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Les États-Unis annoncent de nouvelles sanctions contre les terroristes et leurs financiers

Faris al-Omran

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Les États-Unis ont sanctionné un vaste réseau de transport maritime administré par le CGRI iranien qui bénéficiait aux alliés du pays dans la région, en particulier au régime syrien de Bashar al-Assad. [Photo fournie par la National Oil Company iranienne]

Mardi 10 septembre, les États-Unis ont dévoilé de nouveaux outils pour moderniser et renforcer les sanctions antiterroristes, a fait savoir le département d'État.

Il a également annoncé l'imposition de nouvelles sanctions contre des individus et des entités issus de onze groupes terroristes, notamment la force Al-Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI-FQ), « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) et al-Qaïda.

Ces nouveaux outils permettront au gouvernement américain de mieux cibler les leaders des groupes terroristes et de poursuivre les individus qui participent à un entraînement terroriste, a expliqué le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

Ils autoriseront également « des sanctions secondaires contre des institutions financières étrangères connues pour avoir conduit ou facilité d'importantes transactions financières avec des personnes sanctionnées, et de viser celles qui agissent en faveur ou pour le compte d'un Terroriste mondial spécialement désigné», a-t-il ajouté.

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Les forces du CGRI vues ici lors d'une parade militaire en avril 2019. [Photo diffusée dans les médias sociaux]

Ces mesures permettront au département d'État et au Trésor de « cibler directement les leaders de groupes terroristes et leurs entités associées sans avoir à lier les leaders terroristes à des actes spécifiques », a expliqué le secrétaire d'État Mike Pompeo.

Mardi, le département d'État a annoncé la désignation de douze leaders terroristes.

Parmi eux se trouvent le « Wali d'Irak » de l'EIIS et ancien émir des engins explosifs improvisés (EEI), quatre hauts membres du conseil du djihad du Hezbollah, et des leaders du Hamas, d'affiliés de l'EIIS aux Philippines et en Afrique de l'Ouest, et des Talibans, a précisé Pompeo.

Ces sanctions ont également visé Hurras al-Din, un affilié d'al-Qaïda en Syrie.

Outre ces mesures, le Trésor a désigné quinze terroristes affiliés à l'EIIS, au CGRI-FQ et à d'autres groupes terroristes placés sous la même autorité.

Viser le réseau de transport maritime de pétrole du CGRI

Ces nouvelles sanctions interviennent au lendemain de sanctions prises le 4 septembre contre un réseau de transport maritime dont les États-Unis affirment qu'il était administré par le CGRI, soulignant qu'il avait vendu des millions de barils de pétrole pour aider le président syrien Bashar al-Assad, a rapporté l'AFP.

Les sanctions portent sur seize entités, dix individus et onze navires.

Le département du Trésor a expliqué que la force al-Qods avaient épaulé à la fois al-Assad et la milice libanaise du Hezbollah par des expéditions de pétrole brut, pour l'essentiel vers la Syrie.

« Le régime iranien exploite une organisation terroriste comme principal conduit pour dérouter et vendre des centaines de millions de dollars de pétrole illicite pour alimenter son abominable agenda », a expliqué Sigal Mandelker, le sous-secrétaire au Trésor pour le terrorisme et l'intelligence financière.

« L'Iran continue à prendre des mesures provocatrices pour déstabiliser la région et le monde. L'action du Trésor contre ce réseau de pétrole tentaculaire permet de voir de manière claire que ceux qui achètent ce pétrole iranien soutiennent directement le bras militant et terroriste de l'Iran, le CGRI-FQ », a ajouté Mnuchin.

Les sanctions « doivent servir d'avertissement fort à quiconque envisagerait de faciliter les ventes de pétrole de la force al-Qods qu'il y aura des conséquences rapides », a-t-il insisté.

Pour sa part, le département d'État a fait savoir qu'il offrait une récompense de 15 millions de dollars en échange d'informations pouvant perturber les mécanismes financiers du CGRI-FQ.

Les sanctions tarissent une « source essentielle de revenus »

Ces récentes sanctions font partie d'un plan américain visant à saper le rôle de l'Iran dans la région, qui représente une menace pour les pays du Moyen-Orient, a expliqué le politologue Anmar al-Duroubi à Al-Mashareq.

Il est nécessaire de prendre d'autres mesures pour contrer ses avances et lutter contre ses activités qui menacent la sécurité de ces pays, a-t-il indiqué.

Ces sanctions « témoignent de l'engagement des États-Unis à intenter des actions punitives contre le CGRI », a expliqué le politologue Ghazi Faisal Hussein à Al-Mashareq.

« Ce réseau a été une composante essentielle des intérêts économiques de l'Iran et il a permis d'expédier du pétrole brut iranien et des produits pétroliers par mer au régime de Bashar al-Assad », a-t-il poursuivi.

Les Iraniens ont « tiré des centaines de millions de dollars de revenus de ce trafic, qui étaient redirigés en intégralité pour financer le CGRI et alimenter ses opérations terroristes », a expliqué Hussein, un ancien diplomate.

« Ces sanctions couperaient une source majeure de revenus financiers pour le régime iranien et ses affiliés, entravant et restreignant leurs activités qui visent à répandre le chaos au-delà de leurs frontières », a-t-il poursuivi.

« Les États-Unis ont réussi par leurs séries de sanctions à saper les intérêts iraniens auprès d'une centaine de sociétés dans le monde », a-t-il poursuivi.

« Ces sociétés ont réagi positivement aux restrictions sur l'Iran qui interdisent à une partie ou une entité, que ce soit des sociétés ou des individus, de fournir une quelconque forme de soutien et de facilité au régime iranien », a-t-il ajouté.

Le régime iranien « devrait revoir sa politique et reconnaître la gravité de son défi à la communauté internationale et ses tentatives incessantes de porter atteinte à la stabilité et à la sécurité de ses voisins », a mis en garde Hussein.

L'économie iranienne est au bord de l'effondrement

Les dirigeants iraniens sont « les seuls responsables de l'isolement et de la détérioration économique dont souffre leur peuple aujourd'hui du fait de leurs politiques néfastes », a-t-il déclaré.

« L'économie iranienne fait face à un ralentissement sans précédent, car de nombreuses entreprises et lignes de production ont cessé de fonctionner et le chômage des jeunes affecte désormais près de sept millions de personnes », a continué Hussein.

De plus, l'inflation a entraîné une pauvreté généralisée, et des rapports indiquent que près de 35 millions d'Iraniens vivent en-dessous du seuil de pauvreté, a-t-il ajouté.

« Les Iraniens en ont assez de leurs conditions de vie et du dédain affiché par leurs dirigeants quant à leurs problèmes et de leur intention d'entraîner leur pays vers plus de confrontations avec le monde », a-t-il déclaré.

Les manifestations en cours dans plusieurs villes iraniennes « témoignent clairement de la colère populaire qui a commencé à enfler alors que les dirigeants iraniens continuent d'ignorer et de nier les revendications nationales », a-t-il conclu.

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