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Mossoul ressuscite son patrimoine religieux et reconstruit les lieux de culte

Khalid al-Taie

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L'église al-Tahira dans le quartier al-Maydan de Mossoul a été endommagée par les bombes de l'EIIS en 2015 et est aujourd'hui en cours de rénovation. [Photo extraite de la page Facebook d'Aïn Mossoul]

Pendant plus d'un siècle, les églises al-Tahira et al-Sa'a se dressaient fièrement dans la Vieille Ville de Mossoul, un symbole de l'identité culturelle et de la coexistence religieuse de la ville.

Puis en 2015, les extrémistes firent exploser l'une et vandalisèrent l'autre, laissant leurs murs nus et leurs nefs vides de fidèles.

Aujourd'hui, deux ans après que « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) a été chassé de Mossoul, les Irakiens souhaitent faire revivre le patrimoine endommagé de leur ville, qui abritait des mosquées, des églises et des temples historiques appartenant à d'autres minorités religieuses.

Le 12 octobre, le gouvernement irakien a signé un accord avec le ministère de la Culture des Émirats arabes unis et l'UNESCO visant la reconstruction des églises al-Tahira (L'Immaculée) et al-Sa'a (L'Horloge), toutes deux datant du XIXe siècle.

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Des Irakiens lors d'une messe dans la cathédrale chaldéenne Saint-Paul à Mossoul, le 24 décembre 2017. [Photo fournie par le Centre de presse de Ninive]

Cet accord a été conclu en vertu d'un accord tripartite (Irak-ÉAU-UNESCO), qui a vu les ÉAU octroyer en avril la somme de 50 millions de dollars pour reconstruire la Mosquée al-Nouri et son iconique minaret al-Hadba.

« L'accord vise la reconstruction de l'église al-Tahira des catholiques syriaques à al-Maydan et de l'église al-Sa’a, également appelé église latine des Pères dominicains, dans le quartier d'al-Sa’a », a expliqué le père Emanuel Adel Kalo, responsable des églises catholiques syriaques de Mossoul.

L'église d'al-Tahira avait été bombardée par l'EIIS en février 2015 et avait subi des dommages importants, a ajouté Kalo, précisant qu'elle est maintenant sans toit et que les destructions ont affecté toute sa structure et tout ce qu'elle renfermait.

Celle d'al-Sa'a avait également été affectée par le terrorisme, bien qu'à « un moindre degré », a-t-il indiqué, ajoutant que l'ensemble des vingt églises de Mossoul avaient souffert du terrorisme.

Encourager les retours

Les efforts de la restauration de ces deux églises visent à encourager les familles chrétiennes déplacées à rentrer chez elles et à repeupler Mossoul, a poursuivi Kalo.

« Une cinquantaine de familles chrétiennes sont revenues dans la ville », a-t-il indiqué, « un nombre certes encore modeste, dû non pas à des raisons de sécurité, mais à la faiblesse des services ».

« Plusieurs de ces familles vivaient dans la Vieille Ville, dont les infrastructures ont été fortement endommagées lors des combats pour la libération », a-t-il ajouté.

Les chrétiens sont une composante intégrale de Mossoul et de la province de Ninive, et avec d'autres minorités, ils ont contribué à bâtir le patrimoine et la culture du pays, a expliqué à Diyaruna le militant chrétien Rami Hanna Kroumi.

L'EIIS souhaitait vandaliser et détruire les lieux de culte pour semer la discorde entre les Irakiens et saper leur nationalisme, et oblitérer leurs progrès culturels, « mais tous leurs efforts auront été vains », a-t-il ajouté.

Les organisations ecclésiastiques ont reconstruit 12 000 maisons appartenant à des familles chrétiennes et à d'autres minorités de Mossoul et des Plaines de Ninive, a-t-il expliqué, en signe de cohésion sociale et de coexistence.

Kroumi a souligné l'importance de fournir un environnement sûr à tous les DI afin qu'ils puissent rentrer dans leurs localités d'origine.

Patrimoine mondial

Les autorités ont également alloué des fonds à la reconstruction des mosquées et des anciens lieux de culte dans Ninive.

« Les autorités locales ont réservé 100 milliards de dinars irakiens (84 millions de dollars) à la reconstruction de mosquées et de lieux de culte historiques pour toutes les sectes et les religions à Mossoul et dans toute la province de Ninive », a précisé Ayed al-Louayzi, membre du conseil provincial de Ninive.

Cette décision vise à rétablir la situation de l'ère pré-EIIS et à bâtir les fondements d'une vie normale et stable, a-t-il poursuivi pour Diyaruna.

Faire revivre le patrimoine religieux de Mossoul « est une priorité pour le gouvernement, les Nations unies et la communauté internationale, car c'est un patrimoine pour le pays et pour le monde », a-t-il conclu.

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