https://diyaruna.com/fr/articles/cnmi_di/features/2019/12/04/feature-02

×
×
Économie |

Les difficultés de la Syrie aggravées par l'effondrement de la livre

Waleed Abou al-Khair au Caire

image

Le véritable décrochage de la livre syrienne s'est rapidement reflété dans les prix des denrées alimentaires. [Capture d'écran de la télévision syrienne]

Alors que la livre syrienne continue de perdre de la valeur face aux devises étrangères et que les prix des denrées de base continuent de grimper en flèche, les difficultés du peuple syrien ne font que s'accroître, font valoir observateurs et militants.

Cette situation est encore aggravée par une absence de solutions envisageables à court terme, ajoutent-ils, soulignant que le régime syrien tente d'esquiver le problème et n'a pris aucune mesure pratique pour stopper cette hémorragie financière.

Le taux de change de la livre syrienne sur le marché noir à Damas et dans d'autres régions du pays est tombé à 1 000 livres pour un dollar, a expliqué à Diyaruna l'avocat syrien Bashir al-Bassam.

Cela est le cas non seulement dans les régions contrôlées par le régime, mais aussi dans celles qui lui échappent, où les gens utilisent soit le dollar soit la livre syrienne, a-t-il ajouté.

image

La livre syrienne a atteint cette semaine le taux de 1 000 livres pour un dollar sur le marché noir, un nouveau record à la baisse pour la devise. [Photo via Halab Today TV]

image

Des Syriens font la queue pour acheter des bonbonnes de gaz domestique après l'effondrement de la livre. [Capture d'écran de la télévision syrienne]

Le taux de change officielle est toujours d'environ 450 livres pour un dollar, a-t-il poursuivi, soulignant toutefois qu'il est désormais impossible de trouver des dollars sur le marché légal, y compris pour les négociants et les importateurs.

Au début de la guerre en 2011, le taux de change s'établissait à environ 48 livres pour un dollar, a rappelé l'AFP.

Al-Bassam a expliqué à Diyaruna que la chute de valeur de la livre s'était retrouvée rapidement dans le prix de tous les produits de base, provoquant une nouvelle crise pour le peuple syrien.

Les prix des denrées alimentaires ont au moins triplé durant la seule semaine dernière, a-t-il poursuivi, et l'essence a une fois encore disparu du marché.

Une chute « inévitable »

« La chute de valeur de la livre syrienne à son plus bas niveau historique était inévitable », a estimé Shaher Abdallah, professeur d'économie à l'Université Aïn Shams.

Cela devait se produire tôt ou tard, a-t-il déclaré à Diyaruna, car la Syrie connaît déjà un effondrement économique qui est dissimulé de diverses manières.

Outre un black-out sur les informations dans les médias, le silence gouvernemental, on assiste à une hausse des trafics de devises et de marchandises en provenance de pays voisins, notamment d'Irak et du Liban, a-t-il expliqué.

Ces deux pays connaissent leurs propres crises politiques et économiques, a-t-il continué, ce qui rajoute à l'instabilité économique en Syrie.

Les négociants syriens sont contraints de payer leurs marchandises en dollars, a-t-il expliqué, mais à un prix double ou plus de ce qu'il était en livres syriennes, et répercutent donc naturellement ces augmentations sur les prix proposés à leurs propres clients.

La crise financière a montré le soutien iranien et russe au régime syrien pour ce qu'il est, a fait remarquer Abdallah, précisant que ce soutien est exclusivement destiné à maintenir le régime en place.

Ces pays ne sont pas en Syrie pour venir en aide et protéger le peuple syrien comme ils l'affirment, parce que si ce soutien avait réellement été destiné au peuple syrien, « nous aurions vu des mesures être prises pour lutter contre ces hausses de prix ».

Aimez-vous cet article?
1
NON
0 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire
Captcha