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Les États-Unis s'attaquent au réseau de financement de l'EIIS en Syrie et dans la région

Khalid al-Taie

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Un marchand arrange des piles de livres syriennes le 10 septembre, sur un marché de la ville de Qamishli, dans le nord-est de la Syrie. Le 18 novembre, le Trésor américain a sanctionné des individus et des entreprises opérant en Syrie, en Turquie, dans le Golfe et en Europe pour avoir fourni une aide financière à l'EIIS. [Delil Souleiman/AFP]

Le 18 novembre, le Trésor américain a désigné plusieurs sociétés et individus opérant en Syrie, en Turquie, dans le Golfe et en Europe pour avoir fourni un soutien financier et logistique essentiel à « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS).

« Suite à l'opération très réussie contre [Abou Bakr] al-Baghdadi, le gouvernement Trump est résolu à détruire complètement le réseau restant de cellules terroristes de l'EIIS », a déclaré le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

« Le département du Trésor contribue à cet effort de plusieurs manières, notamment en dégradant la capacité de l'EIIS à recruter et à armer des combattants dans le monde entier en luttant contre ses positions financières », a-t-il expliqué.

Le terrorisme est freiné par la pression militaire et le tarissement des sources de revenus financiers des extrémistes, a déclaré à Diyaruna Issam al-Fayli, professeur de sciences politiques à l'Université al-Moustansiriya.

Le rôle du Trésor américain dans cet assèchement des sources de financement des groupes terroristes a été « vital et indispensable aux efforts internationaux conjoints de lutte contre le terrorisme », a-t-il indiqué.

Les sanctions imposées par le Trésor aux réseaux et aux personnes qui soutiennent l'EIIS ont contribué à freiner les activités du groupe non seulement en Irak et en Syrie, mais dans plusieurs autres pays du monde, a-t-il ajouté.

Les sanctions entravent le financement du terrorisme

Les sanctions récemment annoncées concernent des entreprises qui transfèrent des fonds pour les combattants de l'EIIS , a déclaré al-Fayli.

Parmi eux figure la société Tawasul, dont le bureau de Harim, en Syrie, a été utilisé par un facilitateur financier de l'EIIS pour transférer des fonds au groupe à la mi-2018, selon le Trésor.

En 2018, l'EIIS aurait utilisé Tawasul, ainsi que plusieurs autres sociétés en Syrie et en Europe occidentale, pour transférer des fonds entre les combattants de l'EIIS.

Les sanctions concernent également la société de change Sahloul, qui a facilité fin 2016 le transfert de dons étrangers vers le siège de l'EIIS qui se trouvait alors à Mossoul, en Irak.

Sahloul a également transféré des milliers de dollars vers des agents de l'EIIS en Turquie en 2016.

La liste des sanctions comprend également les parties qui financent le terrorisme sous le couvert d'organisations humanitaires, a précisé al-Fayli.

« Cela reflète le travail de renseignement distinct qui a conduit à dénoncer ces parties qui se cachent sous le couvert de la charité pour faciliter les transferts d'argent aux terroristes », a-t-il déclaré.

Parmi eux se trouve Sayed Habib Ahmad Khan, directeur au Koweït de la Nejaat Social Welfare Organisation, également sanctionnée par le Trésor américain.

Nejaat a servi de société de couverture pour faciliter le transfert de fonds et soutenir les activités de l'EIIS-Khorasan.

Nejaat a collecté des dons pour le compte de l'EIIS-K auprès de particuliers au Qatar, aux Émirats arabes unis, en Irak et dans d'autres pays du Moyen-Orient. L'argent a ensuite été transféré du Golfe vers l'Asie, par le biais du système bancaire, où un coordinateur de l'EIIS-K récupérait les fonds transférés.

Partenariat entre les États-Unis et l'Irak

« Les sanctions interdisent l'entrée de ces partisans [de l'EIIS] dans le système financier mondial en empêchant entreprises et banques de traiter avec eux », a indiqué al-Fayli.

Ces restrictions « paralysent la capacité des terroristes à collecter de l'argent et à l'utiliser pour s'armer, recruter de nouveaux combattants et mener des attaques dévastatrices », a-t-il déclaré.

Al-Fayli a salué le partenariat de sécurité entre l'Iraq et les États-Unis, notant que « la découverte de nombreuses sources de financement des terroristes est le résultat de ce partenariat, qui se poursuit avec la coordination du renseignement ».

« Grâce au soutien militaire américain, l'Irak dispose aujourd'hui d'une importante base de données sur les éléments restants de l'EIIS », a-t-il fait savoir.

Toutes les informations obtenues grâce aux documents trouvés dans les repaires de l'EIIS sont partagées dans le cadre de ce partenariat et utilisées pour suivre le financement des réseaux terroristes dans le pays et à l'étranger, a conclu al-Fayli.

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