Terrorisme

Seize morts lors d'une attaque kamikaze revendiquée par l'EIIS dans le nord de la Syrie

AFP

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Une capture d'écran extraite d'une vidéo que l'AFPTV a pu se procurer le 16 janvier montre des soldats américains rassemblés sur le lieu d'une attaque suicide dans la ville de Manbij, dans le nord de la Syrie. [AFP/ANHA]

Un attentat suicide revendiqué par « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) a tué seize personnes, dont au moins deux militaires américains, mercredi 16 janvier dans la ville de Manbij, dans le nord de la Syrie, non loin de la frontière turque.

Neuf civils et cinq membres des Forces démocratiques syriennes (FDS) comptent parmi les victimes de cette attaque contre un restaurant dans cette ville emblématique, a fait savoir l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Selon l'observatoire, au moins deux américains membres de la coalition internationale ont été tués dans cette attaque qui visait leur patrouille.

Dans un communiqué publié sur les médias sociaux, la coalition internationale a indiqué que des militaires américains faisaient partie des victimes, sans en préciser le nombre.

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Capture d'écran d'une vidéo publiée par l'agence de presse Hawar (ANHA) le 16 janvier montrant un membre non identifié des forces de sécurité sur le lieu d'une attaque suicide dans la ville syrienne de Manbij, dans le nord du pays. [AFP/ANHA]

« Des militaires américains ont été tués aujourd'hui par une explosion, alors qu'ils effectuaient une patrouille de routine en Syrie », a déclaré un porte-parole de la coalition dans un communiqué.

« Nous sommes encore en train de rassembler les informations et communiquerons les détails supplémentaires à un stade ultérieur. »

Des gravats jonchaient la rue devant ce restaurant du centre ville, a montré une vidéo d'une agence de presse kurde, la façade noircie par l'explosion.

L'observatoire a indiqué qu'il s'agissait du premier attentat suicide de ce type survenu depuis 10 mois dans la ville contre la coalition internationale qui lutte contre l'EIIS.

L'EIIS a revendiqué de cette attaque sur les réseaux sociaux.

Le nom fourni par l'EIIS suggère que le kamikaze était un ressortissant syrien.

L'EIIS ne possède plus de position fixe dans la région de Manbij, et défend actuellement sa toute dernière poche contre les FDS dans l'est de la Syrie.

Mais le groupe conserve toutefois sa capacité à mener des attaques suicides meurtrières dans de nombreuses parties du pays.

Les Kurdes rejettent le plan de « zone de sécurité »

Cet attentat à la bombe intervient alors que les Kurdes, qui contrôlent une large portion du nord de la Syrie, ont rejeté un plan turc visant à mettre en place « une zone de sécurité » sur le côté syrien de la frontière.

Mardi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré qu'Ankara mettrait en place une « zone de sécurité » dans le nord de la Syrie, suivant en cela une suggestion du président américain Donald Trump.

Cette zone tampon engloberait une large étendue de la région autonome mise en place par les Kurdes dans le nord et le nord-est de la Syrie.

Aldar Khalil, un haut responsable politique kurde, a déclaré que tout déploiement turc dans les régions tenues par les Kurdes était « inacceptable ».

Khalil a ajouté que les Kurdes accepteraient le déploiement des forces des Nations unies et une ligne de séparation entre les combattants kurdes et les troupes turques.

« Les autres options ne sont pas acceptables car elles portent atteinte à la souveraineté de la Syrie et à la souveraineté de notre région autonome », a-t-il ajouté.

Les Unités de protection du peuple kurde (YPG), qui constituent l'ossature des FDS, ont joué un rôle essentiel dans la lutte contre l'EIIS.

Elles ont subi de lourdes pertes lors d'une campagne qui touche maintenant à sa fin, avec l'EIIS confiné dans une enclave de seulement 15 kilomètres carrés qui ne cesse de se réduire.

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