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La France apporte son aide à l'armée irakienne après l'EIIS

Khalid al-Taie

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Des artilleurs français conduisent une mission de formation pour l'armée irakienne à proximité d'al-Qaim, le 19 mai 2018. [Photo fournie par le ministère irakien de la Défense]

Poursuivant ses efforts essentiels pour aider l'Irak à vaincre « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS), la France s'attache désormais à la phase post-combat en soutenant l'armée irakienne et les efforts de reconstruction.

Pour ce faire, le chef d'état-major français, le général François Lecointre, a rencontré le Premier ministre irakien Adel Abdoul Mahdi début octobre pour examiner ensemble les moyens de renforcer encore le partenariat entre les deux pays et apporter le soutien nécessaire aux forces irakiennes.

Dans sa déclaration à l'issue de cette rencontre, Abdoul Mahdi a souligné l'importance des relations franco-irakiennes et a rappelé le souhait mutuel de renforcer cette coopération dans tous les domaines.

« Nos relations avec la France évoluent un peu plus chaque jour et sont aujourd'hui plus solides que jamais », a déclaré le major général Tahseen al-Khafaji, porte-parole du ministère irakien de la Défense, à Diyaruna.

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Un formateur français montre aux forces spéciales irakiennes comment étudier la géographie des zones de combat, le 10 novembre 2018. [Photo fournie par l'équipe américaine Digital Outreach]

Le soutien de la France, à côté de celui des autres partenaires internationaux, a permis de battre l'EIIS et d'atténuer la menace que les résidus du groupe représentent pour l'Irak, a-t-il poursuivi.

Durant les combats pour chasser l'EIIS d'Irak, les forces françaises ont fourni « une couverture aérienne à nos forces qui progressaient sur le terrain » et ont pilonné les repaires de l'EIIS par des frappes d'artillerie, a ajouté al-Khafaji.

La France fut le premier pays à rejoindre officiellement la coalition anti-EIIS dirigée par les États-Unis, et les responsables français ont honoré les engagements qu'ils avaient pris il y a cinq ans en appuyant les forces irakiennes avant et après la défaite du groupe, a précisé al-Khafaji.

Et maintenant, même après l'effondrement du prétendu « califat » et la disparition du chef de l'EIIS, Abou Bakr al-Baghdadi, la France poursuit la lutte contre les éléments restants de l'EIIS en Irak avec son partenaire irakien.

Le 31 octobre, un avion de combat Rafale français a attaqué plusieurs tunnels de l'EIIS dans le nord-est de l'Irak, a fait savoir le ministère français de la Défense.

La ministre française des Armées Florence Parly a commenté la frappe sur Twitter en déclarant que « nous n'accordons aucun répit » à l'EIIS.

« La position de la France est constante, et sa détermination à lutter contre le terrorisme reste intacte », a-t-elle indiqué.

Les forces françaises continuent de former les soldats irakiens à renforcer leurs capacités et leur état de préparation au combat, en mettant l'accent sur la formation à l'artillerie et la fourniture d'armes et d'une technologie militaire avancée, a indiqué al-Khafaji.

Renforcer la sécurité irakienne

« La France remplit ses engagements de renforcer notre armée et de fournir des armes et des capacités de combat », a expliqué l'expert en sécurité Safaa al-Aasam.

Les Irakiens s'empressent de renforcer leur coopération avec les Français, dans le mesure où leur préparation active à la guerre contre l'État islamique » avait été bien accueillie et applaudie par tous les Irakiens », a-t-il déclaré à Diyaruna.

« Nous espérons renforcer encore nos relations par des accords bilatéraux touchant à l'armement et aux échanges de renseignements, ainsi que par le renforcement des capacités irakiennes pour sécuriser les frontières du pays, en particulier la frontière occidentale », a-t-il ajouté.

Abdoul Mahdi se rendra en France le 3 mai pour signer une « feuille de route stratégique » avec le président français Emmanuel Macron concernant la coopération militaire, sécuritaire, économique et culturelle qui permettra de soutenir l'Irak dans cette période post-EIIS.

Macron devrait quant à lui se rendre en Irak en novembre pour parler des efforts de reconstruction.

Binyan al-Jarba, membre de la commission pour la sécurité du conseil provincial de Ninive, a déclaré à Diyaruna qu'il était satisfait de l'état des relations entre Bagdad et Paris.

« Nous parlons aujourd'hui d'une feuille de route [stratégique] et d'un partenariat à long terme, un indicateur des progrès enregistrés lors de ces discussions », a-t-il indiqué.

La France a centré ses efforts sur le soutien militaire à l'Irak « afin que nous puissions nous débarrasser de ce cauchemar du terrorisme, et elle continue de nous aider à lutter contre cette menace en apportant son expertise à nos services de sécurité », a-t-il conclu.

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