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Droits de l'Homme |

Des jeunes arrêtés par Tahrir al-Sham dans l'ouest d'Alep

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Tahrir al-Sham a lancé des assignations à des habitants des régions qu'il contrôle dans le nord de la Syrie, leur ordonnant de se présenter pour répondre à des questions. [Photo fournie par Moussab Assaf]

Une vague de mécontentement balaie le nord de la Syrie après que Tahrir al-Sham a lancé une vaste campagne d'arrestations et d'expulsions dans les régions de l'ouest d'Alep qu'il a récemment prises, a indiqué un militant local.

La plupart de ceux appelés à comparaître devant l'alliance extrémiste, qui risquent l'exil, sont des jeunes qui étaient à l'avant-garde du mouvement d'opposition au régime syrien, a expliqué à Diyaruna le militant Moussab Assaf.

Tahrir al-Sham a commencé à arrêter de nombreux jeunes hommes dans l'ouest de la province d'Alep dont il s'est emparé lors des récents combats contre le Front de libération de la Syrie.

« Aux postes de contrôle des provinces rurales d'Alep, de Hama et d'Idlib, les éléments de Tahrir al-Sham inspectent scrupuleusement les papiers d'identité et arrêtent sur le champ tous les jeunes dont les noms figurent sur les listes des personnes recherchées », a précisé Assaf.

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Des éléments de Tahrir al-Sham sur un véhicule militaire dans la campagne de l'ouest de la province d'Alep, où l'alliance extrémiste a procédé à des arrestations de plusieurs jeunes. [Photo fournie par Moussab Assaf]

Par ailleurs, a-t-il ajouté, les patrouilles de Tahrir al-Sham remettent des assignations à ceux qui sont recherchés pour enquête, leur ordonnant de se présenter au groupe.

Toute personne ayant reçu cette assignation et qui manque à se présenter peut être arrêtée à tout moment par l'alliance extrémiste, a poursuivi Assaf.

Tahrir al-Sham s'attache particulièrement à remettre ces assignations dans la ville d'al-Atareb, a poursuivi Assaf, parce qu'elle abrite des centaines de jeunes qui lui sont opposés.

Beaucoup sont des jeunes qui ont été parmi les premiers à participer aux manifestations contre le régime, qui ont servi dans les unités de l'Armée syrienne libre (ASL), en tant que militants dans les médias et comme travailleurs humanitaires, et qui ont gagné la confiance des habitants de la région.

Bannissement ou séduction

Selon Assaf, certains de ceux qui ont répondu à cette convocation ont expliqué que l'enquête était liée à la période durant laquelle ils avaient travaillé avec d'autres groupes.

Tahrir al-Sham cherchait à obtenir des informations sur la structure de direction de ces groupes, a-t-il ajouté, et tenté de découvrir s'ils recevaient encore des ordres d'eux.

Ceux qui ont été assignés à se présenter à Tahrir al-Sham ont également expliqué qu'ils avaient été contraints de signer l'engagement de ne pas s'engager dans une quelconque activité politique ou militaire, a ajouté Assaf.

« Il a également été formellement interdit aux militants dans les médias et aux journalistes de s'engager dans une quelconque activité médiatique sans avoir obtenu au préalable l'autorisation de Tahrir al-Sham », a-t-il ajouté.

Assaf a précisé que Tahrir al-Sham tentait d'inciter ces jeunes à travailler pour lui en leur offrant un salaire mensuel et d'autres privilèges s'ils y consentaient, auquel cas ils devraient assister à des cours de formation à la charia.

Nombreux sont ceux à al-Atareb qui s'inquiètent de ce que l'objet de certaines de ces convocations soit en fait d'expulser ceux qui les reçoivent, comme cela a été le cas dans la ville de Darat Azza.

« Les habitants de Darat Azza convoqués par Tahrir al-Sham ont été contraints de quitter la région contrôlée par l'alliance extrémiste, suscitant une vague de colère parmi les civils qui considèrent cette mesure comme totalement inacceptable », a conclu Assaf.

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