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Le régime syrien soutenu par la Russie accusé d'utiliser des armes chimiques

Waleed Abou al-Khair au Caire et AFP

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Des membres des Casques blancs soignent un civil blessé lors d'une attaque chimique dans la ville de Sarmin à Idlib en février 2018. [Image extraite d'une vidéo de la protection civile syrienne]

La confirmation par les États-Unis que le régime syrien a lancé une attaque chimique en mai augmente considérablement la probabilité que le régime subisse des sanctions supplémentaires ou même des frappes militaires ciblées, a indiqué un avocat syrien à Diyaruna.

Le régime syrien a utilisé du chlore le 19 mai dans la province de Latakia lors de son offensive intense pour reprendre le dernier bastion majeur de l'opposition à Idlib, a affirmé jeudi 26 septembre le secrétaire d'État américain Mike Pompeo.

L'attaque se serait produite à Tal Kabaneh, dans le nord-est de la province de Latakia, une région montagneuse proche de la frontière avec Idlib.

Le chlore peut causer de graves difficultés respiratoires et d'autres symptômes.

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La région de Tal Kabaneh, dans la province syrienne de Latakia, visible sur cette photo, a été le théâtre d'une attaque chimique en mai, ont déclaré les États-Unis le 26 septembre. [Photo fournie par le site internet Enab Baladi]

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Les restes d'un missile chargé de produits chimiques largué par des avions de chasse syriens sur la ville de Saraqeb à Idlib début 2018. [Image extraite d'une vidéo de la protection civile syrienne]

« Les États-Unis ne laisseront pas ces attaques sans réponse, et nous ne tolérerons pas non plus ceux qui décident de dissimuler ces atrocités », a déclaré Pompeo depuis New York, où il participait à l'Assemblée générale des Nations unies.

« Les États-Unis continueront de faire pression sur le régime insidieux d'al-Assad pour qu'il mette fin à la violence contre les civils syriens et qu'il participe au processus politique dirigé par les Nations unies », a-t-il ajouté.

Pompeo a ensuite pris part à une réunion sur la Syrie avec ses homologues de France, d'Allemagne, d'Arabie saoudite, de Jordanie et d'Égypte, qui ont publié une déclaration commune indiquant que « l'emploi d'armes chimiques en Syrie ne sera pas toléré ».

Quatre personnes ont été blessées dans cette attaque, la première attaque chimique connue depuis un an et qui fait craindre une nouvelle utilisation, a indiqué Jim Jeffrey, représentant spécial des États-Unis pour la Syrie.

« Nous craignons que le régime, qui a de très faibles forces d'infanterie, ne tente à nouveau d'utiliser des armes chimiques pour compenser son incapacité à prendre le terrain au combat », a rapporté Jeffrey.

Sanctions contre un réseau russe

Le président Bachar al-Assad bénéficie d'un fort soutien de la Russie, militairement présente en Syrie et qui a opposé son veto aux tentatives du Conseil de sécurité des Nations unies visant à contenir ses actions.

Jeffrey a déclaré qu'il pense que les officiers russes étaient au courant de l'attaque chimique : « J'ai beaucoup de mal à croire que des professionnels aussi bons que ça, vu la façon dont ils sont répartis, ne sauraient rien à ce sujet. »

Les États-Unis ont annoncé une contre-mesure jeudi, à savoir l'imposition de sanctions contre un réseau russe de trois individus et de cinq navires pour avoir fourni du carburant aux forces russes en Syrie.

Pompeo a fait savoir que les États-Unis versent 4,5 millions de dollars supplémentaires à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), un organisme basé à La Haye qui surveille le traité international qui interdit ces armes.

« Le régime syrien doit savoir, et le monde doit apprécier le fait que nous allons faire tout ce que nous pouvons raisonnablement faire pour empêcher que ce genre de chose ne se reproduise », a déclaré Pompeo.

Une réponse internationale est attendue

L'avocat syrien Bashir al-Bassam a expliqué à Diyaruna que la réponse inclurait probablement l'imposition de nouvelles sanctions contre les responsables du régime syrien, les officiers supérieurs de l'armée et éventuellement des individus liés à l'importation, au transport, au stockage et à l'utilisation de ces armes.

« Il est aussi fort probable que des frappes militaires de précision seront lancées contre les quartiers généraux militaires utilisés pour stocker ce type d'armes », a-t-il ajouté.

Il a noté que le régime syrien et la Russie avaient tous deux tenté à plusieurs reprises de dissimuler l'utilisation d'armes chimiques, et que la Russie a accusé l'OIAC de politiser la question avant qu'il ne commence son enquête sur les attaques.

Al-Bassam a déclaré que de nouvelles preuves pourraient révéler d'autres infractions, et a ajouté que la Russie est susceptible d'être grandement impliquée dans cette affaire, malgré ses tentatives d'entraver le travail des enquêteurs onusiens.

D'un point de vue juridique, a-t-il fait savoir, l'utilisation d'armes chimiques par le régime constitue une violation de la Convention sur les armes chimiques signée à Paris en 1993, qui en interdit l'utilisation comme armes en temps de guerre.

Depuis le début du conflit syrien en 2011, le régime a été accusé d'avoir utilisé divers types d'armes chimiques à plusieurs reprises.

En août 2016, une commission mixte de l'ONU et de l'OIAC avait déterminé que des hélicoptères du régime avaient largué des bombes remplies de chlore sur deux villages de la province d'Idlib en 2014 et en 2015.

« Le régime d'al-Assad est responsable d'innombrables atrocités, dont certaines atteignent le niveau de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité », a affirmé Pompeo.

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