Sécurité

Bras de fer en vue avec le rapport sur l'emploi d'armes chimiques en Syrie

AFP

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Des enfants et des adultes syriens reçoivent un traitement après une attaque chimique présumée contre le village d'al-Shifuniyah tenu par l'opposition, dans la Ghouta orientale, le 25 février 2018. [Hamza al-Ajweh/AFP]

La Russie et l'Occident se préparent à un nouveau bras de fer au siège de l'organisation internationale de contrôle des armes chimiques cette semaine à propos d'une nouvelle équipe qui, pour la première fois, désignera les auteurs des attaques en Syrie.

Le premier rapport de ces enquêteurs identifiant les auteurs devrait sortir en début d'année prochaine, et les tensions s'exacerbent déjà au siège de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).

Moscou menace de bloquer le budget de l'année prochaine de l'OIAC lors de la réunion annuelle à La Haye s'il prévoit le financement de la nouvelle équipe, ce qui pourrait effectivement conduire à la fermeture de cet organisme de surveillance.

Mais les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et d'autres alliés estiment qu'ils disposent de suffisamment de soutien pour l'adopter à une large majorité.

Malgré de féroces objections de la Syrie et de ses alliés, les États membres de l'OIAC ont convenus en 2018 de donner à l'organisation de nouveaux pouvoirs pour désigner les auteurs de l'usage d'armes chimiques.

Auparavant, le mandat de cet organisme de surveillance, lauréat du Prix Nobel de la paix en 2013 et qui a permis d'éradiquer 97 % des armes chimiques dans le monde, ne lui permettait que de dire si une attaque chimique avait eu lieu ou non.

« Chacun attend les résultats de l'Équipe d'investigation et d'identification (IIT) », a déclaré un haut diplomate à l'AFP sous réserve d'anonymat.

L'an dernier, la Russie, l'Iran et la Chine avaient mené des efforts pour bloquer le budget, mais celui-ci avait été adopté par 99 voix contre 27.

Les diplomates occidentaux espèrent améliorer ce nombre cette année pour afficher un soutien international à l'OIAC. Le vote est attendu mercredi.

Les rapports de l'équipe attendus

Moscou a à plusieurs reprises émis des doutes sur des attaques chimiques en Syrie ou a insisté sur le fait qu'elles avaient été montées de toutes pièces, et a récemment mis en lumière la fuite d'un rapport soulevant des questions sur une attaque meurtrière au chlore dans la ville syrienne de Douma en avril 2018.

Mais des diplomates occidentaux ont indiqué que Russes et Syriens tentent de brouiller les cartes concernant des soupçons d'attaques par les forces du président Bachar el-Assad.

Les tensions se sont aussi exacerbées depuis que quatre espions russes ont été expulsés des Pays-Bas en 2018 pour avoir semble-t-il tenté de pirater les ordinateurs de l'OIAC.

Les premiers rapports de la nouvelle équipe d'investigation attendus avec impatience devraient commencer à arriver dans les tout prochains mois, a déclaré récemment le secrétaire général de l'OIAC Fernando Arias. Selon des diplomates, il devrait être publié en février ou mars.

La Syrie avait accepté de remettre son arsenal chimique en 2013, évitant de justesse des frappes aériennes américaines et françaises en représailles à une attaque suspectée au gaz sarin qui avait tué 1400 personnes dans la Ghouta, un faubourg de Damas..

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Dieu est le plus grand! Je vais sortir pour obtenir mes droits.

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