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Terrorisme |

Début des exhumations dans « le plus grand » charnier de l'EIIS à al-Raqqa

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Une équipe de la Division de réponse rapide exhume des corps de diverses tombes non loin d'al-Raqqa. [Photo fournie par Moustafa Sheylan]

Les exhumations ont commencé sur deux nouveaux sites de charniers découverts la semaine dernière dans la ville syrienne d'al-Raqqa et qui contiennent les corps de personnes exécutées par « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS).

Le principal site a été décrit comme le plus grand de Syrie, et semble contenir les restes de plus de 2 500 victimes.

Les équipes de la Division de réponse rapide du département de la défense civile d'al-Raqqa savaient qu'il existait de nombreux charniers à proximité de la ville, a expliqué Moustafa Sheylan, un membre de l'équipe spécialisé dans le déminage.

Les sites de ces charniers sont connus pour contenir les restes des victimes des massacres commis par l'EIIS lorsqu'il contrôlait la ville, a-t-il expliqué à Diyaruna, mais « il n'a pas été facile de les mettre à jour, car la zone est truffée de mines enterrées de manière aléatoire et de débris ».

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Des membres de la Défense civile syrienne aux abords du site d'un charnier de l'EIIS à al-Fakhikha au sud de la ville d'al-Raqqa. [Photo fournie par Mustafa Sheylan]

Les équipes opérant à al-Raqqa, notamment la défense civile, des équipes de démineurs et de la police scientifique ont été en mesure de localiser et de commencer à exhumer les deux derniers sites récemment découverts à al-Fakhikha, une zone située au sud de la ville d'al-Raqqa.

Les corps avaient été jetés au hasard dans le premier charnier, le plus grand, où les opérations d'exhumation sont en cours, a-t-il expliqué.

Le nombre de corps présents dans ce site devrait dépasser 2 500.

Les premières informations indiquent que les restes sont ceux de prisonniers détenus par l'EIIS et tués alors que le groupe contrôlait la région.

Des milliers de victimes de l'EIIS

Le second charnier contient un nombre de corps nettement moindre, qui semblent avoir été enterrés individuellement.

L'on pense qu'il pourrait s'agit des restes d'éléments de l'EIIS ou d'autres personnes exécutées individuellement à divers moments, a expliqué Sheylan.

« À ce jour, quatorze charniers ont été mis à jour dans la région depuis la libération de la ville », a-t-il ajouté.

Selon Sheylan, il est encore trop tôt pour estimer le nombre total de corps enterrés dans ces deux sites, mais il pourrait dépasser 3 000.

Et il est également encore trop tôt pour identifier ces restes humains, a-t-il ajouté, parce qu'ils sont en état de décomposition avancée et qu'il existe peu d'indices sur leur identité.

Dans l'idéal, a-t-il conclu, des tests ADN seraient effectués et un fichier serait créé pour chaque cas, mais cela a peu de chances d'être le cas en raison du manque de ressources financières et logistiques, et de la dispersion des proches survivants en Syrie et à l'étranger.

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