Économie

L'Anbar souhaite attirer les investissements à Ramadi

Khalid al-Taie

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Les autorités de l'Anbar lancent le projet du complexe commercial du Boulevard de Ramadi lors d'une conférence de presse du 20 février. [Photo fournie par la municipalité de Ramadi]

Les autorités locales de l'Anbar ont ouvert la porte aux investissements pour tenter d'accélérer le rythme de la reconstruction et du développement dans la province dans la période après « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS).

Elles ont pour ce faire adopté une « vision stratégique » du développement de Ramadi, la capitale provinciale, visant à en faire une véritable plateforme de l'investissement, ont expliqué les responsables à Diyaruna.

« Les autorités locales de l'Anbar ont commencé à mettre en œuvre cette vision sur le terrain en lançant des projets de grande envergure qui bénéficieront économiquement à la province et au pays dans son ensemble », a expliqué le maire de Ramadi Ibrahim al-Awsaj.

« La seule façon de surmonter les conséquences du terrorisme et de parvenir au développement souhaité est l'investissement », a-t-il dit, soulignant qu'en raison des contraintes budgétaires, « le recours à cette option est désormais une affaire urgente ».

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Un ingénieur irakien supervise la reconstruction d'une école à Ramadi qui avait été endommagée par l'EIIS. [Photo fournie par le Fonds pour la reconstruction des provinces irakiennes affectées par le terrorisme, publiée le 5 octobre 2017]

L'Anbar est riche en énergie, en minerais et en ressources humaines, a poursuivi al-Awsaj. Cela, couplé à une situation sécuritaire désormais stable, assure un climat général attractif pour les investisseurs.

Attirer les capitaux

« Notre plan comporte plusieurs projets stratégiques et de développement qui aideront Ramadi à passer du stade d'une ville qui lutte pour effacer l'héritage du terrorisme à celui de l'un des plus importants centres économiques, attractif pour les investissements et les capitaux », a-t-il ajouté.

Un grand centre commercial de trois étages est actuellement en construction dans le secteur de la rue al-Mustawdaa, au centre de Ramadi, qui proposera également un parc de stationnement et des espaces verts, a ajouté al-Awsaj.

Ce projet est financé par le secteur privé et coûtera environ 25 millions de dollars sur une période de deux ans, a-t-il précisé.

Outre la création d'emplois et de revenus pour l'Anbar, les responsables espèrent que ce projet contribuera à « dissiper les craintes des investisseurs » relatives à la situation sécuritaire de la province, a-t-il ajouté.

L'Anbar connaît actuellement « un sursaut » dans le secteur de la reconstruction, notamment dans le secteur des services publics, a-t-il ajouté, où les centrales électriques et hydrauliques, comme la centrale thermique de Heet, sont remises en service, et où les écoles sont réhabilitées.

Le 20 février, le gouvernement de l'Anbar a annoncé avoir ouvert la porte à l'investissement dans « le plus grand complexe commercial » du pays.

Le complexe du Boulevard de Ramadi sera érigé sur une surface de plus d'un kilomètre carré dans la zone Kilo 5 de l'ouest de Ramadi.

« Il s'agit d'un projet immense que le gouvernement de l'Anbar espère mettre en place dans le cadre de son ambition stratégique », a expliqué Mouhannad al-Noman, président de l'Autorité pour l'investissement de l'Anbar.

Les responsables locaux cherchent à ouvrir toutes grandes les portes aux entreprises pour qu'elles investissent dans ce projet du Boulevard de Ramadi, a-t-il ajouté, qui comprendra plusieurs centres commerciaux, des installations d'éducation et de santé, un hôtel et des terrains d'exposition.

L'investissement est essentiel

À Ramadi, plusieurs projets qui avaient été détruits par l'EIIS ont été réhabilités.

« Nous avons remis en état deux complexes résidentiels (de 300 unités de logement) et terminé le complexe résidentiel al-Farooq, qui propose 500 unités de logement », a précisé al-Noman.

Une briqueterie a également été construite pour fournir des matériaux de construction à Ramadi, ainsi qu'un hôpital de 50 lits, a-t-il ajouté.

« La vision du gouvernement de l'Anbar consiste à ouvrir des opportunités d'investissement et à attirer les investissements à Ramadi et dans d'autres villes de l'Anbar, afin de faire passer ces villes du stade de la 'préservation de la stabilité' à celui de l'investissement », a déclaré à Diyaruna Taha Abdoul Ghani, membre du conseil provincial de l'Anbar.

Après la libération de l'Anbar de l'EIIS, les efforts avaient d'abord porté sur les projets de renforcement de la paix et la fourniture des services de base aux habitants.

« L'accent est désormais mis sur la reconstruction et le développement », a poursuivi Abdoul Ghani, « et nous offrons un environnement [favorable] pour l'investissement et des capacités économiques prometteuses dont nous espérons qu'elles attireront les sociétés d'investissement ».

Et de conclure : « Une pénurie de liquidités est le plus gros défi » pour le développement de l'Anbar. « Donc l'investissement est la meilleure manière de surmonter ce problème. »

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