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Sécurité |

Le gouvernement irakien publie un décret pour contenir les milices des FMP

Fares al-Omran

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Une image extraite d'une vidéo publiée sur internet le 26 juin 2017 montre des membres de la milice Saraya al-Khorasani, appuyée par l'Iran lors d'un défilé à Bagdad.

Le Premier ministre irakien Adel Abdoul Mahdi a publié lundi 1er juillet un décret ordonnant l'intégration de tous les groupes armés dans l'armée irakienne, une décision qui a reçu le soutien des Irakiens.

En vertu de ce décret, les membres des Forces de mobilisation populaire (FMP) doivent être soumis aux mêmes règles que le personnel de l'armée régulière et agiront entièrement dans le cadre des forces armées irakiennes.

Ils obéiront exclusivement aux ordres du commandant en chef des forces armées et organiseront leurs grades, titres et camps selon les normes militaires officielles, a fait savoir le décret.

Les membres des FMP doivent également rompre tout lien avec des personnalités politiques ou leurs anciennes milices.

Abdoul Mahdi a ordonné la fermeture de tous les bureaux affiliés aux FMP ainsi que de tous les bureaux économiques, postes de contrôle ou entités appartenant à ces groupes.

La fermeture de ces bureaux est une mesure très importante, car elle « draine l'économie [irakienne] et les fonds publics », a expliqué à Diyaruna l'analyste de sécurité Fadel Abu Ragheef.

Les milices des FMP alignées sur l'Iran sont accusées de mener des activités économiques non autorisées dont la collecte de l'argent du racket, l'imposition de frais aux commerçants et aux petites entreprises, et le chantage aux investisseurs pour obtenir une part de leurs revenus, a-t-il expliqué.

Par ces activités, les milices armées agissant pour les FMP ont cherché à avoir accès à un financement et à accroître leur influence, a-t-il poursuivi.

Ces milices sont notamment Kataib Hezbollah, Harakat al-Nujaba, Asaib Ahl al-Haq et l'Organisation Badr.

Régulation du port d'armes

Les autres clauses du décret « sont toutes axées sur l'interdiction des aspects visibles et des activités liées aux armes, l'interdiction du libre port d'armes et leur limitation aux forces de sécurité », a déclaré Abou Ragheef.

« Toute faction armée doit choisir entre rejoindre l'appareil de sécurité officiel ou se tourner vers des activités politiques », a-t-il ajouté.

Si un groupe armé choisit le travail politique, « il sera soumis aux règles juridiques qui régissent la formation des partis [politiques], et ses membres ne pourront pas porter d'armes sans permis », a-t-il précisé.

Ce décret fait suite à une série d'attaques lancées le mois dernier contre des missions diplomatiques et des intérêts internationaux en Irak, qui ont été imputées à des « groupes armés irakiens » liés à l'Iran.

Il est le résultat d'une série de consultations conduites ces quatre derniers mois entre des responsables gouvernementaux et des dirigeants des FMP, a souligné Abou Ragheef.

Omar Qais, un habitant de Bagdad, a déclaré à Diyaruna qu'il soutient les « ordres stricts et audacieux » de ce décret.

« J'espère que les décisions ne resteront pas lettre morte, et qu'elles seront appliquées sur le terrain », a-t-il fait savoir.

Adnan Khudair, également de Bagdad, a déclaré à Diyaruna que ce décret reflète les demandes populaires de faire respecter l'autorité de l'État et l'État de droit, et de réglementer le port d'armes en Irak.

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Politique Commentaire
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Nous espérons qu'ils appliqueront cela plutôt que de laisser des slogans et des décisions sur la table sans mise en œuvre. Nous devons créer un État d’institutions, et non un État de gangs et de milices qui portent des armes sous des noms qui ternissent la réputation d’un pays qui a appris au monde à lire et à écrire.

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