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Terrorisme |

Les États-Unis sanctionnent quatre Irakiens pour violation des droits de l'homme et corruption

Faris al-Omran

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Quatre Irakiens ont été sanctionnés par les États-Unis le 19 juillet, dont (dans le sens des aiguilles d'une montre) Ahmed al-Jubouri, ancien gouverneur de la province de Salaheddine, Rayan al-Kildani, chef de la milice du Mouvement de Babylone, Waad Qado, chef de la 30e brigade, et Nawfal al-Akoub, ancien gouverneur de Ninive. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Les États-Unis ont sanctionné jeudi 18 juillet deux chefs de milice irakiens et deux anciens gouverneurs pour violation des droits de l'homme et corruption.

Ces sanctions visent tous les biens qu'ils possèdent ou dans lesquels ils ont des intérêts et qui se trouvent aux États-Unis ou sous le contrôle de « personnes américaines », ainsi que « toute entité » dans laquelle ils détiennent une participation de 50 % ou plus, a fait savoir le département du Trésor.

Ahmed al-Jubouri, ancien gouverneur de la province irakienne de Salaheddine et actuel député, a été sanctionné pour corruption et est également « connu pour protéger ses intérêts personnels en aidant des intermédiaires soutenus par l'Iran », a déclaré le Trésor dans un communiqué.

L'ancien gouverneur de Ninive, Nawfal Hammadi al-Sultan, ou Nawfal al-Akoub, a été accusé de corruption, de profits illégaux, d'abus de pouvoir, de gaspillage de fonds publics et de négligence, selon la déclaration.

Le parlement irakien a voté le limogeage d'al-Akoub après qu'un bateau surchargé a chaviré en mars, faisant 100 morts, la plupart étant des femmes et des enfants.

La Commission irakienne de lutte contre la corruption et d'intégrité a déclaré plus tôt cette année que des responsables « proches d'al-Akoub » avaient détourné au total 64 millions de dollars de fonds publics.

« Les États-Unis ne resteront pas les bras croisés »

Les sanctions américaines incluaient également deux chefs de milice, Rayan al-Kildani et Waad Qado, qui ont été accusés, directement ou indirectement, d'avoir commis de « graves violations des droits de l'homme ».

Al-Kildani est le chef de la milice du Mouvement de Babylone. En mai 2018, une vidéo a circulé dans laquelle al-Kildani coupait l'oreille d'un détenu menotté, a rapporté le Trésor.

Le Trésor a ajouté que les forces d'al-Kildani ont « systématiquement pillé des maisons » et « auraient saisi et vendu illégalement des terres agricoles ».

Al-Kildani est également accusé d'infractions aux droits de l'homme, d'intimidation, de chantage et de harcèlement envers des femmes, de saisie et de vente illégale de biens privés, et d'avoir empêché des déplacés internes (DI) de revenir dans la plaine de Ninive.

Dans le même temps, la milice de Qado, la 30e brigade, a « soutiré de l'argent à la population autour de Bartella, dans la plaine de Ninive, par extorsion, arrestations illégales et enlèvements » et a « fréquemment détenu des personnes sans mandat, ou avec des mandats frauduleux ».

Jeudi, le vice-président américain Mike Pence a déclaré que les États-Unis « ne resteront pas les bras croisés pendant que les milices soutenues par l'Iran répandent la terreur ».

Un responsable du département d'État a déclaré à l'AFP que Pence faisait référence à al-Kildani et Qado, affirmant que « les milices qu'ils dirigent sont soutenues par l'Iran ».

Les États-Unis « continueront de tenir pour responsables les personnes associées à de graves violations des droits de l'homme, y compris la persécution de minorités religieuses, et les fonctionnaires corrompus qui exploitent leurs positions de confiance publique pour se remplir les poches et accumuler du pouvoir aux dépens de leurs citoyens », a déclaré Sigal Mandelker, sous-secrétaire au Trésor pour le terrorisme et le renseignement financier.

« Réponse appropriée »

L'inscription de ces personnes sur la liste des personnes visées par les sanctions américaines est un « bon pas » vers l'affaiblissement des activités malveillantes des personnalités irakiennes pro-iraniennes et corrompues, a affirmé le politologue et ancien député irakien Taha al-Lahibi.

« Nous soutenons la décision du département du Trésor américain et y voyons une réponse appropriée aux crimes commis par des éléments des milices irakiennes soutenues par le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) contre des innocents », a-t-il indiqué vendredi à Diyaruna.

Ces milices ont commis des « méfaits atroces » contre les citoyens et ont porté atteinte à leurs biens personnels, a-t-il déploré.

Les sanctions américaines imposent également des restrictions sur des personnalités corrompues, ce qui est « un moyen efficace de protéger les biens du peuple irakien contre les voleurs et les personnes corrompues », a déclaré al-Lahibi.

Al-Lahibi a demandé que des sanctions soient imposées à un plus grand nombre de chefs de milices irakiennes fidèles à l'Iran, ainsi qu'à ce qu'il a qualifié de « titans de la corruption » qui ont « pillé des millions de dollars de l'argent du peuple irakien et vidé les caisses de l'État ».

La décision américaine a également gagné le soutien du peuple irakien.

« Il s'agit d'une décision judicieuse et d'un autre coup porté au cœur des milices qui ont commis de nombreux crimes contre le peuple irakien », a affirmé Nabil al-Dulaimi, résident de Bagdad, à Diyaruna.

Il a exprimé son soutien à toute sanction concernant « les figures impliquées dans le vol des ressources du pays, l'appauvrissement du peuple irakien et la dégradation des services publics ».

Ces personnes ne cherchent qu'à servir leurs propres intérêts, a-t-il ajouté.

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Politique Commentaire
Captcha

Bon travail! Même les personnes occupant des postes de responsabilité craindront un peu et mettront un terme à leur corruption. La corruption a détruit l'Irak. La raison en est les gens parce qu'ils acceptent tout. C’est parce qu’ils sont fatigués, affamés et corrompus, qu’ils vivent de la corruption et l’acceptent. Seul le peuple est capable de changer.

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Ce qui est juste, c'est bien! La richesse de ce pays est comme un poison pour quiconque l’a pris sans le vouloir, même s’ils occupent le rang le plus bas dans ce pays.

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