Sécurité

L'informateur qui a désigné le leader de l'EIIS pourrait recevoir une énorme récompense

AFP

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L'informateur qui a fourni des détails cruciaux sur les déplacements du dirigeant de l'EIIS, Abou Bakr al-Baghdadi, est susceptible de recevoir une partie ou la totalité de la récompense de 25 millions de dollars offerte par les États-Unis. [Archive]

Un informateur ayant fourni des détails cruciaux sur les déplacements du dirigeant de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS), Abou Bakr al-Baghdadi, est susceptible de recevoir une partie ou la totalité de la récompense de 25 millions de dollars, a rapporté le Washington Post mercredi 30 octobre.

Le Post a indiqué que cet informateur était un agent de l'EIIS bien placé qui a facilité les déplacements d'al-Baghdadi en Syrie et aidé à superviser la construction de son repaire syrien.

Les commandos des opérations spéciales américaines ont attaqué le repaire samedi dans la nuit, débarquant depuis des hélicoptères et pourchassant le fondateur de l'EIIS dans un tunnel, où il a fait exploser sa veste explosive, se suicidant.

Le Post a ajouté que l'informateur était sur les lieux pendant le raid et qu'il a été exfiltré deux jours plus tard avec sa famille.

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Une photo prise lundi 28 octobre montre des Syriens fouillant les décombres des lieux d'une opération menée la veille par les États-Unis contre le chef de l'EIIS, Abou Bakr al-Baghdadi, à la périphérie du petit village syrien de Barisha, dans la province d'Idlib. [Omar Haj Kadour/AFP]

L'homme, qui n'a pas été identifié, recevra probablement une partie ou la totalité de la récompense de 25 millions de dollars que les États-Unis avaient mis sur la tête d'al-Baghdadi, a-t-il précisé.

Outre les déplacements d'al-Baghdadi, cet informateur connaissait la disposition de chaque pièce de la dernière cachette syrienne d'al-Baghdadi, selon le Post.

Le journal a indiqué que la source, décrite par un responsable comme un Arabe sunnite qui s'est retourné contre l'EIIS après qu'un de ses proches a été tué par le groupe, avait été approché par les services de renseignements kurdes.

Les Kurdes ont finalement passé le relais aux États-Unis, qui ont passé des semaines à établir sa crédibilité avant de saisir une occasion qui s'est présentée le mois dernier pour lancer le raid, selon le Post.

Des mois de travail de renseignement

L'opération visant à tuer al-Baghdadi a nécessité des mois de travail de renseignement, les forces d'opérations spéciales américaines ayant mené le raid en s'appuyant sur les renseignements kurdes.

Polat Can, haut conseiller des Forces démocratiques syriennes (SDF), a expliqué que les combattants avaient fait équipe avec la CIA le 15 mai, après qu'al-Baghdadi eut été repéré dans la province d'Idlib.

« Notre propre source, qui avait pu atteindre al-Baghdadi, a apporté les sous-vêtements de celui-ci pour effectuer un test ADN et s'assurer à 100 % que la personne en question était bien al-Baghdadi », a écrit Can sur Twitter.

Dans un entretien accordée à NBC News, le général Mazloum Abdi, commandant des FDS, a déclaré que les combattants avaient établi une relation avec un conseiller de sécurité du cercle interne d'al-Baghdadi, qui leur avait fourni un plan de sa maison.

Celui-ci comprenait le nombre de gardes, les plans des étages et des tunnels, a-t-il précisé.

L'informateur avait subtilisé des sous-vêtements d'al-Baghdadi il y a trois mois et réussi par la suite à obtenir un échantillon de sang, a rapporté NBC News.

Les États-Unis disposaient d'échantillons d'ADN d'al-Baghdadi, qui avait été détenu par les forces américaines en 2004 dans la ville irakienne de Falloujah, avant qu'il prenne la tête de l'EIIS.

Une cachette inattendue

Comme Oussama ben Laden, tué en 2011 dans la ville de garnison pakistanaise d'Abbottabad, al-Baghdadi est allé à l'encontre de ce qu'on aurait pu attendre pour l'endroit où il allait se cacher.

Les FDS ont indiqué qu'al-Baghdadi avait quitté Deir Ezzor, la région désertique où l'EIIS avait résisté une dernière fois à un assaut des FDS, pour rejoindre un village appelé Barisha à Idlib, qui était encore un champ de bataille majeur.

Cette province du nord-ouest est en grande partie contrôlée par Tahrir al-Sham, groupe rival de l'EIIS.

Can, conseiller des FDS, a expliqué que l'incursion de la Turquie ce mois-ci avait entraîné un retard dans l'opération contre al-Baghdadi.

Un représentant du département d'État américain, s'exprimant sous condition d'anonymat, a déclaré que les États-Unis avaient décidé « qu'il était important que nous le fassions maintenant ».

Le général Mark Milley, chef d'état-major des armées, a déclaré que les États-Unis s'étaient coordonnés avec d'autres armées, par le biais de canaux bien établis, pour éviter les incidents.

Les forces américaines sont entrées dans le complexe par hélicoptère, ont rapidement neutralisé les forces d'al-Baghdadi lors d'une fusillade, et ont ensuite sécurisé le bâtiment pour protéger les civils.

Al-Baghdadi s'est enfui dans un tunnel et, se sachant acculé, il a fait exploser sa ceinture d'explosifs, emportant avec lui les trois enfants qui l'accompagnaient, a rapporté Milley.

Les forces américaines ont utilisé des missiles, des bombes et des canons pour faire exploser le complexe, et elles se sont débarrassées du corps mutilé d'al-Baghdadi en mer, ont fait savoir des responsables.

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