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Les forces de sécurité d'al-Hol répriment l'émeute des femmes de l'EIIS

Waleed Abou al-Khair au Caire et l'AFP

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Les résidents d'al-Hol n'ayant aucun lien avéré avec l'EIIS ont été autorisés à rentrer chez eux dans les provinces syriennes de Deir Ezzor et d'al-Raqqa. [Photo fournie par Ronahi TV]

Une flambée de violence déclenchée par les éléments féminins radicaux de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) dans le camp d'al-Hol, dans la province syrienne d'al-Hasakeh, a été maîtrisée, a fait savoir un responsable du Croissant-Rouge kurde.

Les incidents de sécurité se sont multipliés dans ce camp surpeuplé qui abrite des familles de combattants de l'EIIS parmi ses 70 000 résidents, les femmes étrangères et leurs enfants étant séparés des habitants syriens et irakiens.

Lors du dernier incident, une femme a été tuée et six autres ont été blessées dans le secteur réservé aux femmes étrangères, a rapporté un responsable kurde refusant d'être nommé.

Les forces de sécurité ont arrêté 40 femmes de la section des étrangères du camp.

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Des femmes de l'EIIS participent à une manifestation dans le camp d'al-Hol, où des éléments radicaux du groupe se sont heurtés aux forces de sécurité chargées de les protéger. [Photo fournie par Ronahi TV]

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Un groupe de femmes de l'EIIS devant une tente dans le camp d'al-Hol, qui abrite 70 000 personnes, dont des éléments radicaux de l'EIIS. [Photo tirée de la page Facebook de Moustafa Bali, porte-parole des Forces démocratiques syriennes]

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La branche entièrement féminine de la hesba (« police religieuse ») de l'EIIS a incité à la violence dans ce camp surpeuplé. [Photo fournie par Ronahi TV]

Les dernières émeutes ont été organisées par des femmes de l'EIIS, ou muhajirat (« femmes immigrées »), qui avaient formé une unité de la hesba (« police religieuse »), a déclaré à Diyaruna Azad Dudeki, responsable du Croissant-Rouge kurde.

Il s'agit d'un groupe qui a cherché à punir d'autres femmes du camp pour avoir enfreint les règles de l'EIIS ou pour avoir tenté de rompre les rangs, a-t-il poursuivi.

Une enquête est en cours pour identifier les femmes qui ont provoqué les émeutes et attaqué celles qui ont tenté de fuir la zone du camp qu'elles contrôlaient, a-t-il précisé.

Ces femmes ont également attaqué les Asayesh (forces de sécurité kurdes) chargées de monter la garde, a-t-il ajouté.

« Des tensions ont éclaté lorsque le corps d'une femme a été retrouvé à l'intérieur du camp, a fait savoir Dudeki, qui semblait avoir été torturée. »

Selon le fonctionnaire kurde anonyme, cette femme a été poignardée à mort par des femmes de l'EIIS qui avaient créé des « tribunaux » pour juger leurs pairs.

Les femmes de l'EIIS ne se sont pas contentées d'attaquer les femmes dans le camp, a indiqué Dudeki, indiquant qu'elles s'en étaient également prises au personnel de sécurité avec des objets tranchants.

Deux femmes qui avaient été attaquées et blessées par l'unité de la hesba ont réussi à atteindre une zone sûre dans le camp et ont été emmenées dans un centre médical à l'extérieur du camp pour être soignées pour les blessures subies, a-t-il indiqué.

Foyer d'idéologie radicale

Dudeki a déclaré que ces émeutes étaient prévisibles, car le camp est surpeuplé et héberge un grand nombre de femmes qui sont imprégnées de l'idéologie de l'EIIS.

La situation à l'intérieur d'al-Hol se « détériore rapidement », a déclaré lundi 30 septembre le porte-parole des Forces démocratiques syriennes (FDS) Moustafa Bali.

« Les militants de l'EIIS ont récemment intensifié leurs efforts de regroupement par l'intermédiaire des femmes dans le camp », a-t-il fait savoir dans un message sur les réseaux sociaux.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies a déclaré que « les tensions demeurent élevées dans le camp, et des incidents de sécurité sont signalés chaque semaine ».

« Elles nous voient comme des ennemis, et cela crée des problèmes », a expliqué Amer Ali, leader d'Asayesh, au sujet des femmes de l'EIIS du camp.

L'EIIS veut « diffuser son idéologie par le biais de ces femmes », a-t-il déclaré, ajoutant que les enfants sont aussi un problème.

« Nous n'avons pas les moyens d'arrêter tout ce qui se passe, mais nous essayons de contenir ces incidents », a indiqué Sheikhmous Ahmed, un responsable kurde.

Les partisans de l'EIIS « restent attachés à leur idéologie, et ils représenteront toujours un danger », a prévenu Ahmed.

En mars, les FDS ont chassé l'EIIS de la dernière bande de territoire qu'il détenait en Syrie.

Des dizaines de milliers de personnes, pour la plupart des femmes et des enfants, ont été transportées par camions dans des camps gérés par les Kurdes dans le nord-est de la Syrie pendant cette campagne de plusieurs semaines.

Au total, près de 12 000 étrangers (4000 femmes et 8000 enfants) vivent actuellement dans ces camps, selon les autorités kurdes.

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