Sécurité

Les forces irakiennes détruisent un réseau de tunnels de l'EIIS menant en Syrie

Khalid al-Taie

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Des soldats irakiens à côté d'un tunnel creusé par les éléments de l'EIIS découvert dans l'Anbar, sur cette photo publiée en ligne de 25 janvier. [Photo fournie par le ministère irakien de la Défense]

Les forces irakiennes, appuyées par les tribus locales, ont détruit un réseau de tunnels qui franchissaient la frontière entre l'Irak et la Syrie et qui était utilisé par « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) pour faire passer clandestinement des combattants et des armes, ont expliqué les autorités.

Ces tunnels, onze au total, ont été mis à jour dans la ville frontalière d'al-Qaim, dans la province de l'Anbar.

Ils permettaient de passer d'Irak en Syrie, et l'un d'entre eux, suffisamment grand pour que des personnes puissent y marcher, s'étirait sur plus de trois kilomètres.

Ces tunnels dataient de la période entre 2014 et 2017, lorsque l'Anbar était sous le contrôle de l'EIIS, a expliqué le maire d'al-Qaim Ahmed al-Dulaimi à Diyaruna.

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Un hélicoptère irakien lors d'une mission de reconnaissance dans le désert à l'ouest de l'Anbar à la recherche de repaires de l'EIIS, sur cette photo d'archive datée du 11 décembre 2017. [Photo fournie par le commandement des opérations dans l'Anbar]

Ce réseau de tunnels « fait partie d'un ensemble d'anciennes tranchées et de tunnels que les forces de sécurité et les tribus irakiennes avaient initialement découverts après avoir libéré al-Qaim et repris le contrôle de la frontière irako-syrienne », a-t-il expliqué.

Ces tunnels ont été découverts après des enquêtes approfondies et des opérations de recherche menées par les forces irakiennes dans la région désertique le long de la frontière pour tenter de trouver les repaires des activistes, a ajouté al-Dulaimi.

« Les membres de l'EIIS tentaient d'utiliser ces passages secrets pour entrer en Irak depuis la Syrie et de faire passer en contrebande des armes en évitant d'être repérés », a-t-il poursuivi.

Il a salué la vigilance des patrouilles frontalières, du commandement des opérations d'al-Jazeera et des forces tribales, soulignant que ces forces bénéficiaient d'une forte emprise sur les régions frontalières, et qu'elles étaient soutenues en cela par la couverture aérienne de la coalition internationale.

Plusieurs infiltrés bloqués à la frontière

En février, les forces irakiennes ont fait échouer plusieurs tentatives d'infiltration par des éléments de l'EIIS qui cherchaient à franchir la frontière depuis al-Baghouz en Syrie.

Onze activistes ont été abattus alors qu'ils tentaient de fuir les combats dans l'est de la Syrie lors des derniers combats de l'EIIS contre les Forces démocratiques syriennes (FDS), a ajouté al-Dulaimi.

Le 13 février, les FDS ont lancé leur dernière attaque destinée à chasser l'EIIS de l'unique poche restante du protoétat qu'il avait proclamé en 2014 en Syrie et en Irak.

Alors que se poursuit la bataille pour chasser le groupe en Syrie, les forces irakiennes ont mis en place des mesures de protection de la frontière plus rigoureuses, en déployant plus de 20 000 hommes à la frontière, qui disposent d'un armement important et sont appuyés par de l'artillerie lourde.

Ces forces mènent des patrouilles, des missions de reconnaissance aérienne et des campagnes de surveillance, a indiqué al-Dulaimi.

« Ce déploiement militaire a renforcé la sécurité à la frontière et fermé tout espace d'infiltration de terroristes et de franchissement dans notre pays », a expliqué le colonel Mousa Hamad al-Sanad, commandant des forces tribales du Haut-Euphrate.

Cibler le réseau de tunnels

La destruction de ce réseau de tunnels est perçue comme l'une des opérations préemptives les plus réussies contre le groupe, a expliqué al-Sanad à Diyaruna.

« Les membres de l'EIIS utilisaient ces tunnels pour s'échapper en Irak par suite de la pression militaire exercée sur eux en Syrie », a-t-il indiqué, ajoutant que la destruction de ces tunnels avait permis de mettre fin à ces activités.

Les précédentes opérations antiterroristes avaient permis de mettre à jour près d'une centaine de tunnels qui débouchaient en territoire syrien, a ajouté al-Sanad.

« Nous soutenons l'armée et les patrouilles frontalières dans toutes leurs activités et leurs efforts visant à sécuriser la bande frontalière, ainsi que le désert de l'ouest de l'Anbar », a-t-il ajouté.

Certains des éléments de l'EIIS qui avaient fui les forces irakiennes se cachent maintenant dans le désert à l'ouest du pays, a-t-il ajouté, soulignant toutefois qu'ils sont peu nombreux.

Les forces de sécurité « protégeront férocement la victoire obtenue sur l'EIIS, poursuivront leur campagne d'éradication de ses éléments et mettront un terme à la menace qu'ils représentent », a-t-il poursuivi.

Les forces de sécurité rencontrent encore des difficultés à débarrasser les zones du désert des résidus de l'EII, a expliqué à Diyaruna Athal al-Fahdawi, membre du conseil provincial de l'Anbar.

Bien que les membres de l'EIIS ne soient désormais plus en mesure d'infiltrer la frontière comme auparavant, les résidus du groupe « se cachent dans des vallées, des grottes et des tunnels difficiles à localiser par une surveillance aérienne », a-t-il poursuivi.

« Ces abris sont visés de manière continue et avec force, mais des missions de reconnaissance aériennes supplémentaires sont encore nécessaires ainsi que des renforts de forces militaires et tribales pour totalement éradiquer la menace terroriste », a-t-il conclu.

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