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Le CGRI cherche à renforcer sa présence à Deir Ezzor

Waleed Abou al-Khair au Caire

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L'image du leader du Hezbollah Hassan Nasrallah sur la banderole d'un magasin de la province de Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie. [Photo extraite de la page Facebook de Furat Post]

Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien et les milices affiliées poursuivent leurs efforts pour renforcer leur contrôle sur toutes les zones de la ville de Deir Ezzor et de son arrière-pays, dans l'est de la Syrie, ont fait savoir des militants locaux à Diyaruna.

Cela inclut des efforts pour propager leur idéologie, notamment la doctrine du Wilayat al-Faqih (la Tutelle du Juriste), qui appelle à l'allégeance au guide suprême de l'Iran, Ali Khamenei et appelle à la création de centres culturels.

Afin de remporter le soutien populaire, les milices fidèles à l'Iran profitent de la pauvreté et du chômage endémiques dans la région pour recruter des jeunes dans leurs rangs, et organiser des colonies de vacances qui endoctrinent les enfants.

Par ailleurs, ces milices, parmi lesquelles le Hezbollah libanais, continuent de confisquer des maisons civiles dans la ville frontalière d'Albou Kamal, a rapporté à Diyaruna le militant de Deir Ezzor Jamel al-Abed.

La dernière confiscation de maisons en date, dans la rue Dabbous au centre d'Albou Kamal, porte à dix le nombre de domiciles que le Hezbollah a réquisitionnés, a-t-il indiqué.

Les éléments du Hezbollah ont également fermé la rue des deux côtés, du souk à la rue al-Kitf, interdisant son accès aux habitants locaux.

Certaines de ces maisons sont utilisées comme postes militaires, a fait savoir al-Abed, d'autres servent de casernes pour les miliciens, reproduisant le moyen de fonctionnement de la milice irakienne Harakat al-Nujaba soutenue par l'Iran.

Influence et endoctrinement

Dans le même temps, le CGRI s'est efforcé de bloquer toute ingérence des institutions du régime syrien, en particulier en ce qui concerne la fourniture de services, a déclaré al-Abed.

Le groupe s'est chargé de combler le manque de services, non par altruisme, mais pour gagner la faveur de la population locale, a-t-il ajouté.

Plus récemment, ces actions ont inclus la distribution d'équipement médical à plusieurs centres médicaux improvisés qui fournissent gratuitement des traitements et des médicaments, a-t-il indiqué.

Naturellement, a-t-il poursuivi, ces centres sont tenus par des affiliés du CGRI comme Jihad al-Bina et la Fondation al-Shaheed.

Le CGRI et ses affiliés continuent d'exploiter la situation financière des habitants locaux, a rapporté à Diyaruna le militant social et dans les médias Ammar Saleh.

Les bureaux de recrutement presque omniprésents attirent les jeunes contraints par la nécessité financière et le chômage à travailler pour les milices, a-t-il indiqué, notant que certains craignent également d'être expulsés de la région s'ils ne s'alignent pas sur le CGRI.

« Mais la menace la plus sérieuse réside dans les colonies de vacances créées par le CGRI afin d'endoctriner les enfants de la région », a affirmé Saleh.

Ainsi de nombreux enfants sont-ils obligés d'intégrer ces colonies, où ils apprennent à respecter la doctrine du Wilayat al-Faqih et à prêter allégeance aux dirigeants du CGRI, a-t-il rapporté.

Activités transfrontalières

La récente réouverture du passage frontalier entre al-Qaim et Albou Kamal et d'un passage illégal proche a poussé ces milices à sécuriser l'ensemble de la région pour leurs propres forces, a déclaré Sheyar Turko, chercheur en affaires iraniennes, à Diyaruna.

« Elles cherchent à sécuriser le passage de camions transportant des armes, des munitions et des combattants du CGRI entre les deux pays, a-t-il expliqué, en plus bien sûr de sécuriser les activités commerciales, qui comprendront sans aucun doute des marchandises iraniennes. »

Le déploiement du CGRI dans la région ne se limite pas aux villes et villages, mais s'étend également au passage frontalier légal d'al-Qaim, qui est sécurisé par les milices, en particulier le Hezbollah et Harakat al-Nujaba, a-t-il déclaré.

Au moins 200 combattants de ces milices se trouvent dans la région, a-t-il conclu.

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