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Terrorisme |

Ouvertures de charniers de l'EIIS en Irak

Khalid al-Taie

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Une équipe technique irakienne ouvre un charnier contenant les restes de dizaines de victimes de l'EIIS, dans le complexe du palais présidentiel de la ville de Tikrit, dans la province de Salaheddine, le 24 septembre. [Photo fournie par la Fondation des Martyrs irakiens]

Le gouvernement irakien a fixé un programme d'ouverture en 2019 de tous les charniers contenant les restes de victimes de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS), a indiqué un responsable irakien vendredi 4 janvier.

Ce programme concerne les charniers contenant les restes de civils ou de membres des forces de sécurité abattus par l'EIIS entre 2014 et 2017, a précisé Fadel al-Gharawi, membre de la Haute commission indépendante irakienne des droits de l'homme.

Selon ce programme, a-t-il expliqué à Diyaruna, des équipes de la Fondation des Martyrs irakiens seront chargées d'ouvrir ces charniers en respectant les normes internationales, en veillant à ne pas porter atteinte aux découvertes ni dégrader les preuves criminelles.

Ces équipes, qui comprendront également des membres et des experts d'autres départements ministériels, « exhumeront les restes des victimes », a-t-il ajouté.

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Des membres des forces de sécurité irakiennes et des experts de la police scientifique inspectent un charnier de victimes de l'EIIS dans la région d'Albou Issa, dans la province de l'Anbar, sur cette photo d'archive datée de décembre 2016. [Photo fournie par la Fondation des Martyrs irakiens] 

L'on ne connaît pas le nombre exact de victimes, a-t-il ajouté, « car il existe des charniers plus petits contenant entre dix et 30 victimes, et un vaste charnier appelé al-Khasfa au sud de Mossoul que l'on pense contenir plusieurs milliers de victimes ».

On estime qu'il existe environ 200 charniers contenant les restes de victimes de l'EIIS, situées pour l'essentiel dans le nord du pays.

Un petit nombre de charniers découverts dans la province de Salaheddine ont été ouverts, et des restes humains en ont été exhumés et identifiés, a-t-il ajouté.

« Ouvrir tous les charniers nous donnera une image complète du nombre total de personnes assassinées et d'autres informations sur les circonstances de leurs assassinats », a poursuivi al-Gharawi.

L'identité des victimes sera déterminée en comparant leur ADN à celui des membres de leurs familles encore en vie, a-t-il expliqué.

Deuil pour les familles

La Haute commission indépendante irakienne des droits de l'homme a demandé au gouvernement d'apporter un soutien technique, logistique et juridique aux équipes afin qu'elles puissent s'acquitter de leur mission le plus rapidement possible, a ajouté al-Gharawi.

Mettre un terme à cette affaire permettra de refermer un chapitre douloureux pour les familles des victimes, a-t-il ajouté, soulignant que les gens souhaitent connaître le sort de leurs enfants et récupérer leurs corps pour pouvoir organiser leurs funérailles et leur enterrement.

Cela permettra aux membres survivants des familles de faire valoir leurs droits, a-t-il ajouté.

À la fin de l'année dernière, l'équipe des Nations unies chargée d'enquêter sur les crimes de l'EIIS avait inspecté un charnier dans la ville de Sinjar, dans la province de Ninive, qui contenait les restes de civils yézidis, a poursuivi al-Gharawi.

Elle avait également inspecté les charniers de victimes du massacre de Speicher à Salaheddine, a-t-il poursuivi, ajoutant qu'elle avait l'intention de conduire d'autres visites sur le terrain pour visiter les charniers restants.

Les Nations unies apportent leur concours pour traduire les auteurs en justice, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, a-t-il conclu.

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