Économie

Confrontés à des difficultés économiques chez eux, les Iraniens cherchent du travail en Irak

Alaa Hussain à Bagdad

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Une capture d'écran de la chaîne de télévision satellitaire irakienne Dijlah montre un journaliste tentant de parler avec une vendeuse des rues iranienne à Bagdad [chaîne de télévision satellitaire Dijlah/Facebook]

L'Irak a récemment assisté à un afflux de centaines d'Iraniens fuyant leur pays en raison de la dégradation de la situation économique et en quête d'un emploi dans les grandes villes irakiennes, ont expliqué à Diyaruna des habitants locaux et des spécialistes.

La ville de Najaf regorge de mendiants et de vendeurs des rues iraniens qui ont franchi la frontière pour vendre des produits à prix réduit, tandis que les travailleurs iraniens envahissent la ville d'Erbil, où ils concurrencent les travailleurs irakiens à bas salaire pour des emplois dans la construction.

Mépris pour les travailleurs iraniens

Haidar Kareem, gérant d'un hôtel à Najaf, a expliqué à Diyaruna que la ville attirait autrefois des centaines de touristes religieux iraniens chaque jour.

Mais récemment, le nombre de ces touristes a fortement chuté, a-t-il précisé, et les Iraniens viennent désormais pour tenter de gagner leur vie, et non plus pour dépenser leur argent en tourisme religieux.

« Aujourd'hui, nous voyons des Iraniens mendier dans les rues de Najaf et de Karbala », a-t-il expliqué, et les quelques voyageurs qui restent dépensent avec parcimonie en raison de la forte baisse du riyal iranien.

En mai, la chaîne de télévision satellitaire irakienne Dijlah a diffusé un reportage sur les dizaines de femmes iraniennes sur les trottoirs de Bagdad qui vendent des bagues à bas prix et des chapelets de prière aux passants.

Ce reportage montre des femmes âgées portant l'abaya iranienne et s'exprimant avec un fort accent perse vendre leurs produits. Elles ont toutefois refusé de parler avec le reporter de la télévision, et se sont caché le visage pour éviter de devoir rendre des comptes à la justice.

Selon ce reportage, ces femmes sont vues avec grand mépris par les Irakiennes, car elles travaillent sans permis et font ainsi concurrence aux jeunes Irakiennes qui cherchent à travailler comme vendeuses de rue.

Par ailleurs, des centaines de travailleurs iraniens dans le domaine de la construction ont fui les villes iraniennes à majorité kurde et se sont dirigés vers la ville d'Erbil pour échapper au chômage et à la situation économique difficile dans leur pays, a expliqué à Diyaruna Ahmad Khoshnaw, qui dirige une entreprise de construction.

« La plupart des ouvriers iraniens sont des ouvriers peu qualifiés qui occupent des petits emplois et perçoivent des salaires moins élevés que leurs homologues irakiens », a-t-il ajouté.

Les sanctions favorisent les migrations économiques

L'afflux de travailleurs iraniens en Irak et dans d'autres pays aux économies plus fortes est le résultat naturel des pressions économiques que subit l'Iran du fait des sanctions, a expliqué Abdoul Hadi al-Rakani, conseiller spécial auprès de l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) en Irak.

Cette pression économique entraîne dans un premier temps une migration du capital humain vers les pays voisins, puis s'étend vers d'autres pays, a-t-il expliqué à Diyaruna.

L'économie iranienne pourrait bénéficier des migrations de main d'œuvre avec les remises de devises fortes, a-t-il expliqué, « qui lui apporte une ressource vitale qui l'aide à résoudre ses difficultés, même de manière marginale ».

Mais ces migrations pourraient aussi s'aggraver et drainer les investissements et le capital local hors d'Iran, a-t-il poursuivi, «ce qui aurait un effet contraire sur l'économie ».

Protéger les travailleurs irakiens

La situation financière difficile que connaissent les Iraniens les pousse à chercher de nouveaux emplois en Irak ou ailleurs, a expliqué Uday Bijai, chef du département de sociologie à l'Université Dhi Qar.

Ces salariés « exploitent les différences de taux de change et acceptent des salaires plus bas, profitant de cette facilité de transfert d'argent dans leur pays et de la nature de rentier de l'économie irakienne », a-t-il précisé à Diyaruna.

Cela pourrait avoir un effet inverse sur les travailleurs irakiens, « pour l'essentiel peu qualifiés et peu payés, et qui ne peuvent concurrencer des travailleurs expatriés souvent très qualifiés et qui appliquent des charges moindres », a-t-il poursuivi.

Najem al-Aqabi, directeur du service des médias au ministère du Travail et des Affaires sociales, a expliqué que son ministère s'efforce d'améliorer les compétences des travailleurs irakiens pour leur permettre d'entrer sur le marché local et de concourir pour des emplois.

« Le ministère compte plusieurs centres de formation professionnelle destinés à former les travailleurs irakiens à diverses compétences pour les faire entrer sur le marché local », a-t-il conclu pour Diyaruna.

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Après s'être préparée à l'opération depuis hier soir, une force conjointe de la 53e Brigade Hussein et de la 40e Brigade, les bataillons de l'imam Ali (Forces de mobilisation populaires), a entouré ce matin une montagne située près de Sheikh Ibrahim, entre Tal Afar et al-Mahlabiya. Ils ont tué quatre éléments de "l'État islamique en Irak et en Syrie" (EIIS) dans un tunnel secret et ont saisi leurs armes. Ils ont même montré leurs corps à Tal Afar.

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S'il vous plaît, ne manquez pas de respect aux Iraniens. Et pourquoi avez-vous écrit le terme "mendicité" dans votre article? Ce n'est pas bien.

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La mendicité est un mot arabe classique.

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Peu importe ce qui adviendra de l'Iran, un individu iranien demeurera toujours un lion! Les États-Unis n'ont pas pu forcer [l'Iran] à s'incliner. bien sû l'économie est mauvaise, mais un iranien ne mendie jamais. Au contraire, il travaille pour gagner de l'argent.

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