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Des têtes coupées découvertes dans un charnier près d'une poche de l'EIIS en Syrie

Waleed Abou al-Khair au Caire et AFP

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La Division de réponse rapide de la défense civile d'al-Raqqa regroupe des corps après avoir ouvert un charnier de victimes de l'EIIS près de la ville d'al-Raqqa, dans le nord de la Syrie, le 19 février. [Fadel Senna/AFP]

Des corps et des têtes coupées ont été retrouvés dans un charnier à proximité du dernier bastion du groupe de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) dans l'est de la Syrie, ont indiqué les autorités kurdes jeudi 28 février.

« Un charnier a été découvert il y a une dizaine de jours dans une zone libérée » près d'al-Baghouz, a expliqué Adnan Afrin, porte-parole des Forces démocratiques syriennes (FDS).

« Il contient les corps de plusieurs hommes ainsi que des têtes coupées de femmes », a-t-il précisé à l'AFP.

Les FDS, une alliance arabo-kurde qui combat l'EIIS en Syrie avec le soutien de la coalition internationale, est à quelques jours de reprendre la dernière poche de territoire encore tenue par le groupe extrémiste à proximité de l'Euphrate, non loin de la frontière irakienne.

Afrin a expliqué que le nombre de corps contenus dans ce charnier n'était pas encore connu, ajoutant que ce site avait été découvert par accident par un bulldozer qui travaillait dans la zone.

Ce charnier se situe dans les faubourgs d'al-Baghouz « tout près des maisons », a indiqué à Diyaruna Azad Dudeki, l'un des responsables du Croissant-Rouge kurde.

Il contient les restes d'hommes et de femmes apparemment exécutés, a-t-il poursuivi, soulignant que le nombre de femmes était très élevé et que la plupart avaient été décapitées, alors que la majorité des hommes avaient été abattus d'une balle dans la tête.

« Des informations confirmées reçues ces dernières semaines indiquent qu'un grand nombre de civils qui tentaient de fuir la zone occupée par le groupe ou avaient été accusés de travailler avec les forces de la coalition internationale ou les FDS avaient été exécutés », a ajouté Dudeki.

Un grand nombre d'éléments de l'EIIS avaient également été exécutés pour avoir refusé de combattre ou avoir tenté de s'échapper de la dernière poche de territoires encore tenue par le groupe, a-t-il continué.

Victimes yézidies

On estime que certaines des victimes pourraient avoir été membres de la communauté yézidie, une minorité religieuse parlant kurde installée en Irak et que l'EIIS considérait comme hérétique.

Mais Afrin a cependant précisé que les victimes n'avaient pas encore été identifiées.

« On pense que ces femmes étaient des yézidies capturées par le groupe pour servir de sabaya (esclaves sexuelles), mais le sort de nombre d'entre elles reste encore inconnu », a précisé Dudeki.

L'EIIS a massacré des centaines de yézidis lorsqu'il s'était emparé de larges portions du nord de l'Irak en 2014, asservissant des milliers de femmes et de fillettes.

Depuis le début de cette année, 45 femmes et enfants yézidis enlevés par l'EIIS en Syrie ont été libérés, a fait savoir jeudi le Bureau pour les affaires des yézidis enlevés.

Parmi eux, quatorze ont été libérés cette semaine seulement, a déclaré dans un communiqué le responsable de ce bureau à Duhok Hussein al-Qaidi.

« Au cours des dernières 48 heures, nous avons libéré quatorze enfants yézidis âgés de cinq à seize ans de l'EIIS en Syrie », a-t-il fait savoir jeudi.

« Nos efforts pour libérer ces victimes d'enlèvements et les ramener à leurs familles dès que possible se poursuivront », a-t-il ajouté.

Début février, les autorités kurdes du nord-est de la Syrie ont mis à jour un charnier près de la ville d'al-Raqqa, qui contenait selon les estimations 3500 corps, le plus important à ce jour.

Des dizaines de charniers contenant les corps de civils et de combattants tués par l'EIIS ont été découverts en Syrie et en Irak ces dernières années.

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