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La Ghouta orientale sous pression alors que le régime affirme son contrôle

Waleed Abou al-Khair au Caire

Les forces du régime syrien dans la Ghouta orientale, ancienne enclave de l'opposition près de Damas. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Le régime syrien a exercé toutes sortes de pressions sur les habitants de la Ghouta orientale dans ce qui semble être un plan systématique pour les forcer à quitter leurs maisons et à déménager vers d'autres régions, a déclaré un militant local.

Les services de base sont toujours presque inexistants et les jeunes de la région sont arrêtés alors qu'ils étaient couverts par les dispositions de l'accord de réconciliation, a déclaré à Diyaruna l'activiste de la Ghouta Mohammed al-Beik.

Après avoir levé le siège qu'il imposait à la Ghouta orientale, une ancienne enclave de l'opposition près de Damas, et être entré dans la région à la suite des accords de réconciliation, le régime a commencé à imposer un siège depuis l'intérieur, a-t-il indiqué.

« Les jeunes sont arrêtés arbitrairement et emmenés vers les services de sécurité pour être interrogés sur leur implication antérieure dans les activités de l'opposition, même si les accords auraient dû lever toutes les accusations portées contre eux », a déclaré al-Beik.

Une banderole accrochée dans le district de Cheikh Ibrahim, dans la ville de Kafr Batna de la Ghouta orientale montre que son nom a été changé en al-Areen. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Dans la plupart des cas, les détenus sont emmenés dans des camps de service militaire obligatoire, puis transférés à Idlib pour y prendre part aux combats en cours, a-t-il fait savoir.

Il en va de même pour ceux qui se présentent volontairement pour accomplir leur service militaire, a-t-il ajouté.

Selon al-Beik, les services sont presque inexistants dans la plupart des villes et villages de la Ghouta orientale, la région étant toujours sans électricité, sans eau et sans hôpitaux.

Il a été demandé aux résidents de payer toutes les taxes et factures d'eau et d'électricité accumulées depuis 2011 avant de pouvoir obtenir un compteur électrique, a-t-il indiqué.

Il leur est également interdit de se rendre à Damas sans avoir obtenu l'autorisation des autorités de sécurité, ce qui peut prendre un mois ou plus, a-t-il ajouté, notant que des éléments de toutes les branches de sécurité sont fortement déployés dans la région.

Signes de la stratégie du régime

Pendant ce temps, les forces du régime continuent de confisquer les maisons et les biens appartenant à des résidents ayant fui vers d'autres régions de la Syrie ou d'autres pays, a fait savoir al-Beik.

« Ces propriétés sont actuellement occupées par des partisans du régime venus de l'extérieur de la région et entraînent de fait un changement démographique », a-t-il expliqué.

L'intention du régime commence à devenir plus claire, a-t-il déclaré, indiquant qu'il « vise de toute évidence à créer un cordon de sécurité autour de Damas ».

Conformément à cette stratégie, a-t-il poursuivi, le régime a changé le nom de plusieurs zones, leur donnant de nouveaux noms qui témoignent de leur loyauté envers le régime.

Par exemple, le nom du district de Cheikh Ibrahim à Kafr Batna a été changé en al-Areen (la fosse aux lions), en référence au nom du président syrien Bashar al-Assad.

Et le nom d'un district résidentiel de Ayn Tarma est devenu al-Raees (le président), a rapporté al-Beik.

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