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Société |

Le régime syrien s'en prend à la jeunesse de Damas

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Des soldats à un poste de contrôle du régime syrien dans les faubourgs de Damas. [Capture d'écran d'une vidéo d'Orient TV]

Les jeunes hommes habitant dans l'ancienne enclave tenue par l'opposition de la Ghouta orientale, dans les faubourgs de Damas, sont de plus en plus surveillés par le régime syrien, en dépit des promesses faites dans les accords de réconciliation qui ont mis fin aux combats.

Les anciens combattants de l'opposition avaient déposé les armes en échange de l'assurance qu'ils ne seraient pas inquiétés, mais le régime à lancé des mandats d'arrêt contre eux et les a encerclés, ont expliqué des militants locaux et des habitants.

La Direction des renseignements de l'armée de l'air du régime syrien a publié une liste comportant les noms de dizaines de jeunes hommes de l'arrière-pays de Damas, a expliqué à Diyaruna le militant de la Ghouta Mohammed al-Beik.

Cette liste a été distribuée aux unités militaires, aux agences du gouvernement, aux moukhtars et aux postes de contrôle de sécurité, en même temps que l'ordre a été donné aux membres des unités de sécurité du régime de procéder à leur arrestation, a ajouté al-Beik.

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Des jeunes dans une rue ravagée par la guerre dans la ville de Daria, dans l'arrière-pays de Damas. [Capture d'écran de Syria TV]

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Des agriculteurs dans un champ de Deir al-Asafir le 10 juin dans la Ghouta orientale, non loin de Damas. [Louai Beshara/AFP]

Les jeunes portés sur cette liste, originaires de régions comme la Ghouta orientale et Harasta, auraient dû être couverts par cet accord de réconciliation, a-t-il poursuivi.

De plus, a-t-il continué, un grand nombre d'entre eux ont été intégrés dans les rangs de la 4e division de l'armée de terre syrienne et dans les milices locales affiliées au régime, et certains ont même été déployés à Idlib pour participer aux combats qui s'y déroulent.

La distribution de cette liste a entraîné une certaine confusion, a-t-il indiqué, soulignant que des dizaines de jeunes hommes qui avaient été enrôlés dans les forces du régime ont déserté les rangs de leurs unités à la suite de cette nouvelle.

« Tout le monde a peur des tensions qui couvent et craint que ne se reproduise ce qui s'était passé à Daraa », a-t-il ajouté.

La province méridionale de Daraa a en effet été le théâtre d'une vague de manifestations alimentées par la colère populaire envers le régime, qui a alors procédé à des arrestations arbitraires parmi les jeunes de la région.

Dans ce contexte de montée des tensions, plusieurs soldats du régime ont été tués ou blessés lors d'attaques armées contre leurs positions et des postes de sécurité.

Promesses non tenues

Le régime syrien n'a pas respecté l'engagement qu'il avait pris lors des négociations de réconciliation qui avaient conduit au désarmement et au démantèlement de toutes les factions armées, a expliqué à Diyaruna Mouhsin al-Naqri, étudiant à l'université de Damas.

Outre ces arrestations arbitraires, a-t-il poursuivi, la stabilité et la sécurité sont encore absentes, et les infrastructures vitales n'ont pas été remises en état.

« Cela fait peser un lourd fardeau sur la population locale, qui a été contrainte d'acheter des générateurs électriques et de l'eau potable », a-t-il ajouté.

Le prix de la nourriture et des denrées de base reste élevé et le régime syrien « ne fait rien rien pour intervenir et empêcher les magasins d'exploiter les consommateurs », a-t-il indiqué.

Al-Naqri a expliqué avoir dû payer au gouvernement une somme importante pour sa protection afin de pouvoir voyager librement jusqu'à Damas et reprendre ses études universitaires après un hiatus de près de quatre ans et demi dû à des préoccupations sécuritaires.

Les écoles restent fermées

Malgré les promesses du régime de rouvrir les écoles dès que possible, la plupart des établissements de l'arrière-pays de Damas restent fermés, a expliqué Adham al-Sharif, ancien militant dans les médias qui travaille aujourd'hui comme enseignant.

« Certaines écoles endommagées par les combats n'ont même pas encore été réhabilitées », a-t-il expliqué à Diyaruna, soulignant que même les écoles qui nécessitent un minimum de travaux de rénovation restent en l'état.

Le ministère de l'Électricité refuse de rétablir le courant dans des dizaines d'écoles, a-t-il expliqué, sous prétexte qu'elle doivent payer leurs factures d'électricité non payées pendant la guerre.

Seules quelques écoles ont rouvert leurs portes, mais les livres et les matériels éducatifs de base restent introuvables, et les salaires des nouvelles embauches ne dépassent pas 16 000 lires syriennes (31 USD), a poursuivi al-Sharif.

Les salaires des personnels existants ne dépassent pas 40 000 lires syriennes (77 USD), a-t-il ajouté en conclusion, ce qui ne suffit pas à faire vivre une famille pendant plus de quelques jours au vu de l'effondrement de la valeur de la lire et des hausses de prix des biens de consommation.

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