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Droits de l'Homme |

Les travailleurs humanitaires syriens demandent à être protégés

Waleed Abou al-Khair au Caire

Le 19 août, des militants humanitaires dans le nord de la Syrie tiennent une banderole portant les noms et les photos des travailleurs humanitaires tués lors de la guerre en Syrie. [Photo fournie par l'Alliance syrienne des ONG]

Les travailleurs humanitaires du nord de la Syrie se sont rassemblés lundi 19 août près du poste-frontière de Bab al-Hawa, dans la campagne du nord d'Idlib, pour marquer la Journée mondiale de l'aide humanitaire par une veillée et une manifestation.

Plus de 150 militants et travailleurs humanitaires qui se sont rassemblés ont demandé que les travailleurs humanitaires soient protégés pendant les opérations militaires, a rapporté le militant local Haisam al-Idlibi à Diyaruna.

Ils ont appelé à l'indemnisation de leurs blessés et des familles des travailleurs humanitaires tués dans l'exercice de leurs fonctions, et ont également exigé que le sort de dizaines de militants ayant disparu de force soit dévoilé.

Ils portaient une grande banderole portant les noms et les photos des travailleurs humanitaires tués, a fait savoir al-Idlibi, ainsi que des pancartes demandant que les militants humanitaires soient à l'abri du danger et bénéficient d'une protection.

Des militants syriens participent à une manifestation organisée à l'occasion de la Journée mondiale de l'aide humanitaire au point de passage de Bab al-Hawa à Idlib le 19 août. [Photo fournie par l'Alliance syrienne des ONG]

Des militants syriens participant à la Journée mondiale de l'aide humanitaire brandissent des pancartes appelant à leur protection. [Photo fournie par l'Alliance syrienne des ONG]

La veillée de solidarité avec les travailleurs humanitaires est un événement annuel, organisé à l'occasion de la Journée mondiale de l'aide humanitaire proclamée par l'ONU, a expliqué Nourreddine al-Jammal, membre de l'Alliance syrienne des ONG (ASO) et bénévole à Alep et Idlib.

« Le nombre d'organisations humanitaires opérant dans le nord de la Syrie a fortement diminué », a-t-il déclaré à Diyaruna, ajoutant que « moins de 22 organisations œuvrent actuellement sous les auspices de l'ASO ».

Les participants à la Journée mondiale de l'aide humanitaire ont soulevé la question des personnes portées disparues de force ; celles qui ont été enlevées par les belligérants dans plusieurs régions sous divers prétextes, a indiqué al-Jammal.

Les travailleurs humanitaires sont directement et quotidiennement exposés au danger, a-t-il affirmé, car ils sont pris pour cible par les avions de chasse des régimes russe et syrien.

Un grand nombre d'entre eux ont été tués ou blessés lors de frappes aériennes, a-t-il poursuivi, dernièrement lors des frappes qui ont touché des zones rurales du sud d'Idlib.

« L'endroit le plus mortel pour les travailleurs humanitaires »

Pour la troisième année consécutive, la Syrie est l'endroit le plus meurtrier pour les travailleurs humanitaires, selon une analyse réalisée par CARE International.

Sur les 57 travailleurs humanitaires qui ont perdu la vie dans le monde depuis le début de cette année, 18 ont été tués dans le conflit syrien, a fait savoir CARE.

« Alors que les habitants d'Idlib dépendent entièrement de l'aide fournie à leurs communautés, l'artillerie lourde et les bombardements depuis fin avril ont entraîné des pertes inacceptables en vies humaines pour les travailleurs humanitaires et la population en général », déclare Nirvana Shawky, directrice régionale de CARE pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.

« Tous les belligérants doivent s'acquitter de leurs responsabilités en vertu du droit international humanitaire pour protéger tous les civils, y compris les travailleurs humanitaires, et de veiller à ce qu'ils soient en mesure d'apporter une aide vitale aux personnes dans le besoin », a-t-elle conclu.

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