ne doivent pas détourner l'attention des demandes légitimes de réforme".

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