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L'Irak rapatrie ses ressortissants enfuis en Syrie

Khalid al-Taie

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Des familles irakiennes du camp d'al-Hol en Syrie se préparent à franchir la frontière pour entrer dans la province irakienne de Ninive le 30 août dernier. [Photo fournie par le ministère irakien des Migrations et des Déplacements] 

Les autorités irakiennes se préparent à rapatrier tous les ressortissants irakiens vivant dans le camp de réfugiés d'al-Hol, dans la province syrienne d'al-Hasakeh, y compris les femmes et les enfants des éléments de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS).

Le gouvernement « concentre ses efforts sur le rapatriement de tous les Irakiens vivant dans le camp d'al-Hol en Syrie », a déclaré Ali Abbas Jahankir, vice-directeur général du service des affaires de branches du ministère des Migrations et des Déplacements.

« Nous avons commencé à préparer un camp pour les accueillir dans la région d'al-Kask, dans l'ouest de la province de Ninive, d'une capacité totale de 4 000 tentes et possiblement plus, en fonction des besoins », a-t-il expliqué.

Le ministère a déjà rapatrié 16 000 Irakiens du camp d'al-Hol ces deux dernières années, les recevant des mains des Forces démocratiques syriennes (FDS) et les transportant en Irak via le district de Sinjar dans la province de Ninive.

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Des familles irakiennes arrivent en Irak en provenance du camp d'al-Hol en Syrie le 1er octobre dernier. [Photo fournie par le ministère irakien des Migrations et des Déplacements]

« Plus de 30 000 Irakiens se trouvent encore dans ce camp », a ajouté Jahankir, expliquant que ces personnes avaient fui par-delà la frontière lorsque l'EIIS s'était emparé de vastes portions du territoire irakien en 2014.

Al-Hol a accueilli un nombre comparable de Syriens au cours des années, a-t-il précisé.

Plus récemment, les familles de milliers de combattants de l'EIIS qui s'étaient rendues aux FDS à al-Baghouz ont été relocalisées dans ce camp, parmi lesquelles des familles irakiennes, a-t-il continué.

Les forces irakiennes procéderont à des contrôles de sécurité précis des personnes remises par les FDS, a précisé Jahankir, et s'assureront que celles qui ont été impliquées dans des actes de terrorisme seront traduites en justice.

Des femmes de l'EIIS sèment l'agitation à al-Hol

Des heurts violents ont éclaté à al-Hol entre des femmes de l'EIIS récemment arrivées qui adhèrent encore à l'idéologie du groupe et d'autres qui étaient venues avec leur famille dans ce camp pour échapper aux extrémistes.

Les médias sociaux ont largement diffusé des scènes de plusieurs femmes scandant des slogans pro-EIIS alors que les FDS les sortaient des zones de conflit à al-Baghouz.

Ces femmes de l'EIIS ont causé des problèmes depuis leur arrivée au camp d'al-Hol, où elles ont accusé d'autres femmes d'être des infidèles et de ne pas respecter la charia, selon les médias.

De tels actes ont incité les responsables du camp à séparer ces femmes.

Les autorités irakiennes surveillent de près les derniers événements survenus à al-Hol, et ont enregistré des vidéos des femmes de l'EIIS qui n'ont fait preuve d'aucun remords, mais ont au contraire « prêté une allégeance totale au groupe », a expliqué l'expert en sécurité Saeed al-Jayashi.

« Elles en tiendront compte lorsque tous les Irakiens leur seront remis par l'administration du camp », a-t-il précisé à Diyaruna.

Avant de retourner dans leur pays, les membres des familles irakiennes de l'EIIS « seront soumis à un ensemble de procédures de sécurité pour s'assurer qu'ils n'ont pas été influencés par l'idéologie extrémiste ou qu'ils n'ont pas été impliqués dans des actes violents », a-t-il ajouté.

Réintégration des familles autorisées

Les familles autorisées par les forces de sécurité seront inscrites à un programme de réinsertion destiné à « les aider à se réintégrer dans la société et à se réadapter à leurs communautés », a poursuivi al-Jayashi.

L'Irak a jusqu'ici reçu 382 Irakiens membres de l'EIIS, sur les centaines qui s'étaient rendus aux FDS ou qui avaient été arrêtés lors des combats à al-Baghouz en Syrie ces dernières semaines.

Ces hommes sont actuellement interrogés par les forces de sécurité irakiennes, a-t-il ajouté.

Les camps situés dans les régions de Ninive d'al-Khazir, Hassan Shami, al-Jadaa et al-Mudarraj renferment déjà des milliers de déplacés internes (DI), a expliqué Ayed al-Louayzi, membre du conseil provincial de Ninive.

« S'il dispose d'un plan pour absorber les grands nombres de DI du camp d'al-Hol, le gouvernement devrait renforcer le soutien apporté [à Ninive], car les moyens des autorités locales sont limités, et la charge est lourde », a-t-il conclu.

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